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    Ce samedi, j'avais rendez-vous à l'heure du thé avec une vieille dame, un peu indigne et rigolote. Qu'apporter à l'heure du thé, une boîte de chocolat bien sûr. J'apporte donc ce qui me tombe sous la main au rayon Chocolat de Noël, trouvé sur mon chemin de semaine. Et je bute sur une montagne de boîtes blanches et argentées toutes pareilles, j'ai nominé FEMINA, pralinés tendres et fondants, 250 g. De chez Cailler, le chocolatier suisse, c'est à dire Nestlé, car là-bas tout finit presque toujours par Nestlé. 

     

    Qu'on m'entende bien, je n'ai RIEN, ABSOLUMENT RIEN, contre le chocolat suisse, d'ailleurs il y a une blague bien connue dans la famille, "le meilleur chocolat du monde, c'est le chocolat ?????? SUISSE !!!!!" et nous sommes oecuméniques Lindt, Cailler. toutes marques confondues, avec une préférence pour le FRIGOR. Je ne vous cache rien, vous le voyez.

     

    Et bien, donc, toute contente de mon présent, je l'offre à..., appelons-là Cécile, qui me remercie bien fort et, parce qu'elle veut me faire plaisir, entreprend d'ouvrir le paquet. Le mot entreprendre n'est pas de trop.

     

    Cela commence donc par un papier cadeau, décoré de feuilles de houx, en gris perle argent et bleu ciel, sur lequel s'affiche le Fémina de la marque et les 250 g du poids total. De ses mains ridées, recouvertes de bagues originales, elle déchire le papier et en sort une belle boîte où figurent des chocolats plus tentants les uns que les autres. Sur la boîte, en gros, Fémina et le poids, 250 g, rappelés en cas d'Altzheimer. Mais pour ouvrir la boîte, il faut d'abord retirer le film plastique très, très solide qui la protège, au cas où le papier n'aurait pas suffi.

     

    Là, les mains ridées de mon amie n'y suffisent pas, on essaie, durant une petite minute de trouver la faille de l'armure transparente, je finis, dans un geste devenu violent, par déchirer le gilet pare-balles. C'est maintenant l'affaire du carton de la boîte. Imaginez la qualité suisse en matière de carton lourd, avec armature renforcée à l'endroit d'ouverture, doublée pour mieux défier la consommatrice. Là, j'abdique et demande un couteau, puis finis par trouver qu'il y a une patte, un petit pointillé, qu'il suffit en fait de tirer la chevillette pour que la boîte s'ouvre. Hourra, enfin.

     

    A ce moment, l'affaire se corse. Je retire de la boîte un plateau plastique argenté, enrobé d'un film plastique et d'une pellicule à triple épaisseur de papier, qui cache les divins chocolats. Moins violent que le précédent film, je le fais céder, un jeu d'enfant. Je sors le plateau et sa couverture réfrigérante, je retire le molton et trouve, lovés au coeur d'alvéoles argentées, 25 mignons lingots enrobés de papier d'alu raffiné.  je vais enfin pouvoir lui offrir délicatement une de ces merveilles du monde, mais là ses mains arthritiques n'y arrivent plus et pour déshabiller le petit Jésus, je fais le travail moi-même, ce qui ralentit singulièrement le débit de la dégustation.

     

    Devant ce marketing duraille qui n'a rien retenu du dernier Grenelle de l'Environnement et qui n'est sans doute pas allé voir le film d'Al Gore, je décide de reprendre l'ensemble du packaging sans les chocolats et de le peser. Sur les 250 g, et je ne compte pas l'emballage alu des bonbons de chocolat, dont on ne sait pas s'ils sont le poids total avec papier cadeau, le poids de la boîte carton ou du petit plateau plastique, voire le poids net des chocolats tous nus, puisque c'est marqué 250 g sur tous les supports, je pèse le poids d'emballage et je découvre que le sac de couchage pèse 185 g.

     

    Alors pour Noël, si vous voyez une boîte de chocolat Fémina de chez Cailler, groupe Nestlé, dites-vous qu'il faut BAC+10 avec mention Supermann pour l'ouvrir, et demandez-vous si vous voulez que nous mourrions tous étouffés dans un gabegique packaging mondial, la gueule ouverte au pied de nos ordinateurs.

     

     

     

     

     


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