• Fred Vargas, l'autruche

    François Curlet

    Boulevard

    2005

     

     

    Fred Vargas.

    Critique de l'anxiété pure

    Librio

    3 € (pas beau, mais pas cher)

     

     

     

    Il y a du Thomas Bernhard dans Fred Vargas.

    Oui, j'ose, elle se lâche, elle entre dans un monologue de ouf,

    dans un souffle long, qui vous le coupe parfois ;

    vous donne au passage quelques leçons d'écriture,

    à l'Antartique, en buvant un café au café,

    quand vous tombez sur le premier venu venu.

     

    Tout l'indique : elle lutte ardemment contre l'anxiété pure qui la guette.

    Le projet, sans doute une semaine de travail,

    pour se débarrasser de ses tracas, de ses obsessions d'amour,

    et par la même occasion des nôtres.

     

    Je m'identifie, pensez-vous.

    Et bien, oui, par certains côtés,

    parce que cette femme depuis longtemps est une mienne amie,

    parce qu'on sent que chez elle la sororité, ça marche fort,

    la "mienne jumelle", comme elle dit, c'est aussi nous.

    Et puis, elle est bien zinzin, quoi,

    elle a des chevaux mal dressés,

    qui s'emballent trop souvent,

    elle est de cette famille des grands nerveux,

    chère à Proust et à Yves Saint-Laurent.

    N'ai-je pas compris que j'avais eu des acouphènes,

    le jour où un certain tueur en série a guéri ceux d'Adamsberg ?

    Une frangine, je vous dis.

     

    Alors sa critique de l'anxiété pure fonctionne.

    J'avoue que j'ai sauté quelques pages,

    mais je n'ai pas abandonné,

    j'ai suivi jusqu'au bout.

    Le L.A. et le F.I. sont notre escabeau,

    ou plutôt les joints en acier qui relient les deux pans.

    L.A. comme libre-arbitre, F.I. comme for intérieur.

    Ne jamais s'en séparer, bagage obligatoire,

    en cas d'amour, de guerre ou de tracas.

    Je vous laisse aller assez loin

    pour comprendre la recette miracle des Emèlborps.

    Même si je vous l'avoue, j'aimerais bien que vous retrouviez,

    sans doute à une des pages que j'ai loupées,

    ce que sont ces fameux PFM, au nombre de 250,

    qui posent des Problèmes "pas convertibles en Emèlborps",

    j'y suis retourné pourtant mais sans trouver la solution.

     

    Un livre bizarre, entre autobiographie et essai de philosophie zen.

    Autoanalyse, dit l'éditeur, mais elle ne va pas très profond,

    il y a de ces zones interdites, la mère, la famille,

    on sent qu'il s'y passe un paquet de reproches et de tracas,

    dont il faut bien vite se débarasser.

     

    Il y a le "mien père", qui apprend le sens de l'inutile.

    Pourquoi le latin ? Parce que ça ne sert à rien.

    Oh, la jolie phrase, qui enseigne à ne pas voir que le travail.

    Une phrase d'artiste, une phrase de dilettante, une phrase d'épicurien.

     

    Mais alors, pourquoi l'autruche ? me direz-vous.

    Parce que comme elle, elle a envie de se fourrer la tête dans le sable,

    mais comme nous, elle s'efforce de courir plus vite que l'angoisse.

    Elle tient ce fil, qu'il ne faut pas perdre et va jusqu'au bout.

    Et puis, et puis...

    Jetez-y un coup d'oeil, vous verrez, c'est jouïssif.

     

     

     

     

     

     

     


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