• Nous sommes tous des procureurs

     

     

    Tout se passe comme si nous étions entrés dans l'ère du procès, une mise en scène de justice, sans cesse représentée dans un tribunal médiatique, on accuse, on analyse les faits, on juge, on condamne ou on excuse.

     

    Le récent procès sur le pseudo SMS de Sarkozy à son ex, incriminant Airi Routier,finit sur une décision de surveillance du Nouvel Obs en ligne par Jean Daniel.

     

    Le Procès de Christine Ockrent, coupable d'avoir usé d'un ton de Procureur dans les geôles iraniennes, avec un pauvre premier ministre en prison, accusé d'avoir torturé quand il était au pouvoir, est passé récemment chez Ruquier dans On n'est pas couché, et a finalement abouti à absoudre l'accusée, car elle avait demandé à la veuve de lui pardonner. Jugement de bons sentiments,  sentences pastichées, cela ne prête pas à conséquence, il faut bien s'amuser.

     

    Un seul ne passe plus, un seul ne peut plus être excusé, c'est Nicolas Sarkozy. Lui a toujours tout faux, pour la TV sans pub, pour le correspondant Shoah, pour le prêtre supérieur à l'instituteur, pour l'exercice de la monarchie élective, pour les sectes, rien ne lui est pardonné et ses bonnes actions ne lui sont pas validées en échange. Qui s'en souvient d'ailleurs de ses bonnes décisions, y en a-t-il eues ?, c'est comme si le compteur ne servait qu'à incrémenter le négatif et pas le positif.

     

    A croire que le style Sarkozy s'est décalqué sur nous, nous sommes devenus prompts à juger, à incriminer, nous savons tout sur tout, nous faisons valoir notre avis. Mais surtout, nous trouvons un coupable à ce qui nous atteint, et un rien nous touche, donc il fait toujours coupable.

     

    Nous jouons médiatiquement une parodie de justice, tous les jours le Président passe en accusation. Il propose son hochet, et nous, en fond de court, nous reprenons chaque balle et la retournons contre son auteur. Nous avons compris, après avoir été pris de court, nous étions au filet, nous tournions en rond, nous ne savions comment faire. Nous nous sommes reculés et désormais regardons arriver la balle avec sérénité. A présent, la tactique tourne-boulante de notre hyperprésident ne nous fait plus peur.

     

    Nous avons trouvé notre bouc-émissaire, le distributeur de balles. Nous attendons que la fumée se dissipe et très vite, nous analysons son tort. Purs esprits laïcs, nous nous sommes faits instituteurs et notons toute information, évaluons toute proposition, rejetons toute décision.

     

    Comment a-t-il pu croire qu'à lui seul, il pourrait nous entourlouper ? Quelle folie d'avoir pu penser qu'il pouvait nous manipuler collectivement sans qu'on s'en aperçoive ?

     

    Mais ce faisant, il y a une chose dont on ne s'aperçoit pas, c'est que nous avons pris le style sarkozy, nous sommes à l'image de notre bouc-émissaire, nous nous indignons, nous jugeons, nous condamnons. Lui et les médias, qui ont servi d'amplificateur, ont eu cette influence sur nous, de nous transformer en des millions de clones sarkozysés

     

    Nous ne sommes pourtant pas obligés de nous comporter en procureurs excités. Il serait temps d'apprendre la zen attitude.

     

     

     

     

     


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  • Commentaires

    1
    Thierry
    Vendredi 22 Février 2008 à 18:34
    Mr. S et on
    "On" juge d'autant plus facilement qu' "on" est impuissant, je crois. Mr S. a basé sa séduction sur sa personnalité de type charismatique c'est à dire sur la manipulation par l'affect et l'identification. Je ne serais pas surpris de constater la future violence de ceux qu'il a trompés car "on" ne déteste rien de plus que ce qu'il est ou que ce qu'il fut, sans doute, par égarement. "On" l'a aimé "par méprise", "on" le châtiera par mépris.
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