• La dernière fournée

    Cliché Anthropia

     

     

    J'ai interviewé la boulangère,

    sur cette étonnante famille,

    qui dans la même lignée depuis 1602,

    plus vieille que le Mayflower cette histoire-là,

    n'avait jamais dérogé

    au principe qu'un au moins,

    de la génération suivante,

    un fils, une fille,

    retrouvât le chemin du fournil au moment de choisir métier.

     

    Elle s'était défendue, ce n'est pas ma famille,

    jamais chez moi, cela ne se serait passé comme ça,

    c'est la famille de mon mari, ils sont dans le pétrin

    depuis la fondation du lieu.

     

    Je lui ai demandé si elle avait des enfants,

    si elle considérait qu'il y avait nécessité,

    ou envie, de prolonger l'expérience

    one more time.

     

    Mais elle a aussîtôt évoqué ses deux fils,

    qui, non, au grand jamais,

    l'un voulait être quelqu'un

    et l'autre autre chose.

    Mais jamais, non, le magister panetier.

     

    Et j'ai imaginé, la lente maturation,

    à la levure ambiante,

    l'oeil inquiet du présent héritier,

    qui voit condamner l'historique paniologie,

    pour quelque stérile envie de large.

     

    Et je me dis qu'à l'heure où sonnera le glas

    de la dernière fournée,

    l'odeur du croissant en fera se retourner

    un au moins,

    un qui dira, je ne peux pas le lâcher,

    je ne peux pas arrêter

    cette si belle saga.

     

    Pauvre de lui, sans doute le mal aimé,

    il aura perdu pour une bouchée

    le goût de la liberté.

     

     

     


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