• Interlude ?

    Interlude

    Petit train à charades circulant sur les écrans de l'ORTF dans les années soixante. (archive INA).

     

     

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p><o:p> </o:p>

    Les syndicats de la DB (Deutsche Bahn) ont mis l'Allemagne en branle-bas-de-combat. Ils menacent de faire grève. Fait rarissime. Pour les Français, nous en sommes persuadés, il va y avoir des problèmes de circulation en Allemagne. Pas du tout. Aussitôt l'annonce faite, une table de négociation fut mise en place pour QUE N'AIT PAS LIEU, car c'est une exception en Allemagne, une grève des transports. Quoique cette fois-ci, les choses chauffent, parce que parallèlement, la DB risque d'être privatisée, et la demande qui porte sur les salaires anticipe la future privatisation à hauteur de 25% du capital.

    <o:p> </o:p>

     

    En France, le gouvernement vient de faire passer en force une loi sur le service minimum. Qu'est-ce à dire ? Forcer les désireux grévistes à se déclarer. Intimidation individuelle, casser la logique du collectif. Entamer la force syndicale. Se payer les syndicats. La mesure votée par le parlement d'une auto-déclaration obligatoire 48 heures avant la grève par un individu suppose que le lendemain et le surlendemain, il n'aurait plus le droit de grève, qu'il ne l'aurait qu'une fois pour toute. Est-ce bien légal tout ça ?

    <o:p> </o:p><o:p>
    </o:p><o:p> </o:p>

    Au contraire de l'Allemagne, en France, quand les syndicats veulent discuter, les patrons les ignorent, quand ils convoquent une AG, les patrons dînent en ville, quand ils alignent les griefs, les patrons s'empiffrent, quand les syndicats menacent de grève, les patrons achèvent leur dessert.


     

    <o:p> </o:p>

    Et fatalement, la grève arrive, et finalement assez rarement, si on considère ce déficit de communication des patrons. Rappelons que les grèves représentent moins de 5% des retards de train. Ceci expliquant peut-être cela. Au lieu de s'occuper des problèmes de personnel, d'organisation, de mise à disposition des trains dans les délais, de régler les pannes techniques, les directions oublient de discuter avec leurs troupes. Silence, aucune tête ne doit dépasser. Ne pas parler des problèmes qui fâchent. Résultat, un service dégradé, dont les gens font les frais. Alors on a trouvé le service minimum comme chiffon rouge, en parlant de cela, on ne parle pas du reste. Après les grandes grèves de 85, une étude interne à la SNCF avait montré que la grève avait enfin permis que les cheminots se rencontrent, parlent des problèmes. Paradoxal, n'est-ce pas, faire grève pour pouvoir tenir les réunions nécessaires au bon fonctionnement du réseau.


     

    <o:p> </o:p>

    Certaines entreprises ont pris la mesure du problème et grâce au droit d'alerte, à la RATP par exemple, une invention géniale d'un patron et des syndicats-maison, qui ont compris qu'on doit pouvoir négocier AVANT la grève et pas après, la grève a quasiment disparu.


    <o:p> </o:p>

     

    Mais à qui la faute en France, quand les grèves se produisent ? Aux patrons, qui n'ont pas appris l'art de la négociation. Ils attendent d'avoir perdu des millions d'euros pour bouger enfin le petit doigt et finalement négocier, ce qui aurait pu être fait dès le départ. Cet argent perdu aurait valablement pu être un enjeu de négociation.


     

    <o:p> </o:p>

    Il y a un machisme idiot des patrons français, qui pensent toujours et d'abord à leur virilité, au lieu d'aplanir les difficultés, pour éviter les conflits qui coûtent et laissent des traces. Culture des élites qui méprisent les gens d'en bas, comme s'ils n'avaient pas compris que la qualité est l'affaire de tous, qu'un bon climat interne est le corolaire d'une organisation huilée, qu'on est plus intelligent collectivement que seul dans son bureau.


    <o:p> </o:p>

     

    Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'en France, les syndicats sont méprisés, pas écoutés. Par peur sans doute, pensant que ceux-ci sont dogmatiques. Ils le sont sans doute, par exemple, ils aiment qu'on les respecte, mais j'ai toujours vu que le « pire » d'entre eux connaît son intérêt et sait toujours faire la part des choses. En tout cas, leur problème, c'est qu'il leur faut passer par la grève pour se mettre à égalité avec le patron. La grève sert à compenser le complexe de supériorité du patron, à lui faire admettre que oui, il va falloir s'asseoir et discuter.


     

    <o:p> </o:p>

    Alors qu'en Allemagne, la grève est LE PIRE, ce qu'il faut éviter, la menace de grève servant en dernier ressort, si vraiment aucune concertation n'a pu avoir lieu. Le reste du temps, on n'a même pas besoin d'agiter cet épouvantail, car la négociation est NORMALE, fait partie des coutumes, n'a rien d'exceptionnelle. Et même s'ils font grève, c'est du progressif, jamais les voyageurs en premier et pas les week-end.

    <o:p> 
    </o:p><o:p> </o:p><o:p>
     
    </o:p><o:p></o:p>

    Quoi d'étonnant si en France, celui qui porte le service minimum comme un bras-de-fer vis-à-vis des syndicats, est un homme qui tente chaque jour de prouver sa virilité au vu et su de tous. Il agite le chiffon rouge donnant des vapeurs aux pépés de droite qui rêvent d'en découdre avec le monde ouvrier. Mais c'est un leurre, comme tout ce que fait ce Président.



    Merci à Olibagi pour son lien avec le site de Me Eolas, à ce sujet

    http://www.maitre-eolas.fr/2007/08/07/682-la-loi-sur-le-service-minimum-le-lgislateur-a-fait-le-service-minimum

     


     


  • Commentaires

    1
    Olibagi
    Mercredi 8 Août 2007 à 15:42
    precisions
    Quelques precisions donnees dans le blog d'un avocat http://www.maitre-eolas.fr/2007/08/07/682-la-loi-sur-le-service-minimum-le-lgislateur-a-fait-le-service-minimum La conclusion de tout cela pourrait etre encore une fois une loi poudre aux yeux... Merci pour ton blog tres instructif et intellectuellement et cultullerement tres stimulant!!!
    • Nom / Pseudo :

      E-mail (facultatif) :

      Site Web (facultatif) :

      Commentaire :


    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :