• En vidéoconférence avec la Princesse de Clèves

    Florence Reymond

    Cliché Anthropia

     

     

    Nicolas Sarkozy vient d'enterrer tout à la fois François Fillon, la direction des Impôts et la Princesse de Clèves.

     

    Qu'est-ce à dire ?

     

    Devant un parterre, où le Premier ministre brillait par son absence jusque dans le discours du Président, qui n'en avait que pour Eric, par çi ,et Eric, par là, Sarkozy a adressé un discours de Premier des ministres, alignant les petits exemples de gabegie publique et proposant des réformettes organisationnelles.

     

    Ce n'était pas un discours présidentiel, pas de hauteur de vue, pas d'orientations.

     

    Outre l'enterrement du premier ministre, Sarkozy est revenu sur une vieille lune du Ministère des Finances, qui traîne dans les cartons depuis avant Fabius. Le fameux rapprochement de la Direction des Impôts et de celle de la Comptabilité Publique, j'ai nommé, l'Assiette des Impôts (calcul) et leur perception. Sans succès jusqu'à ce jour. Il faut avoir entendu le Directeur général des Impôts parler de la "Maison" à propos de sa direction,  pour se rendre compte du clivage, du fossé, du ravin, que dis-je des douves creusées autour de ce chateau-fort du Ministère. Mettre en place une telle réforme pourrait bien valoir son poste à Eric Woerth. On devrait assez vite découvrir un mini-scandale le concernant (façon DSK ou Guaymar), de manière à l'évincer de sa place et donc affaiblir le projet de réforme.

     

    Ensuite, Vous-Savez-Qui a introduit une réforme technologique majeure : la vidéoconférence. Où il est dit que les juges pourront désormais dialoguer par visioconférence avec les détenus, qui resteront dans leurs prisons, pour éviter les tonnes de CO2, les cohortes de fonctionnaires en file indienne. Et à défaut de technologie, les juges pourront se déplacer : où l'on voit que désormais la Justice est sommée de venir au chevet du délinquant. C'est ce qu'on appelle le service public au sens de Sarkozy. Et pourquoi pas le juge à domicile ? L'humiliation des magistrats n'a pas de prix et le ton cynique de Sarko valait le détour.

     

    Enfin, et pour faire parler dans les chaumières, petit exercice habituel de Sarko, celui-ci est allé une fois de plus piétiner notre belle culture classique, en indiquant que désormais, les concours, où on apprenait par coeur (comme si c'était le cas) la Princesse de Clèves, seraient remplacés par la reconnaissance du travailler plus et des heures supplémentaires. Façon contremaître, le chef de service tapera sur l'épaule de son OS2 et lui donnera une enveloppe pour ses bons et loyaux services : mutation au grade supérieur. 

     

    Et si l'on devait résumer ce discours, rappelons cette maxime : pour mieux noyer son chien, l'accuser de la rage !

     

    Sarkozy vient de ridiculiser des siècles de culture administrative, de se moquer des dysfonctionnements dont les fonctionnaires sont victimes, vient de caricaturer les fonctionnaires et d'illustrer une fois de plus sa méconnaissance des structures et de l'engagement des grands serviteurs de l'Etat.

     

    Gageons qu'ils ne sauraient tarder à le lui rendre.

     

     

     

     

     


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