• Du jaune dans le blanc

    Crédit photo anthropia # blog

     

    (la suite de Casse-auto - pour lire ce qui précède voir ci-contre, notamment Casse-auto # 3 dont c'est la suite)

    Celui-là de pêcheur insiste, il a quelque chose pour vous, vous le sentez à sa main, il me dérange, je suis à l’autre, quand vous la lui donnez pour enjamber le bastingage et à ses yeux, il dit, tous disent, je vais t’expliquer le fonctionnement, le moteur, tu prends le boute ici, tu te désarrimes, tu défais la clef, le nœud se libère, il m’explique, le principal comment on pêche ici, c’est pas pareil que sur la terre, fait moins froid, l’humidité remonte, s’accroche aux nuages, là-haut, ciel de traîne en miroir des eaux grises, quelques blanches mouettes, en est-ce, un oiseau de tous les oiseaux, lui sa main indiscrète, en tout cas il est blanc, et se détache sur le linceul, les oiseaux, un sème, ne se cachent pas pour mourir, ils volent à perdre haleine, ils redescendent parfois sur une roche, ou fondent sur leurs proies dans l’eau, ça travaille un oiseau, ça se sert de tout le paysage pour travailler, me travaille et toujours, contrairement à ce qu’elle aurait dit, qu’ils sont là pour le décor, la photo, le tourisme, mais non, l’oiseau sue, l’oiseau peine, l’oiseau va tripalium, vous êtes l’oiseau, vous êtes le regard, vous êtes le pêcheur, oui tout ça à la fois, le paysage est en vous, nous, il vous excave, il vous creuse, la structure de votre intérieur, les Monts de Lacaune, ce jaune du colza, ces lacets sinueux, la chaleur qui après quelques minutes de montée s’installe, le soleil, pas intrusif, et puis ces monts ronds, ces amis du panorama, qui vous disent, on est là, on pense à toi, il y a toujours de ce village en vous, il vous accompagne, quand est-on monté, était-ce en août, ou plus tard, il est jaune là où le blanc règne ici partout, il croit en vous ce paysage, vous en êtes l’hôtesse et la servante à la fois, quand vous en gravissez les sentiers, au hasard un troupeau, au hasard un berger, bonjour, bonjour, la promenade commence toujours par un chemin, ici à perte de vue, pas d’itinéraire pour entamer les rochers, ça tombe falaise dans la noire, bien épais, alors le bateau halète, se met en branle, avance en cabotant, qu’un moyen mais le bateau bouge, et ça vaut mieux que rien.

     



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