• La régionale de l'étape

    Daniel Schneidermann s'interroge, après l'offre de Ségolène Royal, sur le bien-fondé ou pas d'une émission de type Arrêt sur Images produite par la Région Poitou-Charente où officie comme Présidente du Conseil Régional la récente candidate aux Présidentielles. Une telle solution est-elle possible ?

    Dans les missions des régions, une des premières compétences exercées est celle de la formation continue.

    Donc il ne serait effectivement pas aberrant qu'une région décide qu'au lieu de financer un énième Festival, elle s'oriente vers une émission éducative de critique des médias, ce qui est de salubrité publique par les temps qui courent, et peut constituer, outre un joli coup de pub, une niche de développement économique.

    Quelques petites questions peuvent cependant se poser :
    - L'audience nationale d'une telle émission est-elle en conformité avec la compétence locale d'une Région ? Oui, puisqu'un des atouts de ce type d'opération, et dans ce cas d'une telle émission, serait justement de valoriser la Région au-delà des frontières locales, au plan national et international.
    - A-t-on raison de dire qu'il s'agit d'une TV Ségo ? Non, car dans ce cas, Ségolène Royal agirait au titre de Présidente du Conseil Régional, sa décision serait soumise à l'assemblée plénière du Conseil Régional, après analyse du projet par une Commission Culture et une Commission Budget, chargées d'en faire le cahier des charges, de préparer la décision, d'analyser le mode de financement et d'en penser l'évaluation.
    - Ce type de projet peut-il avoir un caractère "permanent" ? C'est là que le débat peut être soulevé. Ce n'est pas à proprement parler un "événement culturel", puisqu'il s'agit d'une mission continue de formation à l'analyse des médias. Dans ce cas, il faudrait penser subvention pluri-annuelle sur une délégation d'un service public, dans lequel sans doute pourrait venir se greffer plusieurs objectifs liés à la vocation "éducative" du média.
    - Et si c'est une subvention, s'agit-il de financer l'émission programmée par une TV privée, publique ? Ou bien de financer une structure ? Installée dans la Région ou si elle s'installe sur le périmètre régional, trop récente pour être subventionnée ?

    Bref, c'est un beau cas d'école. Mais qui franchement peut être résolu, pour peu que les politiques locaux se mettent d'accord.

     

    Ensuite, la question de l'indépendance, c'est la question de l'indépendance, comme Daniel Schneidermann le dit, de n'importe quel budget subventionné par un service public. Le tout étant d'avoir un cahier des charges, des missions claires, des règles du jeu d'évaluation tout aussi claires, avant de démarrer et non après.

     

    Notamment pour ce qui concerne les augmentations budgétaires, les modifications de formules d'émission, les nouveaux décors, etc., car si ce n'est pas pensé en amont, cela ne sera pas fait chaque année.

     

    Car dans les arguments des adversaires de l'émission ASI, ce qui frappe c'est que les responsables disent que l'émission n'avait pas évolué depuis 12 ans. Mais à qui la faute ? Si les dirigeants des chaînes n'ont pas innové et fait évoluer la formule ?


     


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