• Coupe claire

     

    Un jeune fonctionnaire britannique de 23 ans, un an d'ancienneté dans le service, a téléchargé 25 millions de données confidentielles sur les familles britanniques, noms, date de naissance, numéro de sécurité sociale, adresse, revenus et les a tranquillement enregistrées sur un CD Rom.

     

    Il faisait partie d'un service qui venait d'être créé, à la suite de la fusion de la Direction des Douanes et la Direction des Impôts, fusion organisationnelle, fusion informatique, économies d'échelle et rationalisation de la fonction.

     

    Imaginez-vous, vous faites votre déclaration aux Allocations Familiales, vos revenus, la composition familiale, l'adresse, le détail de vos ressources, et tout à coup, ces données se retrouvent dans les bases de données d'une société de marketing.

     

    Ainsi, un petit malin peut effacer votre vie des ordinateurs, peut la vendre au plus offrant, peut s'emparer de vos données, commander un permis de conduire, faire des achats sur internet, bref tout ce qu'il veut, avec vos données, d'un simple clic.

     

    En France, jusqu'à présent, on n'avait pas trop lésiné sur ces moyens. Par exemple, pour consulter une base de donnée CAF, il faut un mot de passe, un code confidentiel, vous signez une autorisation de la CAF, vous demandant de vous engager sur l'honneur de ne pas révéler les informations. Et ceci, uniquement réservé, aux professionnels, aux responsables de services, nominativement. Et en tout état de cause, vous avez un droit de consultation, pas de téléchargement, pas de modification.

     

    Et on se demande comment cela est devenu possible.

     

    Faisons une projection sur la France. Chez nous aussi, les fonctionnaires des douanes doivent être regroupés avec la direction des impôts et la direction du trésor. Chez nous aussi, on va faire des économies : réorganiser à la va-vite, sans plan d'action, acheter les applications informatiques les moins chères, pas sécurisées, recruter de jeunes stagiaires sans les payer, pratiquer des coupes claires chez les vieux fonctionnaires expérimentés et proposer des postes de stagiaires sans encadrement ni accompagnement à des jeunes diplômés.

     

    N'est-ce pas ce qu'on fait par exemple en matière de justice, de prud'hommes (comment pourrons-nous faire appliquer le droit du travail, s'il n'y a plus assez de lieux et de juges pour faire le boulot). Demain, M. Sarkozy s'est lâché récemment, c'est la révision de la carte hospitalière.

     

    Cette vague thatchérienne aborde nos côtes, elle démantèle, elle casse du fonctionnaire, du service, elle taille sans remailler, elle opère sans faire le diagnostic, elle pratique l'ablation sans comprendre la pathologie. La droite la plus conne du monde, on l'a.

     

    Quand nous aurons des accidents de train, par manque de professionnels à la SNCF, quand les factures EDF et GDF auront été multipliées par dix, et qu'on vendra nos données au plus offrant, quand les directions du Ministère des Finances perdront leur latin devant l'impéritie, l'impréparation des réformes, quand les juges et les avocats et les greffiers, verront le nombre de leurs dossiers multiplier par dix, sans moyens supplémentaires, ils sont déjà dans l'incapacité de respecter les délais, ils mourront par asphyxie.

     

     

    Quand il nous faudra faire deux cent kilomètres pour accoucher et se faire opérer, nous aurons été non karchérisés, mais bien thatchérisés, sans avoir eu le temps de penser.

     

     

    Quand on paiera des franchises pour l'hôpital, pour la justice, que la TVA aura été augmentée de 3%, -c'est ce qui nous attend et certains, soumis à l'oppression médiatique, en sont venus à penser que c'était bon pour les citoyens français-, quand on vivra tout cela, pourra-t-on penser que la France a été bien réformée, qu'il fait bon vivre en France ?

     

    Quand on vendra nos données publiques, que les catastrophes et bogs informatiques nous tomberont dessus, pourrons-nous continuer de ne pas comprendre que cette politique est idiote, que bouger pour bouger, supprimer les hôpitaux pour supprimer les hôpitaux, supprimer les tribunaux pour supprimer les tribunaux, tout cela sans se concerter, sans préparer, sans logique, ni d'efficacité, ni économique, est stupide.

     

     

    Allons-nous attendre le pire pour dire à Monsieur Sarkozy que cette fois, ça suffit ?

     

     

     

     

     

     


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