• La Fontaine, Sarkozy et son second tour

     

     

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    Rien ne va durant ce second tour pour Nicolas Sarkozy. Il est pourtant très bien parti, le soir du premier tour, son homélie faite de rêve et de rassemblement s'envole dans le nirvana des idées présidentiables, le Révérend Sarkozy fourbit son matériau de campagne, nouveaux concepts bien en bouche.

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    Mais las, dès le lendemain, les choses s'affolent. La rivale prend la main. Elle propose un débat au numéro Trois. Cela ne se fait pas, cela ne s'est jamais fait, cela n'est pas normal qu'une candidate outsider de second tour aille pêcher le troisième pour s'opposer au premier. Il y a là un crime de lèse-majesté. Elle élit finalement un autre tandem pour commencer son entre-deux-tours. Elle choisit elle-même son outsider au lieu de s'attaquer frontalement au bastion.

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    Et rien n'y fait. Les médias s'emballent, se proposent, se démettent, le débat aura-t-il lieu, cette première pourra-t-elle être autorisée, le CSA le permettra-t-il, mais bon sang, peut-on dialoguer dans ce pays, a-t-on le droit de s'intéresser à cette France qui n'est pas au second tour, il semble que non, que les médias s'autocensurent, y aurait-il eu pression, il y a eu pression, mais non, mais si. Rien n'y fait donc, cette première semaine n'est pas une fête pour Nicolas Sarkozy.

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    Mais vient son grand soir. Douze caméras, des grues pour parcourir la salle frémissante, dans un Bercy plein à craquer. Alors 20 000, 30 000 ou 40 000 comme voudrait le laisser croire la presse de droite. Les faits. Le POPB contient entre 15 000 et 20 000 places. Mettons qu'on puisse mettre allez soyons généreux 3 000 personnes à l'extérieur, il y avait donc entre 18 000 et 23 000 personnes à ce congrès. Les people de plus de cinquante ans sont derrière Sarkozy. Enrico, Johnny, Gilbert, Bigart et notre bon Salvador. S'y trouvent aussi Doc Gynéco, retiré du rapp, Faudel, le petit prince vieillissant.. Si on juge un candidat d'après ses soutiens, le panel de Sarkozy est tout sauf la France moderne et dynamique qu'il veut nous faire accroire.

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    A comparer aux Yannick Noah, le Français préféré des Français, Cali, Miossec, Grand Corps Malade, même Michel Delpêch et Georges Moustaki, ces people de Ségolène, qui sont eux dans la France qui gagne aujourd'hui.

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    Alors, comment récupérer la main ? Et bien, par un énorme pique-nique en Corse. Zut, il n'a pas pu avoir lieu car il pleuvait en Corse. Vous avouerez que ce n'est vraiment pas de chance. La pluie en Corse, en plein mois d'avril estival, en plein réchauffement de la planète, il faut qu'il pleuve le jour où Nicolas Sarkozy va en Corse. Non décidément ce second tour n'est pas une réussite. Peut-on gagner quand on rate son entre-deux-tours, c'est une vraie question.


    Il lui reste un va-tout, il le tente, il l'empoigne. Liquider Mai 68, c'est le tonton flingueur qui parle. Dans sa bouche, on entend le fusil mitrailleur, le manteau de cuir noir, pas de quartier chez les mafiosi. Mais il a oublié que 68, les accords de Grenelle négociés par Jacques Chirac, ont mis les ouvriers dans la rue, et les étudiants, et les Français, qui en avaient marre de ne pas avoir de vie, de ne pas profiter des profits liés aux Trente Glorieuses. Et puis la libération sexuelle, les femmes, les homosexuels, lui-même. Tous y ont goûtée. Vouloir retourner en arrière, barrer quarante ans d'histoire, se réfugier dans le passé, de la IIIème République ou dans celui de la France coincée des années soixante, voilà le projet. Retourner aux 48 heures de travail par semaine, à - 35% du SMIG, à -10% des salaires, effacer les syndicats, voilà de fait le programme de cette droite.

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    Mais la messe n'est pas dite, il reste le grand débat entre la sereine Ségolène et le petit nerveux Nicolas. Oh, je suis sûr qu'il tiendra bon jusqu'à la mi-temps. Et que vers la fin, quand il pensera que c'est gagné, c'est comme ça, il ne peut pas s'empêcher, il commencera à déraper, il accumulera les tics d'épaules, les doigts menaçants pointés, les mots violents, et il perdra tout seul cette élection, après cinq années d'obsessionnelle campagne, le lièvre affolé arrivera ventre-à-terre mais trop tard.


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    Rien ne sert de courir, il faut partir à point.

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