• Mina a disparu, enfin presque

    crédit photo anthropia # blog

     

     

    Mina a disparu, enfin presque, et je ne parle pas de traces d’elle dans nos conversations de voisins, qu’on s’échange pour la maintenir en vie, parce que dans ces fictions rapides, il s’agit de dire et de répéter que nous, on l’aime Mina, non, je veux dire qu’elle a disparu, nada, personne, -même pas un sac de vieux vêtements, encore que plus récemment, c’était plutôt une jolie tunique et un pull moelleux qu’elle portait-, ni ses quelques victuailles glanées au Franprix.

    Bien sûr, on pense à un sale coup de nos « amis » gouvernants, dont la politique d’acharnement, les pratiques de violences sur familles même bébés dans les centres de détention, alors que nantis, diplômés, ils auraient dû être les premiers à donner l'exemple, à prendre soin de Mina, notre amie Rom, d’autant plus ceux qui prétendent à une haute philosophie d’être, à l’éthique avec un grand H, étHique, il y a fort à parier qu’ils ont été les premiers à inspirer le premier passant venu, à souffler le vent mauvais, qui sans doute n’a rien compris, à le manipuler pour qu’ils commettent à deux, un qui décide, l’autre qui suit, ni vu ni connu j’t’embrouille, ces petits irréparables que sont la chasse aux Roms, les expulsions forcées, enfermement avec fils électriques barbelés, et pillages de leurs modestes demeures. Là, ma définition de la vulgarité.

    Certains s’en fichent de Mina, tout occupés qu’ils sont à rire entre soi, ou à, à quoi, à entrer dans le supermarché pour se nourrir le dimanche sans même lui laisser un quignon.

    Je ne leur jette pas la pierre, juste me demande ce qui les a fait passer ainsi devant Mina sans même la regarder en face, ou sans remarquer qu’elle n’y est plus ou encore lui reprocher de n’y être pas, sachant ce que certains ont fait.

    Heureusement, il y a les amis de Mina, on est quelques-uns à échanger à parité, à se sentir des Mina à notre tour, à se dire que si tu juges une Mina, c’est toutes les Mina de la terre que tu juges, et un jour ce sera toi, la Mina, et personne alors pour t’aider.

    Parce que Mina, on le sait, malgré toutes les misères qu'on lui a faites, n’est sans doute pas bien loin, elle a fait comme l’année dernière son petit tour à l’étranger ou s’occupe de son projet en douce (n’en parlerai pas, me l’a confié, à ceux qui en veulent je pourrai en dire deux mots en direct message), pour éviter la violence, ou faire donner des leçons à son fils, et retrouver ses amis dans sa langue.

    Et elle nous reviendra, assise sur son petit pan de mur blanc, grand sourire, à dire, moi aime bien vous. Parce que comme elle, nous pensons qu'il y a de la place pour tout le monde en France.

     

     


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