• La stratégie de la réussite

     

    Libé, ce matin, présente les chiffres des résultats de manière symptômatique. Il classe ensemble les 50-64 ans, ce qui ne correspond à rien du point de vue de la séparation inactifs-actifs, ou les 35-49 ans ce qui ne représente qu'incomplètement la population active. Je crois qu'il est plus logique de sortir les chiffres regroupés de la population active et de comprendre les différentes strates à l'intérieur de celle-ci, et de mettre les retraités avec les plus âgés. Il serait aussi intéressant comme je le fais ci-dessous de montrer que les professions intermédiaires (majoritairement pour Royal) sont à distinguer des cadres et des professions libérales (majoritairement pour Sarkozy), et votent différemment, car sinon on comprend que l'ensemble est pour Sarkozy (52) comme l'explique Libé, ce qui exprime une réalité tronquée.

    De l'art de présenter les chiffres pour ne pas faire apparaître les écarts dans leur réalité contrastée : Sarkozy gagne moins de créneaux CSP que Royal, mais davantage de points dans les créneaux, qu'il a choisis et où il cartonne. Preuve s'il en est de son marketing politique élitiste et preuve également qui redonne à Royal sa légitimité de femme de gauche, mais surtout sa crédibilité en tant qu'incarnant bien les valeurs de la nouvelle gauche.

    Alors, comment comprendre ces approximations de Libé ? Ceci pouvant expliquer cela, ne s'agirait-il pas de régler son compte à Ségolène Royal, dans un numéro qui titre, Gauche : la bataille commence, en validant des chiffres insuffisamment explicites ou des titres et des chroniqueurs dans Rebonds qui partent à l'assaut de la "magie" féminine, comme le dit Sibony, psychanalyste. Il y aurait d'ailleurs une étude à faire sur les positions des psys durant ces élections, le patriarcat de MM. Sibony, Melman, s'exprimant avec les poncifs du XIXème siècle, on n'est pas passé loin du débat sur le poids du cerveau des femmes.


    Il semble bien que la bataille des législatives a commencé. Qui s'y colle dans Rebonds, Monsieur Luc Le Vaillant, journaliste à Libération, et Monsieur Daniel Sibony, psychanalyste. L'un, Sibony, votant blanc, prêchant aux fidèles lecteurs bayroustes -pour le pape de l'Entre-Deux et de la sempiternelle quête de l'Autre qui n'est jamais là, voter Bayrou, cela s'imposait-, l'autre, sous-marin sans doute d'un éléphant du PS, qui utilise sa position à Libé, pour faire passer les idées de son camp. 



    Ils font des analyses partisanes. Une telle charge par le dérapage des mots, la "magie féminine", "l'illogisme", "l'autoritarisme", "l'incarnation", voire "l'incantation" pour l'un, et la "perdante", la "mère-tape-dur pour les déviants", la "Notre-Dame-de-la-compréhension pour les tourments entrepreuneuriaux" pour l'autre, montrent assez que la bataille est repartie et que dans ce domaine tous les arguments anti-femmes sont bons à prendre.
    Mais à mon sens ils mettent davantage à l'oeuvre leur haine des femmes et, accessoirement de l'une d'entre elle, que leur objectivité.

     

    Quant à Libé, le positionnement ambigu se poursuit, qui fait le jeu de la droite mais sans doute aussi le jeu du Journal. Tripler le lectorat en jouant sur les trois électorats, voilà du bel et bon business. Le jour où la nouvelle gauche aura son journal, cela clarifiera peut-être le débat.




     


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