• Le décrochage de Sarkozy

     

     

    Dans ma pratique professionnelle, je revois régulièrement des clients chaque mois, ou chaque trimestre. Je mesure ainsi de manière très intuitive les évolutions de leurs opinions, de leurs idées.

     

    En matière politique, au moment des élections présidentielles, la messe était dite, autour des tables de restaurant, pas de doute, c'était Sarkozy, l'espérance frissonnait, on allait voir ce qu'on allait voir, on sentait chez ces jeunes cadres sup dynamiques, qu'enfin ils avaient trouvé leur champion.

     

    C'était en Juin. Quand j'y suis retournée en septembre, les avis s'étaient transformés, les opinions étaient retournées. Oh bien sûr, on ne le criait pas sur les toits, mais on sentait l'énervement, l'échauffement à l'évocation du président. Entre temps, le cadeau des 13 milliards, la provocation du yacht à Malte, de la résidence aux USA, la pipolisation monegasque de l'Elysée, l'été a suffi à tempérer les ardeurs, à congeler les espoirs.

     

    D'après mon sondage Harakiri, le basculement mental a eu lieu après les vacances, puis il a fallu quatre mois pour que ce doute se transforme en certitude d'avoir été trompé, puis en ressentiment, puis en sondage négatif.

     

    C'est l'esprit provocateur et les passe-droits faits à ses amis qui ont délégitimé notre hyperprésident. Sans doute aussi et à la longue, cela se voit, le manque de programmation de cette politique. L'exemple analysé chez Jean-Michel Apathie dans son papier sur la monarchie élective, sur l'incongruité de gouvernance que représente l'annonce en janvier par exemple de la télé publique sans pub, de nommer une commission en février, alors que rien ne sera abouti avant mai. Tout semble toujours être du niveau d'un passage à l'acte.  Et il faut bien dire qu'il en a fait sa marque médiatique.

     

    Alors, accuser aujourd'hui les aigris et les revanchards de le critiquer est bien maladroit, car les aigris, c'est tout le monde, les déçus et les trompés, ce sont ses électeurs, et ils ne sont pas prêts à lui pardonner ; ils sont 70% à devenir aigri, c'est beaucoup. 

     

    Et ce qu'ils ont compris, c'est que le problème n'est pas seulement le manque de résultats du Président, c'est surtout son tempérament, sa personnalité, sa mentalité, sa psychologie. Et cela, on ne le change pas sur un claquement de doigt.

     

    Monsieur Sarkozy n'est pas entré dans une période de malchance, il s'est simplement révélé tel qu'en lui-même, et quand Pierre crie au loup aujourd'hui, on n'est plus prêt à le croire.

     

     

     

     

     


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