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    Événement inédit, les Toboggans Poétiques

    rencontrent les marionnettes surchauffées de La Nef. Une aventure jubilatoire, une attraction lyrique pour déniaiser les états de la langue…

    Dimanche 31 mai à 17h
    à la NEF – Manufacture d’utopies
    20, rue Rouget de Lisle
    93500 Pantin
    Métro : Eglise de Pantin (ligne 5)
    Réservation : 01 41 50 07 20

    En présence de la Voisine, marionnette diseuse de poésie dans l’espace publique, qui vous glissera ses poèmes à l’oreille en attendant le spectacle.

    Avec : Hervé Dauphin / Cécile Duval / Christine Schaller / Bruno Jouhet / Simona Polvani / Patrice Cazelles / Marie Lopes / Christine Simon / Bibata Roamba / Sarah Helly

    Mise en marionnettes : Jean-Louis Heckel

    Événement soutenu par la Communauté d’agglomération Est Ensemble


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    Viens de me rendre compte que n’ai rien publié ici depuis le 28 avril.

    Une absence, dont je connais la cause, et qui m’a fait oublier de fréquenter ce blog,

    Et pour une petite semaine étonnante de ma vie de ne carrément pas pouvoir y accéder.

    une si longue semaine


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  • crédit photo christine simon

     

    « Décontenancée », « déréliction », « syndrôme », « malaise », de ces mots laids, quelques-uns comme ça, voire celui qu’on aime bien quand-même « contextualisé », pour discuter, même si, se demander aussi si on veut que se dresse la liste des « à supprimer » dans ses lignes, et s’y refuser, n’a pas de sens, question de confiance, mais il y en a qu’on méprise, qui ont le hiatus de trop, et c’est là que le bât blesse, quand un adjectif aimé s’épithète au nom commun qu’on méprise, une « trahison sibylline », voilà de quoi se calfeutrer derrière la persienne et attendre.


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  • Crédit photo anthropia # blog

     

     

     

    Arrivée dans ce paradis du schiste, le brillant sur chaque parcelle de l'écran, du retour des feuilles des chênes verts aux remblais des routes, et ce matin ton paysage, la contemplation à ta fenêtre, les à-pics plus forts que soi, la transcendance ; s'il en est Un, il est là.

    Et ces humains qui vivent à l'année dans la rude vie des maisons d'antan, avec internet et salle de bain cependant, ça fait la différence, parce que le monde s'ouvre doublement, dans la perspective physique comme dans celle virtuelle, le monde est un hameau.

    Ravitaillés par les corneilles. Elle dit vrai, composer avec le lacet, le lacet qui rend tout tellement loin, les vallées qu'il faut enfiler les unes derrière les autres et sans doute par temps dur l'hiver. T'enfonçant dans ces sinuosités, cette impression d'une nuit sans fin, superposition de la nuit et du jour, c'était d'abord une nuit où tu aimais te perdre, comme tu aimes te perdre ces derniers temps, cette jachère en toi que tu acceptes enfin, mais n'en sais pas le bord, où le ne pas aller trop loin, et l'obstination de soi, en toi depuis. Puis t'as eu peur, hein, avoue, tu t'es perdue, tu as eu peur, tu as tenté des raccourcis échoués, tu as eu peur, peur d'un virage en épingle mal négocié, peur d'un écart pour éviter un sanglier, peur de verser dans ces failles de la montagne, peur de ne pas savoir sortir d'une carcasse. Connu ce sentiment sur un voilier, aux îles Scilly, quand les vagues de cinq mètres donnaient cette sensation que le bateau sombrait pour ne plus remonter.

    Ici, quand on oublie quelque chose, faut oublier. Radicalité d'un choix, qui va avec création, méditation et slow life. La vie dans ce rythme lent qui t'attrape sitôt arrivée, et le miracle, c'est qu'il y a place pour une civilisation ici, les amis autour, le travail, un lieu de trois maisons, pris en passant pour un hameau abandonné, mais c'est un centre, mais là une activité à temps plein, occuper le pays, le construire, lui donner ses facilities, et fondations passent par là et ventes artisanales et cybercafé et plus tard centre de formation.

    Et la suite du chemin. Ce bar, en bord de village, où tu es entrée boire un café, le couple, la femme qui te souligne toi seule si tard sur la route, et toi peur encore, peur de sa peur à elle, puis cet homme à la tête aveyronnaise, qui ne parle pas qui écoute, te laisse raconter un peu, comprendre ce qui te met là, puis annoncer l'arbre et puis l'arbre qui vont jalonner ton chemin, comme ça tout à trac, un GPS vivant, un qui parlerait homme. Et tu remontes plus courageuse, la voie lactée là-haut.

    Ce soir, tous ces gens, les néo, venus là dans les soixante-dix, ce soir, dans cette maison-hameau, labyrinthe à six portes d'entrée, douze escaliers ou petites marches, toilettes sèches, sept poubelles (et liste des surnuméraires), le petit bureau avec la baratte à usage lutrin, le grand bureau et la bibliothèque qui en fait le tour, l'écrire-produire en tous genres, palais borgésien, si on est là, c'est qu'on a tous choisi d'y vivre.

    Et les guitares ne manquent pas. Celle qu'il te passe une folk, Alhambra, ça existe ça en folk ?, et là sonne comme une Gibson, souvenir de ta vieille cassée par le chat des voisins, son velouté, ce toucher doux et profond et sonore si sonore, une chapelle romane à se perdre, les Espagnosl ont profité d'une série pour Gibson, ont copié et la copie aussi belle que l'original. Ta Gibson, achetée à Londres avant de repartir, passé tout ton salaire de job d'été pour petits friqués en goguette, logeant chez, dans le Kent, souvenir d'un loup noir et d'une veste d'astrakan.

    Dans le jardin, les récits s'enchâssent. Les trois chorales, une pour chansons révolutionnaires, une chorale d'hiver, une autre encore, un théâtre, quelques vers d'un poète. Et puis cette histoire que le vrai souci des abeilles, ce n'est pas principalement le pesticide, mais le varroa, ce pou des ruches qui tue les ouvrières et que les reines d'ici ne savent pas trucider, contrairement à celles d'Asie, -Asie, d'où le nuisible est venu dans les années quatre-vingt, suite à une mission d'apiculteurs cévenols dans les pays là-bas, se vantant de leur savoir-faire, qui en ont rapporté le fléau-, qui détruit plus fort que le toxique américain. Ce que ne disent pas les apiculteurs, car ils devraient alors dire que leur indélicatesse est qu'ils traitent eux-mêmes leurs essaims aux produits tueurs. Et le bon miel alors n'est que. La femme aux ruches dit qu'elle traite au produit doux.

    Et puis cette affaire plus étrange de la fécondation des figues, le Blastophaga, la femelle qui niche dans la figue, et que le mâle vient forcer au travers du fruit, la et la fécondant dans le même mouvement. Et le goût de pineau des. Et l'hôtesse qui en vient. Et le secret de son jus de pomme, cinq pour cent de jus de coing. Et cette courgette jaune parfumée au citron confit, quelque chose du yuzu. Et les histoires de filtre, comment la terre, comment les conteneurs mystérieux à tamis, comment l'eau fait le tour de la matière, de la source au robinet, et retour à l'arrosage. Ces petites sciences au labeur, penser local, local, local, mais réfléchir global, global, global.

    Le vert, la montagne, foundamente, les sombres histoires de villages, et puis les configurations du ciel, une étoile filante, on se sent l'âme mystique dans ces Marches de la Lozère. Et pourtant ce n'est qu'un pays d'hommes et de femmes.



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    Lever de soleil sur l'autoroute

    Crédit photo # anthropia

     

     

    Aucune autre solution n’est possible pour ce fichu chapitre à venir que

    le fixer dans son heure la plus logique, l’heure du thé,

    Un simple rendez-vous qui comprendrait toutes les scènes,

    Et leurs yeux se rencontrèrent, j’ai déjà écrit sur ce thème,

    ça se passerait probablement dans un café,

    Dans l’éternité de la seconde du premier regard, tout décrire, l’instant de la rencontre, et les autres histoires, pas seulement les baisades,

    ce qui feed la vie, la vie réfléchie, imagine-r,, sans la stérile inquiétude des agitateurs intérieurs, sans introduire entre les personnages le sinistre comparatisme, entre, que sais-je moi, les Guillaume, les Simon, les Dupuis, les Larue, qui n’est pas de mise, ce sera difficile, ni les singes, ni les loups n’y résisteront, parce que ce sera fait avec respect, humour et joie.

     


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