• La cerise sur le gateau

    Cette année, les cerises poussent en même temps que les fraises. Nous le devons au crash entre les mois, cette sorte de raccourci qui confusionne les garde-robes, les corps, les têtes sans oublier les proverbes.

     

    Mélanger fraises et cerises ? Cela n'a pas le même goût. C'est ce que m'a dit hier une de mes clientes, toute tourneboulée. Je pouvais auparavant me préparer à cette courte saison des fraises, puis un peu plus tard, à la mi-juin, cueillir dans l'arbre ces belles cerises noires toutes juteuses.

     

    Mais nous sommes entrés dans le grand melting pot des saisons, dans celui des goûts et dans celui de la langue. Plus rien n'a de spécificité, on agite les symboles, les mots, tout se confond, tout va bien.

     

    Hier matin, j'écoutais à France Culture, à l'heure du coq, Pascal Lamy, un ancien ami de chez nous, celui qui a tout renié pour rejoindre l'OMC. Il parlait, parlait des cerises et des fraises, tout semblait si transparent et clair, et l'OMC, si intelligente, si protectrice, et lui si digne, respectant les altermondialistes, se moquant gentiment des membres du G8.


    Et tout à coup, Olivier Duhamel lui posa une question. Mais dites-moi, Pascal Lamy, Nicolas Sarkozy quand il négocie avec tel ou tel argument, cela ne rime à rien, puisque les institutions ne le permettent pas, c'est donc du vent. Expliquez-nous Pascal Lamy, comment marchent les institutions européennes, les dessous des décisions de la Commission. Et alors, Pascal Lamy, l'ami du petit déjeuner, qui était venu les bras plein de cerises et de fraises, se redressa tout de go à Genève, d'où il appelait avant de prendre son avion pour le G8, et rappela qu'il ne pouvait pas répondre, non pas du tout, qu'il avait pris un engagement, que cela que lui demandait Duhamel, n'était pas neutre, que cela l'impliquait. Qu'il ne pouvait pas se mêler d'une négociation européenne.


    Et Duhamel de lui dire, mais je ne vous demandais que d'expliquer le fonctionnement ordinaire des institutions. Mais pour Pascal Lamy, cela serait délit d'initié, nous expliquer ce que seuls certains peuvent savoir, nous dévoiler le dessous des cartes, non, cela n'est pas possible. Alors à cette réelle transparence concrète, nous dûmes renoncer. Heureusement Ali Badou posa une question bateau, dans lequel euh laquelle l'ami de trente ans nous emmena.


    Quand la démocratie européenne et les positions politiques de notre Président seront expliquées aux enfants que nous sommes, nous aurons enfin gagné. Alors, peut-être devrions-nous aller voter dimanche, pour que nos députés puissent réclamer des explications, des clarifications, puissent éclairer pour nos pauvres consciences aveuglées, les G8 et autres sommets européens et mondiaux.

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :