• Chroniques Ivryennes II - La mère démontée

    Croquis de Leonardo da Vinci

    Ce matin, j'étais à la poste. Je croise une femme teinte en blonde, fragile et le visage blanc de quelqu'un qui n'a pas beaucoup dormi, triturant une poussette abîmée, (pauvre, pas une turbo4x4) avec un petit tout pâlichon aussi. Elle me dit, est-ce que vous connaissez l'adresse d'un docteur à Ivry ?



    Non. Je n'en ai pas eu le besoin, ayant emménagé dans mon loft sur jardin depuis peu et puis je crois que je continuerais bien d'aller voir mon médecin du XVème si j'en ai l'utilité.



    Elle me dit, ah bon, c'est dur. Cela fait le quatrième médecin que je vois depuis ce matin, mon petit a la varicelle et ils ne veulent pas le soigner. Ils me disent d'aller à Bicêtre. Et moi, ch'sais pas comment faire. J'ai pas d'voiture. Il a la varicelle.



    Je suis pressée. Je dis la première idée que j'ai en tête et m'en vais. Je me retourne une fois, vois le gamin sortir de la poussette, puis s'y remettre tout seul comme un petit qui a appris trop vite à se prendre en charge, et la mère tourner sur elle-même comme si elle allait s'effondrer. Et je vaque à mes occupations.



    Puis, en sortant de la poste, je commence à y repenser. Je me souviens, elle n'a pas de voiture. Elle n'a pas peut-être pas d'argent pour se payer le taxi, et oui, effectivement, sans service d'urgences sur Ivry, elle ne peut aller qu'à Bicêtre, mais avec son gamin contagieux, elle fait comment ?



    Et la discussion me revient, j'y repense, elle me hante, elle finit par m'obséder. Depuis ce matin, je me dis que j'aurais dû retourner chez moi chercher ma voiture et l'emmener à Bicêtre. Je me dis aussi qu'il y a un problème.



     


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