• 200 N'oeuf ?

    Atelier van Lieshout

    Baby, 2008

    Galerie Bob van Orsouw

    Crédit photo Anthropia

     

     

    2009 arrive et je vois du signifiant "bébé" partout.

    Laurence n'attendra plus d'enfants avec nous,

    quand Rachida met le sien au monde sans père ni repère.

     

    Ailleurs une infirmière mise en examen

    sait qu'elle a administré la mauvaise ampoule

    et le chérubin est parti au paradis des anges ;

    dans un autre hôpital un autre bébé l'a rejoint,

    mais dans les deux cas, l'organisation est fautive, l'hôpital bat sa coulpe.

     

    Dans le sud, Médée a sans doute exécuté les deux filles et le petit dernier,

    faisant le choix de Sophie, elle a sauvé le 7 ans, l'âge de raison,

    elle l'a mis à l'abri,

    elle qui pourtant l'a perdue la raison.

     

    Plus tôt dans l'année, un père n'avait pas fait de choix,

    il avait oublié un petit d'homme dans la voiture.

    Moins grave que celle qui a endormi les siens dans le congélateur éternel

    ou derrière une poubelle dans un sac.

     

    Le monde est envahi de bébés marqués du sceau de la mort,

    avenir de crise, no future,

    où sont donc les adultes ?

    Oui vous savez, ceux qui réfléchissent,

    structurent les services de pédiatrie,

    vérifient et revérifient les livraisons,

    pour un bébé, on n'est jamais trop prudent.

     

    Où sont donc les adultes, qui n'oublient pas la sécurité de leur bébé,

    qui le coeur en vrille de bonheur et d'inquiétude,

    veillent des nuits durant,

    donneraient leur vie pour qu'au fruit de leurs entrailles,

    jamais non jamais, n'arrive le moindre mal.

     

    Pour qu'elle ne couve plus sa progéniture

    une civilisation doit être en panique, 

    pour que sa survie ou son désespoir

    valent davantage que la chair de sa chair, 

    une civilisation doit vraiment être malade.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Dimanche 4 Janvier 2009 à 18:28
    à propos des bébés et autres enfants...
    Joli texte, touchant, juste, subtil. Cependant, je ne pense pas que notre société soit devenue négligente avec ses petits. Bien au contraire, il me semble que l'enfant reste souvent "roi" et sans doute est-ce très bien ainsi. Mais les médias savent véhiculer les informations qui perturbent, dérangent, fascinent ; ils savent les mettre en exergue... En revanche, je pense que l'hôpital est en effet malade, dans un état inquiétant, et que cet état risque de s'aggraver plus encore dans les mois qui viennent... L'exception médicale française et la qualité des soins prodigués sur l'ensemble de notre territoire seront peut-être bientôt de lointains souvenirs.
    2
    Juléjim
    Lundi 5 Janvier 2009 à 09:16
    De l'enfant-roi...
    ... à l'enfant-tyran. C'est le titre d'un ouvrage de Didier Pleux, pédiâtre clinicien. Je ne partage pas son avis sur tout, notamment le bilan qu'il tire de l'oeuvre de F. Dolto, très injuste et partial à mon sens mais sur l'enfant-roi, il me semble qu'il voit juste. Autrement dit, Franck, non, on ne peut pas dire "que l'enfant reste souvent "roi" et que c'est très bien ainsi". Car, notamment à l'adolescence et souvent même bien avant, c'est une cata dans les familles quand les parents "ne savent plus comment faire avec ce gosse ! ". Aimer ses enfants, ce n'est pas les "pourrir", sinon le boomerang revient à toute allure ! A propos du livre de Pleux : http://www.scienceshumaines.com/les-avatars-de-l-enfant-roi-entretien-avec-didier-pleux_fr_13634.html
    3
    Anthropia Profil de Anthropia
    Lundi 5 Janvier 2009 à 15:02
    Enfant-roi
    Est-ce si difficile de comprendre qu'avant d'être enfant, un bébé est un être qui sans nous ne serait rien, donc ne confondons pas enfant-roi qui est le syndrôme de parents abandonniques, qui donnent des biens au lieu d'accompagner et d'éduquer, et le bébé qui dépend absolument de nous.
    4
    PMB
    Jeudi 8 Janvier 2009 à 23:12
    parents parents
    "Où sont donc les adultes, qui n'oublient pas la sécurité de leur bébé, qui le coeur en vrille de bonheur et d'inquiétude, veillent des nuits durant..." Par exemple, chez moi, madame, où mon fils et sa compagne se sont relayés pendant trois semaines à l'hôpital, au chevet de leur aîné. Jour et nuit. Faut croire qu'ils n'ont pas été si mal élevés que ça.
    5
    Vendredi 9 Janvier 2009 à 10:01
    Arrêtez
    de vous auto-flageller, JPMBD, vous avez assez bon parent, just good enough, comme disait Winnicott, comme nous tous, et on ne peut pas faire mieux, juste s'interroger parfois quand on "déconne" trop. Et c'est juste cela que je disais, quand j'ai repris un de vos posts, sans plus.
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