• Edward Hopper Evening Wind 1921

    Harris Brisbane Dick Fund

    Gravure.

     

    Allez voir l'exposition Hopper, même si vous avez l'impression que vous la connaissez par cœur, suite aux plats reportages TV, innombrables sur le sujet.

     

    Tout d'abord, ce que ne montrent pas les médias, c'est la lumière, le contour, les contrastes, la matière de ces œuvres, les voir en vrai change tout. Mais surtout, on passerait à côté de la mise en scène du commissaire d'exposition, qui retrace le parcours artistique d'un homme, par une fausse chronologie, un découpage très parlant par périodes ou plutôt par techniques de travail.

     

    Il semble que Hopper comme tous les grands artistes a su tirer parti de chaque détour de sa vie.La légèreté et le contraste par son travail d'illustrateur. Le cadre, la rigueur des architectures, par l'apprentissage de la gravure. Le choix des motifs et la lumière par ses déambulations d'aquarelliste.

     

    Le cheminement d'un artiste, comment il se crée une grammaire, un traitement, un style, tel est véritablement l'objet de cette exposition.

     

    Avec en ligne de fuite, quelque chose d'une intrigue, dévoilée sur une gravure, Evening wind, un trou noir, où frissonnent les ailes du désir, comme si Hopper pour tout ça, avait dû payer le prix d'un certain renoncement.

     

    Et plutôt que de contempler ad vomitum Nighthawk de Hopper, comme une icône pop, un tableau sidérateur d'imaginaire, un condensé du mythe américain, s'apercevoir que ce tableau n'est pas le fruit du hasard. Peint quand l'artiste a 60 ans (1942), il semble dans l'accrochage et dans l'œuvre, comme un aboutissement provisoire, l'acceptation d'une désillusion, avant que les personnages ne désertent les intérieurs, comme dans Sun in an Empty Room, peint en 1963.

     

    Je ressors avec la certitude que ces images apparemment faciles chez Hopper, le sont par un défaut de perception, c'est d'ailleurs le quiproquo de cet événement parisien, faire prendre la surface pour le tout, qu’elles sont en fait le résultat d’une ascèse, la part cachée de l’artiste.


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