• L'enchantement avec Kerguéhennec

    Photo de photo (toujours impossible)

    Jochen Lempert

    Crédit photo Anthropia

    Domaine de Kerguéhennec

    Exposition jusqu'au 27 septembre


    L'enchantement avec Kerguéhennec,

    c'est bien sûr le choix des artistes,

    Jochen Lempert en est un exemple,

    son art de saisir l'éphémère sur la surface d'un plan d'eau,

    ou les nids dans les arbres de nos villes,

    son développement de photos noir et blanc

    jusqu'à la surexposition,

    pour ne garder que l'oiseau d'ordinaire invisible,

    ou le gris intense d'une vague,

    j'ai tenté ici une photo de photos,

    toujours impossible,

    ce n'est pas de la botanique,

    son regard personnel sur la vie

    est du côté de l'humilité,

    saisir ce que d'autres ne voient pas.

     

    L'enchantement avec Kerguéhennec,

    c'est aussi les sculptures dans le Parc,

    le chateau, les annexes, le petit restaurant,

    les concerts de musique l'été.

     

    L'enchantement avec Kerguéhennec,

    c'est un accueil de l'art contemporain,

    d'une rare qualité

    dans ce cadre superbe.

     

     

     

    "Jochen Lempert

    De sa longue formation de biologiste Jochen Lempert a conservé l’habitude d’observer le réel sous toutes les coutures, de le soumettre au rayonnement de la lumière, de le soupeser lentement, de l’ausculter. Depuis qu’il est photographe, il a en plus acquis la faculté de se laisser surprendre de façon désintéressée, de ne pas chercher à comprendre : d’aiguiser au jour le jour sa capacité d’étonnement… Or c’est par l’observation pour ne pas dire la contemplation que vient l’étonnement chez lui. Et c’est ainsi qu’il guette la présence animale là où elle est la plus furtive : dans l’environnement urbain en particulier. Nombreux sont les oiseaux perdus en particulier dans ses images, comme cette silhouette fragile et pourtant majestueuse volant près d’un building inhospitalier et qui nous renvoie à notre condition d’habitant précaire. Car derrière la question de la présence de l’animal se pose celle de la présence tout court, que les animaux soient isolés ou qu’ils soient vus en groupe : nuée d’oiseaux, d’insectes ou bans de poissons discernables à quelques rides à la surface de l’eau. Et ce qu’il y a de remarquable chez Lempert, c’est ce sentiment que la présence rime toujours avec une certaine clandestinité, qu’elle est résistance. Même ses essaims de moucherons ont quelque chose d’une communauté d’individus en danger. Même lorsque Lempert, pour réaliser un photogramme, pose une luciole sur une feuille de papier photo, le coléoptère n’a de cesse de vouloir s’évader. Même lorsqu’il glisse des feuilles d’arbre dans le passe-négatif de son agrandisseur, celles-ci révèlent des ici ou là des nécroses ou la présence d’insectes parasites. Enfin de même, lorsqu’il visite un museum d’histoire naturelle et qu’il rephotographie à quinze ans d’intervalle le même diorama puis qu’il expose les deux images quasi similaires, l’ellipse temporelle qu’il met en évidence nous interroge sur le rapport entre notre mémoire et notre instinct.

    Frédéric Paul."

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :