• Débris de semaine 4

    Cliché Anthropia

    Coloriage

     

    Lundi

    Vu le film No country for old man, des frères Coen, inclassable comme tous leurs films, entre polar et western. Réflexion sur la folie, la violence d'un "nettoyeur", sur l'appât du gain au péril de la vie, et la question des générations, un film d'hommes pour les hommes, je me suis sentie souvent indifférente à ces trucs de Mars, moi qui vient de Vénus (enfin il paraît). Même si Tommy Lee Jones, dernier rejeton d'un longue lignée de flics et excellent acteur, sauve le film. Une vie passée à juguler le mal, à apprendre sur les formes du meurtre, jusqu'à ce qu'il se sente hors du coup, lui aussi.

     

    Mardi

    Anecdote entendue dans un café. Un type va faire un bilan de santé à la Sécu. On appelle son nom, Monsieur T. Il se lève, se fait ausculter par le médecin, fait des prises de sang, rentre chez lui et attend les résultats. Une semaine plus tard, il reçoit un coup de fil, c'est le service de santé. Une femme, Mme T., a reçu ses résultats pour le compte de son mari, mort il y a des années, qui aurait fait des tests sanguins la semaine dernière. Elle a appelé affolée, croyant à un revenant. Non, c'était ses résultats à lui, son homonyme. Il a peur. Quand il finit par les recevoir, il constate qu'il n'est pas séropo, ouf, il a eu chaud. Il se dit qu'il n'aurait pas aimé qu'une autre personne le découvre à sa place. Il se dit que les fichiers sont mal faits, qu'ils auraient pu vérifier. Il se dit que la Sécu, c'est plus ça.

     

    Mercredi.

    Un ami me raconte son voyage en Italie, il était sur la piazza Navona, quand Prodi est sorti, sous les flashs d'une nuée de journalistes. Il avait remis sa démission. Sur la place, mon ami était entouré de centaines de néo-fascistes, la main levée, avec des slogans pro-Berlusconi.

     

    Jeudi

    Drôle d'Italie, à qui on n'a rien à envier avec notre ministère de l'identité nationale et les pratiques anti-étrangers. Voir ce qui est arrivé à cette enseignante mexicaine en voyage de tourisme en France, qui s'est fait embarquée dans un centre de détention. C'était dans Rue89.

     

    Vendredi

    Ai reçu un coup de fil, un ami a perdu sa maison. Il venait d'emménager. Il est parti quelques jours. Quand il est rentré, sa maison n'existait plus, brûlée jusqu'au sol. Toute sa vie dans les flammes. Il paraît que c'est un rongeur qui a provoqué le coupe-circuit. Et je me suis souvenue des objets, des photos, des livres, des manuscrits, des ordinateurs, des disques rares, des diplômes, des papiers, des oeuvres d'art. Voir sa maison voler en fumée, c'est triste, mais la maison d'un écrivain qui disparaît, c'est encore plus triste, les livres que nous ne découvrirons pas, les textes en attente.

     

    Samedi

    Suis allée voir la maison de Chateaubriand, à côté de la vallée aux Loups, un grand parc, la paix, la paix, la paix.

     

     

     


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