• La démocratie n'est pas sexy

    Marina Abramovic

    The family V

    2008

    FIAC 2008

    Crédit photo Mike Koedinger

     

     

    On critique le PS, on le villipende, il serait fini.

    Qu'est-ce qu'un parti, n'est-ce pas,

    qui n'aurait pas de leader naturel

    s'imposant sans avoir besoin de discuter,

    le modèle de réussite étant l'UMP,

    ce parti de godillots qui suit larbin son massimo.

    En fait, le message même pas subliminal des médias,

    c'est que le PS devrait être pris à la hussarde,

    par un Buonaparte qui le baiserait sans préliminaire,

    que notre modèle de gagne est un modèle violeur,

    manipulatoire et hiérarchique.

     

    Autrement dit ce que disent nos médias

    c'est que la démocratie n'est pas sexy,

    qu'il n'y a de place que pour le rapport sado-maso,

    en voix off du storytelling, cela donne,

    prends-le,

    ne t'embarrasse pas de négociation,

    prends-le sans coup férir,

    ne lui demande pas son avis.

     

    Oserai-je prendre le contrepied et dire que pour moi, 

    la modernité en politique, c'est précisément cette hésitation,

    elle tricote et se cherche, n'a pas de solution toute faite bien tranchée,

    le projet doit être porté par un innovateur,

    parce que justement il faut avancer les yeux grand ouverts,

    pour voir les solutions originales.

     

    Au contraire des vieilles méthodes de droite,

    qui imposent un modèle grotesque, bonapartiste et unique,

    dont on comprendra seulement plus tard

    qu'il porte des solutions centralisées, autoritaires,

    tout le contraire dont notre France a besoin.

     

    La modernisation de la France passera

    par un dispositif horizontal, participatif et démocratique.

    Pas une démocratie Canada dry, dont on nous abreuve à longueur de temps,

    qui en aurait la couleur et l'apparence, sans en avoir le goût d'air du large.

     

     

     

     

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Thierry
    Lundi 10 Novembre 2008 à 18:46
    Mme Royal n'est elle pas aussi hussarde ?
    Bonsoir Anthropia que pensez vous de ces phrases d'Emmanuel Todd dans Après la Démocratie : « Plus significative encore que la conversion affichée de Bernard Kouchner, ex-médecin du monde, au militarisme atlantiste, ou d’Éric Besson, ex-secrétaire national du PS à l’économie, au néolibéralisme, fut l’élaboration chaotique par Ségolène Royal d’une doctrine que rien ne rattache à l’histoire de la gauche. Sarkozy est un homme de droite et l’assume. Mais Ségolène Royal, candidate de la gauche, désignée par plus de 60 % des militants socialistes, eut le culot de placer sa campagne sous la bannière de « l’ordre juste », une contradiction dans les termes pour un militant de gauche, mais qui évoque tellement bien le sabre et le bénitier d’une culture de droite traditionnaliste. […] Une interrogation symétrique se présente immédiatement à l’esprit : comment Ségolène Royal a-t-elle pu exister ? Nous abordons ici une problématique plus vaste : celle de la décomposition politique. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ne sont pas concevables séparément : ils constituent un tandem. Aux yeux de l’historien et du sociologue, ils ne sont que les symptômes complémentaires d’une situation globale de vide idéologique et d’une montée en puissance de forces négatives, antidémocratiques, dont l’analyse fait l’objet de ce livre. »
    2
    Anthropia Profil de Anthropia
    Lundi 10 Novembre 2008 à 18:58
    Oui
    Je pense que la manière dont s'est passée la dernière présidentielle n'a pas permis que le candidat de la gauche passe par l'élaboration collective d'un programme, la faute à Hollande, qui a joué la montre en reculant devant la nomination du candidat, d'où des délais trop courts pour préparer un vrai projet. Maintenant, le système est reparti de manière plus intéressante. Donc il faut donc voir ce que le processus démocratique va produire.
    3
    Lundi 10 Novembre 2008 à 19:19
    fausses associations
    telle que le modele unique et bonapartiste et la droite. Le PS n'a t'il pas été bonapartiste et unique du temps de Mitterand ? Max Gallo homme de gauche et fervent admirateur et specialiste de Napoleon ne dira certes pas le contraire.
    4
    Anthropia Profil de Anthropia
    Lundi 10 Novembre 2008 à 19:59
    Relisez
    le livre de René Rémond sur les droites en France, l'une d'entre elles est le modèle bonapartiste justement.
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