• Ici Tango, A vous Charlie

     

    Le propre d'une étoile, c'est d'être perçue de loin, dans l'espace, et de ne dégager finalement qu'une lumière froide, une sorte de trace de sa présence bien longtemps après qu'elle ait émis ses ondes.

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    C'est ce qui est en train d'arriver à Sarkozy. Nous l'entendions tous les soirs en direct, dans des grands shows médiatiques, sur des plateaux de TV en campagne, avec vidéos sur son site si on voulait se gargariser de tel ou tel passage du grand discours. Nous étions bercés par sa voix inquiète, le rythme heurté de son phrasé, le débit rapide voire saccadé de sa parole. La voix impérieuse de celui qui est avide de nous happer, plus que de nous séduire.


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    Et tout à coup, la voix de Sarkozy s'éteint. Une étoile est née. Sur son yacht, ne voilà-t-il pas que nous sommes réduits à interroger l'image d'un homme assis comme tout un chacun sur son siège, parlant semble-t-il avec son fils, nous jaloux qu'il ne nous parle plus. Ou bien sur une marche de son Palais, bougeant, se démenant ou bien encore en short et T-shirt, dans la rue ou sur la route près du Fort de Brégançon. Silence radio. Charlie Tango ? Tango Charlie ? Nous voyons l'image, mais n'avons plus le son.


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    Il a bien conscience de cela, Sarkozy. Alors il saute de sa limousine pour serrer les mains, il profite de chaque instant pour faire un bain de foule. Des fois que nous pensions que l'image sans le son pourrait signifier que l'homme ne nous aime plus, il s'efforce de se montrer mangeant des frites avec des ouvriers ou serrant la paluche d'autres lambdas comme nous. Des fois qu'il habiterait maintenant dans les hautes sphères du palais de l'élite en chef, il se montre en vilain T-shirt, en vieilles Reebok.






    Mais il a bien atteint l'Olympe, et chacun sait que Zeus le plus souvent se tait, sauf de temps en temps. Une parole éphémère, chiche qu'il nous mesure comme du lait maternel, quatre biberons par mois, il faut attendre pour le mériter, téter au jour et à l'heure prévue, ni avant, ni après.



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    Où sont parties les longues stances de Rodrigue ? A-t-il du cœur ? Où sont donc les slogans simplistes qu'on retenait par coeur comme des comptines du soir, « Fais dodo Colas mon p'tit frère », « travailler plus pour gagner plus », « ah vous dirais-je maman ? », «parce que celui qui se lève tôt, il en a marre » , « Loup y es-tu, entends-tu, que fais-tu ? », « quand on n'aime pas la France, on la quitte ». Jusqu'à la vibration de sa parole qui vient à s'effacer, éteinte au firmament.


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    Et le public en manque. Il ruse avec l'attente. Bien vite, Hans apprend à lancer sa petite bobine. Fort. Da. Il joue avec l'image de son héros, reprend les antiennes, tente de les garder vivantes, bien en bouche. Mais ce n'est pas pareil. C'est mieux quand c'est lui. Mais lui n'est plus là.



    Alors le public se lasse et regarde autour de lui. Il se tourne vers d'autres idoles, tiens ce soir, la figure de proue sur le bateau de pêche, la vareuse rouge et le foulard rose. Pourquoi pas celle-là pour continuer la conversation ?

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