• ce sens de l'organisation des Américains

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    A une certaine époque on disait "faire l’Amérique", comme d’autres en leur temps disaient "faire l’Indochine" et je n’ai jamais aimé le terme, parce qu’il épingle sur une carte un territoire en chasse, qu’il y aurait une manière et une seule de la chevaucher ou de l’entreprendre et que ce que j’aime dans ce pays c’est son irréductible variété, toutes ces petites aspérités qui chacune ouvre des accès nouveaux comme d’un hologramme la démultiplication infinie, donc parcourir l’Amérique dans tous les sens, s’en abreuver, s’en emparer en folie parfois si l'heure appelle et même en perdre la tête dans cette quête, se la faire non.

     

    Et cette dernière photo, ce ne serait qu’antépénultième d’ailleurs, il faudrait la choisir pour qu’elle annonce les prochaines à venir, un parcours septentrional, je voudrais qu’elle magnifie comme d’une caresse les arbres, les rivières, les nuages, l’esprit d’ici, juste avant la race qui part tout à l’heure de l’Université à quelques centaines de mètres -c'est une course à pied-, qu’on fait pour soutenir la cause de ceux qui ont faim, les T-shirt sont prêts, tailles, muscles bandés, il en ira d’un five miles today on choisit sa longueur de parcours, on quitte quand on veut le jeu mais c’est pour finir plus tôt car nous attend le Thanksgiving le climax du séjour, un désir de longtemps enfin satisfait, en famille ce n’est plus curiosité c’est échange et partage.

     

     

     



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    Tout est parti de la confluence de la Sacramento River et du San Joaquin, un torrent adouci ; celui-ci descendant des montagnes vient s’engouffrer dans les flots de l’autre avec élan, tous deux se retrouvant dans le delta mélangés avec le reste, on est dans la baie nord-sud bien délimitée par Berkeley au nord, San José à l’est, San Francisco au sud et en face Sauselito.

    Et là tout soudain un projet du Sonoma Land Trust propose d’élargir le delta en rendant de la terre aux bras de celui-ci, il s’agit de redonner de la diversité, chassé-croisé de poissons et d’oiseaux, en croisant les eaux, rapprocher un peu la North Bay et la South Bay, de les faire se féconder mieux, de plus près, par des conversations dans les marais cachés, oh juste une langue de terre, mais plutôt que ces terrains salés impropres à l’agriculture, ouvrir la digue à deux endroits et autoriser la mer à venir lécher le gazon asséché, une belle inondation.

     


    On aurait pu craindre que la levee affaiblie ne prête le flanc au tsunami, non, on reconstruirait la digue derrière, loin de l’autoroute qui la longeait, et le tour serait joué.

    Façon aussi d’accueillir cette inévitable montée du niveau de la mer. Ici on n’en avait pas peur, on saurait faire avec, même si plus bas déjà en Californie du Sud des maisons s’effondraient.

    Mais comme en parallèle, rien à voir, plus ancien, le projet dit du Water Tunnel, projeté par les anges, une jonction entre le delta et la Central Valley, au début on n’y voit qu’un hasard, remplacer l’aqueduc qui descend du nord de la Californie vers la ville âpre à l’eau qu’est Los Angelès, un dessein initié par son maire le préférant à l’idée de canal, qui consiste à pomper l’eau en haut pour l’acheminer vers la sèche cité par un tunnel enfoncé très profond dans la terre. On apprend qu’à cette mesure déjà financée sur le papier par des fonds privés, l’Etat a tenté d’assortir dix-neuf suggestions de protection de l’environnement, l’impact n’étant pas nul. Mais pour cette partie-là, on verra à faire voter le peuple et que dira le peuple quand il verra que les sales conséquences, c’est à lui de les financer. Non, ce n’est pas facile ces affaires pour le public qui n’y entrave que couic, lui ce qu’il veut c’est que ça se fasse sans tromperie et sans effet majeur pour les promesses de biotope.

    Et on se dit que dans la belle utopie du premier projet viennent puiser les intentions malines du second, mais c'est une supposition..

     


    Car la navigatrice qui répond aux questions dans le long bouchon qui passe par Villejo, -on prononce [vileho] en trace de l’espagnol dans l’anglais- reste sereine, on verra bien à aviser, pour le bien commun on y parviendrait, n’avait-on pas réussi à enterrer le projet de casino.

     


     

     

     


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    Bien sûr on pourrait montrer ici la Coit Tower, mais tant de monde l’a fait, ou bien ce Bridge qu’on a tellement vu dans un sens et dans l’autre, à un bout ou en descente rapide vers le petit port, souvenir des temps hippie déjà contemplé il y a longtemps, ou encore, tiens, parler du nouveau pont de la baie, le brand new, et bien non, ce sera la Transamerica Pyramid, parce qu’elle a tous les mérites, percer très haut jusqu’au ciel, la plus haute de San Francisco, apporter un peu de géométrie dans cette ville au fort passé, même si on l’aime sous tous les angles, la TP, l’ai obtenue d’une imprenable vue à midi, en garderai le secret bien au chaud, c’est private, suis allée fumer sur le muret juste en-dessous ma quatrième cigarette depuis le début de ce voyage, qui au moins pour les cigarettes m’aura permis un sevrage presque radical, parce que pour le reste, ce voyage m’a semblé se passer dans les pas du précédent, comme en contrepoint, on se serait bien gardé de prendre les mêmes photos, grand beau temps des deux côtés de la baie.

    Et puis au hasard d’une expo ce matin, découverte d’un photographe, Edward Burtynsky, canadien, sa série « Water », magistrale,  avec ce jeu sur l’ambiguïté de la carte ou du territoire dans ces paysages d’eau, un travail de précision présenté par la Rena Bransten Gallery dans Geary Street, ici un détail,

     


     

     

    après avoir vu les belles photos de Diane Arbus à la Fraenkel Gallery.

     

     

     


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  • ici une petite maison sans prétention

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    Ce matin, deux heures de marche, en route pour le tour des propriétés, rien à voir avec les « petites boîtes toutes pareilles » de Margaret Mead, ici on y va de son individualisme, une fois son lot acquis sur la grande mosaïque résidentielle, un peu tous pareils mais chacun son plan, sa vision, sa mégalomanie de propriétaire, et ce qui désole, c’est que Frank Lloyd Wright n’y est pas, vraiment pas, le bienvenu, ici le moderne se borne à un toit plat bordé de corniches, façon stuc années trente, sauf qu'en extérieur c’est incongru,  ce qui domine dans ces rues à angle droit composées sur le mode grille M Street 47th par exemple, c’est le goût cottage, le toit pentu en gentilhommière, mon hacienda au Canada, ma demeure coloniale ou faux palais du gouverneur, tu fais ce que tu veux, mais tu ne dépasses pas la limite de construction à 6 feet de la propriété voisine, et par six pieds I mean it, tu peux compter chaussures collées bouts à bouts, pas plus de liberté sur la hauteur de la palissade et surtout l’alignement des maisons sur la rue, vue celle en construction d’un quidam qui jouait le m’as-tu-vu et qui est là avec son chantier, ossature bois, qui attend de savoir ce qu’il va faire de sa façade faisant de l’ombre à celle du voisin.

    Autant dire que je ne goûte pas ces shingles ajourés, ces briques peintes, ces galets de rivière montés en mur bien improbable, ces tourelles à colombages rose et pistache, ces front yard à statues médiévales qu’on discute entre faits à sec avec patios, plantes grasses et roches pour ne pas surconsommer l’eau ou entretenus à coups d’arrosage durant les jours légaux, et ces back yard qu’on devine cossus mais tellement envahis de cabanons, chambres d’amis ou autre annexe que l’espace vert en disparait, suis passée devant chez l’ex-gouverneur Reagan, et quelques autres célébrités connues d’eux seuls ici, juste appris cette chose incroyable, Sacramento est la deuxième ville du monde derrière Paris pour sa densité d’arbres au mètre carré.

     

     


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  • faut pas rêver

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    J’avais donc perdu ma valise, nous dirons qu’elle menait son propre transit, sa géographie du pire dans la carte des Flights -mais pourquoi fuyait-elle-, livrée au plus offrant tentateur qui remettait mon précieux tout à la ligne qui irait directement, mais chaque fois ça capitulait, était-ce proposé à l’aléa des opportunités numériques, au plus proche horaire ou à la pensée court terme d’un obscur travailleur du passage, toujours est-il, ô l’odieux insert, que ma valise vit la nuit de la soute à Dallas, c’était le 22 novembre mort de quelque chose en anniversaire un rituel, y voir un signe, j’aurais bien décidé que non, mais en fait ce fut la reddition de ma psyché sur l’autel de la famille, deux jours à baigner nous oserons le bain de la langue, mais aussi dans le trouble d’une chatte qui ne retrouve pas ses petits, porte les fringues d’une autre, comme étrange étrangère du pays entre jet lag et j’hélasse, pas une âme en peine mais l’âme endormie, se rappelant cette veste plissée noire d’un Hisse et Oh compagnon ne la reverrais plus , alors qu’on me dise chaque matin par où la sotte suitcase poursuivait son périple, se réveillant à San Francisco pour là curieux pyjamas repartir à Los Angeles qui proposait un chausse-pied pour Sacramento, qui rata le 5h06 d’une chaussette, mais on l’espérait pour le 1h21 post-moderne futal, et évidemment ne fut pas prête pour la tenue de soirée exigée en plein jour et je dus découvrir les boutiques locales au risque de m’endimancher et d’enfiler une de ces horreurs de soutien-gorge qui est à la pudeur ce que la bâche est à la feuille de vigne, j’ai échappé au pire et le soir la valise.

     

     

     

     



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