• Inception : une affaire de conception

    Affiche du film Inception

    Le dernier film de Christopher Nolan

     

    Inventer une nouvelle forme d’espionnage industriel, l’espionnage par extraction de données du cerveau, c’est ce que vient d’expérimenter Christopher Nolan, dans son dernier film, Inception.

    Quelque chose au-delà de Matrix ou Minority Report, un film sur des architectes de rêves qui créent des univers oniriques susceptibles de plonger des magnas du capital dans leurs propres projections subconscientes ou inconscientes et leur extraire des  données confidentielles.

    L’équipe menée par Léonardo di Caprio, Cobb, est chargée par un ponte japonais de réaliser une nouvelle mission : « incepter » (néologisme), c'est-à-dire introduire une idée dans la psychologie des profondeurs du fils d’un riche industriel  qui vient de mourir, lui insuffler l’idée de démanteler le groupe dont il vient d’hériter.

    Pour cela, il faut construire des mondes virtuels, des labyrinthes mentaux, des rêves emboités dans des rêves eux-mêmes emboités dans des rêves qui vont amener le sujet de la manipulation à douter de ses certitudes et le convaincre de changer de vie.

    Cobb ne s’est pas sorti indemne de ses explorations oniriques antérieures, les rêves sont pleins de ses propres projections et/ou souvenirs, un remord le hante ;  une jeune inventeuse de labyrinthes  recrutée pour créer les cadres des rêves s’en est aperçue et le surveille.

    Voilà pour le début d’un film dont le scénario, le montage, les images, la structure, sont proprement captivants. Le film le plus étonnant de ces dernières années, tant dans l’imagination dont il fait preuve que dans la réussite de sa réalisation et sa conception hallucinée.

    Paradoxalement, cette affaire d'espionnage se transforme peu à peu en parcours initiatique, tant pour le héros aventurier que pour sa proie, nous faisant perdre à nous aussi les repères entre rêve et réalité.

    A voir absolument.

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Annasoror
    Samedi 7 Août 2010 à 14:16
    in[maculéecon]ception
    Oui, bien d'accord ! un film à voir absolument tant il marque notre époque, par la prouesse d'écriture, la qualité et la sophistication de l'image, mais, et surtout, par le thème du fantasme d'immortalité porté par la technologie -comme toujours-! Ici, la technologie a ceci de trop humain qu'elle est faite de cordons ombilicaux tuyautés entre les joueurs, leur permettant un accès collectif au voyage intérieur et onirique. L'intrigue policière, si elle répond aux codes des jeux de pouvoir et à leurs violences, sert aussi deux registres de sens très émouvants par leur caractère pédagogique et philosophique. En premier lieu, la fraternité retrouvée face aux limites temporelles, qu'elles que soient les dimensions du lien. Et parallèlement, l'avènement d'une religion individuelle faisant fi, de haute lutte, des carcans culturels dictant la relation amoureuse entre l'homme et la femme. Point de sexualité, point de psychologisation, mais un cheminement criblé d'obstacles pour accéder enfin, avec Cobb, et la coopération du groupe, au désir simple de soi. Inception est une fable, une métaphore puissante, un conte initiatique...où l'amitié vient démasquer les fantômes et libérer le vivant, sans angélisme puisque le réel et sa dimension dramatique demeure, mais avec l'ouverture à nos espaces de poésie, toupie faisant tourner nos coeurs... J'ai adoré !
    2
    Annasoror
    Samedi 7 Août 2010 à 14:33
    in[maculéecon]ception - addendum
    Inception est aussi une écriture romanesque de nos temps modernes répondant à la question : où aujourd’hui trouver le lien à soi et redonner du sens à nos vies ? et la réponse est simple : dans le groupe et par un lien fort à l’Autre, mais ni dans la société ni dans la relation amoureuse, lieux où le sens a disparu.
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