• Mircéa Cantor

    More cheeks than slaps (vidéo)

    Credac, Ivry-sur-Seine

    Tracking happiness, 2009

    Crédit Photo Anthropia

     

     

    Un petit garçon de sept ou huit ans, déguisé en adulte, vêtu d'un costume beige clair, arborant une chevelure marron coupée court devant, de type espagnol, me regarde d'un œil noir, du fond de sa fierté intérieure. Un très pâle sourire répond à mon regard louangeur devant ce petit Homme à moto, car il est monté sur une petite moto et fait le tour du parking de bitume entièrement vide de voiture en ce dimanche de fin d'après-midi.

    Son père vient d'essayer la moto et la lui a prêtée. Le petit semble déjà trop grand pour la moto, comme s'il l'avait reçue tardivement d'un père souvent absent, qui s'acquitte en retard des cadeaux d'anniversaire, achetés de longue date mais non remis dans les temps, un père divorcé, un père espagnol reparti au pays chez sa deuxième femme et qui remonte occasionnellement faire son devoir paternel. 
     
    Il le regarde faire des tours de parking, le petit est tout fier, un peu soupirant tout de même car il le sait lui que la moto, il eût du l'enfourcher plus tôt, en son temps, car la moto pour petit n'attend pas, elle a la taille requise du petit âge et non du plus grand du peut-être pré-adolescent de 12 ans qu'il est et qui ferait plus petit que son âge, car il est petit et déjà un peu râblé ce petit espagnol.

    Ils sont sur le parking bitumé le long de l'autoroute, odeurs de gaz d'échappement garanties, ce ne sont pas les siennes mais ceux des centaines de voitures qui passent à dix mètre de là sur l'autoroute de l'Est, à toute allure, juste après le radar de Saint-Maurice, ou peut-être de Charenton, quand elles reprennent de la vitesse toutes étonnées de n'avoir pas été flashées, les automobilistes ayant repéré juste à temps la boîte de métal gris sur le bas-côté de la route, entre les deux glissières de sécurité. 

    Elles filent les automobiles et ne font pas attention au petit et à son père, venus tuer une fin de dimanche endimanché, dimanche à l'église le matin, au repas avec les beaux-parents, trop lourd, tellement habituel, ou au contraire un de ces festins d'exception qui renoue les fils avec le gendre rentré d'Espagne, et le petit qui piaffe qui veut essayer la moto, qui veut écourter le dessert, qui ne se soucie pas du fromage, qui veut y aller descendre du dixième étage de la tour avec la moto dans l'ascenseur, avec son père ravi de l'occasion de fausser compagnie au regard énervé de sa femme épuisée d'avoir tout préparé, ou du beau-père qui voudrait trouver l'occasion enfin de régler ses comptes avec le beau-fils et lui dire ce qu'il en pense de sa double vie, de sa conduite avec sa fille catholique et qu'ils sont tous d'une famille catholique où ces choses là ne se font pas, mais faut-il tout casser, provoquer l'irréparable et ce père qui en même temps a apporté la moto au petit, et le petit si content d'aller l'essayer, on en parlera après des choses qui fâchent, quand ils rentreront, quand le petit sera allé se coucher, attendons, oui, gardons un peu de la quiétude du dimanche en famille.

    Les gaz d'échappement me montent au nez sur ce parking et j'aperçois la petite péniche-café, avec ces huit tables rondes de bistrot dépareillées et les chaises métalliques qui se trompent de table, récupération d'une vente, combine de copains, il a acheté la péniche, il a tout fait lui-même, mais la péniche est au bout du parking, pas très loin de l'autoroute et on l'entend, on entend les voitures et on la sent on sent les voitures et leurs gaz arrogants et la petite péniche ne sert plus au délassement, désertée, le propriétaire n'y croit plus, et le dimanche à quelques mètres du quai d'embarquement de la navette Alfortville/Pont Henry IV, la péniche ne régale personne.
     
    Ceci n'est pas une promenade. Je suis partie une heure plus tôt de la rue Spinoza, bien décidée à découvrir mon terrain de vie nouveau, mon environnement. J'ai remonté la rue Descartes, tourné à gauche suis allée jusqu'à la petite place, je ne connais pas encore son nom et rejoins la rue Galilée, celle qui je crois passe devant l'Université Pierre et Marie Curie, je rejoins le pont le traverse. Son nom je l'ignore. Je suis en face d'Alfortville, à droite, la piste cyclable passe sous le pont et part le long de ce que je crois être la Marne, en face de moi sur l'autre rive ou peut-être est-ce une presqu'île, se dresse Chinagora, enclave chinoise en terre étrangère, un complexe, une galerie marchande où marchands chinois viennent exposer leurs modernités kitches, restaurants un seul ou plusieurs je ne sais, hôtel, sans doute près de 1000 chambres, où chinois se pressent, vivent, dorment et consomment chinois avant de repartir sur Paris.

    Je traverse le pont et décide de longer la rivière vers la droite, descend par une petite ruelle qui vient longer le quai et je décide de marcher sur le ponton de bois vers l'Est, Melun, malheureusement il s'est effondré à peine dix mètres plus loin. Je rebrousse chemin, remonte sur le quai et vais dans le sens inverse, vers l'Ouest, passe sous le pont longeant Chinagora, le contourne, puis sous la beine à poubelles, la hotte d'aspiration et sa bouche d'évacuation dont les odeurs pestilentielles venant des cuisines me donnent envie de vomir, je passe aussi sous les balcons de l'Hôtel, où des hommes d'affaires chinois conversent et je ne comprends rien, je me rends soudain compte que le quai de Chinagora fait un méandre, que Chinagora est plantée sur une sorte de presqu'île et que de l'autre côté se trouve une autre rivière la Seine, que Chinagora est située sur une zone de confluence entre Seine et Marne et qu'il faut à nouveau traverser un pont qui enjambe la Seine pour retrouver la terre ferme, par un autre quai qui remonte aussi à gauche.
     
    En bas du quai de Chinagora, un couple s'embrasse sur des escaliers qui descendent vers un ponton à bateaux. Je ne l'emprunte pas.
     
    Je longe le quai et traverse une passerelle pour piétons, croise deux jeunes chargés de sacs ForestHill sortant d'un court de tennis, situé au-delà du point, après une sorte de maison en bois. Je longe vers la gauche la cabane en bois, arrive vers une petite hutte en forme de cabine de déshabillage au toit pointu, rayée bleu et blanc comme on en trouve sur les plages normandes, la navette part à 14h30 de Charenton et arrive à 15h25 au Pont Henry IV à Paris. Je vais l'emprunter un de ces jours.

    Je poursuis la route et c'est là que je trouve la péniche-café, le petit garçon en costume clair sur sa moto. Je traverse le parking et rejoins une passerelle métallique bleue, qui rejoint un pont-acqueduc, je n'en suis pas sûre. Sous la passerelle sur le quai des jeunes réparent un scooter, l'ont-ils volé ? Scooter bien rouge, très tentant.

    Au-dessus de l'escalier à rampes métalliques, j'arrive sur le bas de l'aqueduc, destiné aux piétons et aux tagueurs, des milliers de tags sur les murs, des graffitis, des graphes, des dessins, une baleine bleue, Kaml, Detale, Bian-K,  Au bout du pont, j'arrive sur les quais de la Marne, enfin je crois que c'est la Marne, mais à cet endroit c'est peut-être aussi la Seine, zone de mélange des eaux. Je vois une péniche, façon African Queen, je m'attends à voir Audrey et Humphrey sortir rouges d'alcool ou d'amour, juste au moment où le rafiot débouche sur le Nil je crois ou sur le canal de Suez, je ne sais plus. Il a tout de la Reine,  retapé, un arche de Noé, sans les animaux. Des matériaux de récupération, des paniers tressés, des tubes, des poulies. A regret je repars, je n'aurai vu personne.

    Je longe les quais et trouve un dock de déchargement de parpaings de béton. C'est dimanche. Les gars ne font pas la queue pour décharger les barges venues d'ailleurs, charriant sable et matériaux, comme le font ceux de la route, plus haut, en face de chez Barkor, qui chaque jour viennent, au cas où il y aurait à charger les camions jusqu'à la gueule.

    Je remonte vers l'intérieur des terres. La rue Galilée, les stocks du BHV puis vers la petite place en étoile dont j'ai oublié le nom et le square avec son étrange statue noire. Puis je rentre chez moi, encore chavirée de cette traversée en apnée.


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    François Curlet

    Galerie Air de Paris

    Art Basel

    Crédit Photo Anthropia

     

     

     

    De temps en temps,

    ça défoule,

    dans le marasme ambiant,

    des fausses indignations de Guaino

    contre Macé-Scaron,

    aux mots de canivaux

    sur les civilisations de Guéant,

    ça fait du bien

    d'entendre Bénabar 

    dire "Je t'emmerde".(ici)


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  • Robert Gober

    Crédit Photo Anthropia

     

    L'humour sera-t-il la solution de nos peuples dans la situation actuelle ?

    Je me suis toujours méfié de l’humour, non que je n’aime rire, non que je n’aime ce subtil décalage entre la réalité et les paroles ; ce dont je me méfie dans l’humour, c’est de ce qu’il charrie comme résignation, la pire, la reddition à la malédiction, l'agenouillement du masochisme, l’humour est l’arme du pauvre, quand il ne sait quoi faire d’autre.

    L’humour sera-t-il notre pis-aller face à aux mesures « anti-déficit », à la « règle d’or » chargée d’enchaîner nos politiques sociales, à la menue monnaie des riches ?

    Pas plus que l’indignation, l’humour n’est une stratégie. Tout juste une tactique, pour supporter.

    L’humour est la posture de l’autruche, enfonçons nos gueules dans le mur du rire, nous, collectif des gondolés, vautrons-nous dans l’impuissance avec la délectation d’en rire jaune.

    Je mettrai ma révolte dans mon vote, je la mettrai aussi dans la rue s’il le faut, dans la rage toujours de ne pas accepter. Têtue, je ne me rendrai pas. Jamais.


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  • Jim Morrisson

    Crédit Photo Anthropia

    Le Père Lachaise

     

     

    Ecoutez Jim Morrisson et les Doors (ici)

     

     

     



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  • Tombe d'Oscar Wilde

    Cimetière du Père Lachaise

    Crédit photo Anthropia

     

    Regardant la note d'honoraire de son médecin,

    alors qu'il se préparait à mourir, Oscar Wilde ne pût s'empêcher :

    "Je crois que je vais devoir mourir au-dessus de mes moyens".

     

     


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