• Bert Löschner

    2011

    Projet Investissez l'espace public

    Courtesy La Vitrine

    AFA Nürnberg

     

     

    Dans le langage non verbal des people,

    c'est à dire le langage du corps,

    les mimiques, les positions des bras, des mains,

    les yeux, le jeu des corps entre deux personnes,

    nous sommes tous devenus des experts.

    Un, deux, trois baisers, aucun de ceux entre Albert et Charlène n'est crédible.

    Il y a toujours quelque chose : les lèvres soudées de Madame dans le premier,

    l'imperceptible mais tout de même perçu soupir post-baiser du deuxième,

    l'imperceptible mais tout de même perçu petit regard de désespoir au ciel,

    et puis les larmes de la mariée, n'est-ce pas d'habitude la mère qui pleure.

    Et sur le dernier baiser, celui d'Afrique du Sud, celui de l'insistance,

    cette fois, c'est la rapidité de l'application médiatique de lèvres sur lèvres,

    qui fournit le déni dans le même mouvement qu'il affirme, une mili-seconde,

    le baiser le plus court du monde, qui se veut une preuve à l'appui sans l'appui,

    mais qui confirme ce que la rumeur nous avait sussuré,

    que oui, pas de doute, y a de l'eau dans l'gaz monégasque.

    Les médias auront bon nous raconter tout ce qu'ils veulent,

    nous on regarde, nous avons cette expertise, don't lie to me,

    et aussi quelque part un maître-étalon, un élément de comparaison,

    le baiser de l'autre couple princier, marié dans l'année,

    qui n'était ni tape-à-l'oeil, ni pudibond, un juste baiser de pacotille.

     


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  • Florence Reymond

    2010

    Crédit Photo Anthropia

     

    «La peinture est le lieu de reconstitution», dit Florence Reymond. Sans doute faut-il l'entendre plutôt comme celui de la «reconstruction». Tel qu'on dit d'un individu qu'il se reconstruit. De fait, chez elle, tout est question d'une mémoire enfouie et d'une enfance oblitérée qu'un beau jour, les hasards de la vie vont lui permettre de ramener à la surface. Si elle ne se reconnaît pas vraiment dans toutes les diapositives de famille sur lesquelles elle a mis la main, elle décide toutefois de s'en servir comme motifs de sa peinture."
    © Texte de Philippe Piguet, Art absolument hors série, La figuration narrative, avril 2008.

     

    Avertissement au lecteur : ceci est un texte indépendant du blog Anthropia # blog. Le titre du texte de Philippe Piguet associe "figuration narrative" et Florence Reymond, ne pas en comprendre que Florence Reymond appartiendrait à ce mouvement. Si j'ai tenu à publier ce texte, c'est qu'il présente bien l'oeuvre de Florence Reymond à cette période de son travail, qui a changé depuis. Je vous invite à retourner à son site pour comprendre son itinéraire pictural.

     

     



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  • Sans titre

    Cindy Shermann

    Musée du Jeu de Paume

     

     

    Impossible de ne pas penser à Cindy Shermann,

    en visitant la Galerie Dupin,

    où s'exposent les photos du modèle Stéphane Foenkinos,

    par Stéphanie Murat,

    sous la direction artistique de Raphaëlle Valbrune.

    L'homme est plastique ;

    avec quelques changements mineurs,

    on reconnaît cinquante-cinq écrivaines,

    d'Emily Dickinson à Carson McCullers,

    de Marie Darrieusecq à Doris Lessing.

    Tout a commencé, apprend-on,

    par un pull à col roulé blanc,

    une paire de lunettes plus tard,

    Marguerite Duras était ressuscitée.

    C'est comme ça que le concept est né :

    un homme se prend pour ces femmes,

    crédible en photo de couverture

    de La vie sexuelle de Catherine M.,

    comme en rose bright Barbara Cartland.

    Une de mes favorites est Virginie Despentes.

    Quelque chose d'un fantasme de petit garçon se rêvant Thirésias :

    comment ça fait d'être une femme ?

    ça nous fait quelque chose à nous.

     

    Et par-dessus tout parce que chaque photo est accompagnée

    d'une phrase de l'écrivaine, une de celle qui la définit,

    une phrase souvent féministe, une phrase qui rend hommage.

    "Comme c'était dimanche, la petite Fadette ne cousait ni ne filait

    en gardant ses ouailles" glisse l'air de ne pas y toucher,

    Georges Sand dans "son portrait au camélia" revisité.

    Ou Dorothy Parker, qui nous confie cynique :

    "j'ai été pauvre, j'ai été riche. Mais croyez-moi, riche, c'est mieux".

    Ou Edith Wharton, "Tout ce qu'ils vous demandent, c'est de prétendre".

    A visiter à la Galerie Dupin, au 5 de la rue Dupin à Paris.

     

     


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  • Bleuets et coquelicots, juste bleuets et coquelicots

    Crédit Photo Anthropia

     

     

    Juste aujourd'hui,

    l'envie d'une parfaite superposition,

    d'une photo, de son sens immédiat,

    et des mots.

    Bleuets et coquelicots,

    une photo de bleuets et coquelicots sans plus.

    Mais aussitôt, arrivent les fleurs de Monet

    puis celles de Van Gogh,

    les grilles font surgir le rapport étrange

    entre fleurs sauvages urbaines

    et l'instinct de propriété, l'espace barré,

    puis on apprend que la photo est prise au 6B,

    à Saint-Denis, alors on se dit

    que c'est une zone d'autonomie temporaire,

    qu'il faut en parler, faire venir du monde au Far,

    6B, quai de Seine.

    Pourquoi les mots et les images ne peuvent-ils pas

    tout bonnement ne dire que ça,

    une image de début d'été, plus gaie que ce pouilleux mardi.

     

    ---

    Et accessoirement, le 1400ème post de ce blog.

    Plus du million de visiteurs chaque année,

    Plus de 77 000 ce mois.

    Un journal de bord, un cahier d'assiduité,

    un tête à tête partagé.

     


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  • Fossiles dans les pierres calcaires du Grand Palais

    Crédit Photo Anthropia

     

     


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