• Le syndrome de Broadway ou l'impossible angle droit

     

    Le syndrome de Broadway

    Une proposition du Commissariat

    Exposition du 1er juillet au 16 septembre 2007

    Carte blanche donnée par Sandra Patron,

    Directrice du Centre d'Art du Parc Saint-Léger, Centre d'Art Contemporain

    Pougues-les-Eaux

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    Le commissariat est une structure de production d'expositions d'art contemporain  fondée par quatre artistes/commissaires : Fayçal Baghriche, Matthieu Clainchard,  Dorothée Dupuis et Vincent Ganivet, et basée sur le groupement de Quatre associations, l'Entreprise culturelle,  Random Research, Rassemblement Pour  Repeindre et mayeutik, qui assurent respectivement une résidence, un atelier, un soutien à la production et la recherche de partenaires.

     

    Vous prenez le train à la Gare de Lyon, direction Nevers. Au bout de deux heures de déambulation dans la campagne, vous descendez à Pougues-les-Eaux, ancienne ville d'eau, avec parc, casino, centre de soins, usine de mise en bouteille, voués à la nostalgie du passé, s'il n'en renaissait un Centre d'Art Contemporain, le Centre d'Art du Parc Saint-Léger, dont la directrice, Sandra Patron, une ancienne de la Friche la Belle de Mai de Marseille, tient désormais les rênes pour notre plus grand plaisir.

     


    C'est Le Commissariat qui a obtenu carte blanche, pour nous livrer ce Syndrome de Broadway, le pas de côté qui met les pieds dans le plat, dans les lignes et l'épure du formalisme pour le corrompre, qui joue avec l'intention d'une radicalité des formes pour la transformer en utopie ironique, qui casse la logique consumériste et la retourne pour lui redonner du sens. Draculas du marketing et autre studio line, passez votre chemin.

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    Entre un Mathieu Mercier, qui moque nos envies de design, recomposant les étagères de nos intérieurs ordinaires comme un tableau de Mondrian, pensons à Broadway Boogie Woogie, qui a inspiré le titre de l'exposition, et Thomas Hirschhorn, qui d'un coup d'Eponges, amortit la géométrie perfectionniste par le recours aux couleurs presqu'abouties et aux matériaux humbles, introduisant le brut dans un monde de tonalités primaires, toute l'exposition est la mise en scène d'une légère distorsion, d'un nécessaire re-chaussage de lunettes pour exprimer, lire ou interpréter les formes.

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    La vidéo de Nicolas Mémain et Denis Moreau, « Le Guide Paris-Nevers », participe de ce regard, qui sur l'itinéraire qui mène à Pougues-les-Eaux, présente les grands œuvres d'architectes, sans oublier les centrales nucléaires d'éminents architectes académisés, et rend compte des formes avec le recul pince-sans-rire d'un amateur contemporain d'architecture formelle. Regrets éternels. Quel monument et quel béton, pour mériter l'admiration, résiste au temps ?

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    Tautochrome (solide#2) de Raphaël Zarka confond dans le même objet étrange de marbre et de contreplaqué bakélisé, rampe de skate et appareil de l'histoire des sciences, inventé par Galilée pour étudier la mécanique. Même perfection obsessionnelle, même utopie ou futile finalité.

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    Wolf Von Kries, dans A Story of Wall Street, retourne des affiches publicitaires pour nous permettre de découvrir leur dos, composant un monochrome bleu pâle, qui ne respecte pas le système numérique permettant d'agencer les lais. Le 5 est près du 1, l'autre 1 près du 2. Il n'y a plus de correspondance. Dans le même geste, l'artiste allemand dit à la fois combien la modernité publicitaire a récupéré les modes artistiques ou scientifiques à son propre profit, mais aussi combien le créateur a les moyens de mettre en abîme cette même modernité.

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    Ambitieux aussi l'Encombrant #09 de Nicolas Guiot, qui nous plonge dans un monde à l'échelle de Gulliver, transformant le centre d'art en chantier oblique, dont un objet géant dépasse, sans grâce ni légèreté, malgré la perfection des formes.

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    Mais c'est peut-être dans le regard désenchanté sur l'art de son temps que jette Bas Jan Ader dans quatre auto-portraits photographiques, qu'on trouve in fine l'émotion de l'artiste. Rigueur esthétique confrontée au tragique du réel, c'est l'échec de l'artiste face à son rêve d'absolu qu'il incarne là sur ces quatre photos de On the Road to a new Neoplasticism.

    Bas Jan Ader a trouvé, dans la forme même de sa disparition en mer, alors qu'il accomplissait une performance intitulée, In Search of the Miraculous, lors d'une traversée en solitaire, la limite à toute recherche esthétique totale.

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    A l'image peut-être du plan de New York, admirable géométrie des rues et avenues à angle droit, dont une seule vient casser l'ambition, Broadway Ave, vieux chemin indien situé dans une zone non-inondable de l'île de Manhattan, que la modernité n'a pas fait disparaître, et qui cogne à angle aigu sur la consumériste 5th Avenue.



    Un avant-goût de ce Syndrome de Broadway.

     

     


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