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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où s'installent mes textes et billets d'art contemporain

Présentation

J'habite à Ivry, dans un loft sur jardin de bambous. Ici vous trouvez les scories de mes textes, ce qui déborde, dépasse ou mes essais-erreurs.




J'écris régulièrement des Chroniques Ivryennes, relatant mes rencontres et mes balades dans la ville.



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Dialogue à Matignon : le prix du gaz | 09 avril 2008

Liam Gillick

FIAC 2007

 

 

Saynette - novembre 2007

Dans le bureau du Premier ministre, avec le Pdt de GDF

 

"Le Premier ministre : Non, vous ne pouvez pas faire ça.

Le Pdt de GDF : Mais si, on doit augmenter de 10% nos tarifs

pour dégager les bénéfices qu'attendent nos actionnaires.

Le Premier Ministre : Mais, vous ne vous rendez pas compte,

ça va nous coûter les Municipales, ça.

Le Pdt de GDF : Qu'est-ce que vous voulez ?

Le Premier ministre : On ne pourrait pas couper la poire en deux ?

Le Pdt de GDF : Que voulez-vous dire ?

Le Premier ministre : Vous annoncez que vous voulez augmenter les tarifs du gaz de 10%.

Nous, on proteste. On vous l'interdit.

On vous dit de n'augmenter que de 4,5% en décembre, comme ça, on a le beau rôle.

on a défendu le pauvre et le précaire.

Le Pdt de GDF : oui, mais 4,5% c'est pas assez.

Le Premier ministre : mais après les Municipales, vous ferez ce que vous voulez,

vous augmenterez de 5,5% en avril, comme ça, vous aurez vos 10%.

Comme ça le compte est bon et ni vu, ni connu, j't'embrouille,

les Français auront déjà oublié.

Le Pdt de GDF : Comme vous voudrez, Monsieur le Premier ministre."

 

Déjà oublié ? Non, on est là. Monsieur le Premier ministre,

vous ne pouvez pas vous moquer de nous ainsi.

Vous le savez, les Français ont une mémoire,

les Français ne sont pas manipulables à l'envi.

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 11:19:27 dans Actualité | Commentaires (2) |

Je n'irai pas voir Bienvenue chez les Ch'tis | 07 avril 2008

Louise Bourgeois

Laur 1986-2000

Fiac 2007

Cliché Anthropia

 

 

C'est comme ça depuis longtemps, je ne vais pas voir les films du siècle, du millénaire, les films qui explosent le box-office ; les must ne sont pas pour moi.

 

Je n'ai donc pas vu Les Bronzés, ni E.T., ni Les choristes, pas non plus La Môme.

 

N'y voyez aucun ostracisme envers de nobles metteurs en scène,

je n'aurais pas non plus vu L'exorciste ou La grande vadrouille en son temps,

si cela avait été de mon âge.

 

Non, c'est purement épidermique, une pose diraient certains,

moi je dis un dégoût.

Comme devant un énorme, dégoulinant, gras à souhait,

chou à la crème.

 

Je ne supporte pas de mettre mes pas

dans les pas de millions de moutons de panurge.

 

J'espère que vous n'en êtes pas des 17 millions de spectateurs qui sont déjà

allés voir le film.

 

Si vous êtes de ceux qui aiment la queue au remonte-pente

qui vont volontiers dans les foules de jours de fêtes,

qui aiment les lendemains de championnat du monde

sur les Champs-Elysées, vous ne pouvez pas me comprendre.

 

On se comptera donc les quelques centaines de happy few.

Très happy, d'ailleurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 13:03:59 dans Absolute Wilson | Commentaires (6) |

Chronique Ivryenne XXI- Obsession | 06 avril 2008

Louise Bourgeois 

The mirror

FIAC 2007

Cliché Anthropia

 

 

Il y a d'étranges moments captés dans la foulée d'une marche en ville.

 

Ce matin, j'éveillais mes cheveux dans l'air doux d'un presqu'été.

 

En traversant, j'aperçois une voiture garée en double file,

dans la voie des bus, tous warnings clignotant.

 

Devant la voiture, une jeune femme maigre, cheveux longs chocolat,

quelque chose dans l'allure qui me fait penser à la pauvreté, l'ingrate condition.

La voiture n'est pas neuve, mais il y a voiture.

 

Ce qui me frappe d'abord c'est le mouvement répétitif qu'elle exerce

à l'aide d'un petit mouchoir

sur la carrosserie de sa voiture, porte conducteur ouverte,

elle frotte avec obsession des petites taches qui se trouvent sur le toit,

dans l'arrondi, au-dessus du cadre de porte.

 

Elle frotte une tache, puis une autre, comme si là dans la double file,

tous feux allumés, elle n'avait que ça à faire.

 

Je dis ça, parce qu'en traversant, j'ai vu un bus s'arrêter pour prendre des passagers,

il va bientôt redémarrer et fatalement, oui fatalement,

il va vouloir emprunter le couloir bus que la femme au mouchoir bloque,

avec sa voiture, porte ouverte.

 

Elle frotte, elle frotte, mais ce faisant,

je la vois glisser des regards façon derrière les paupières,

vers les fenêtres du grand immeuble, juste en face.

Des petits coups rapides.

J'ai compris : c'est pour ça qu'elle est là.

 

Ce qui m'apparaît, c'est qu'elle fait mine,

mine de rien, mine de nettoyer,

mine d'être là par hasard.

 

 

Dans l'auto, banquette arrière, un enfant emmitouflé. 

Elle est là, un dimanche matin, par hasard,

dans un couloir de bus, avec son fils bébé,

qui n'a rien d'autre à faire qu'attendre là dans l'auto,

dans son fauteuil-bébé, à regarder sa mère,

nettoyer d'hypothétiques taches

sur le cadre de la porte de la voiture.

 

Voilà. Et je me mets à supputer.

Que fait-elle ? Qui attend-elle ?

Un homme, forcément un homme.

Le père du petit. Elle sait qu'il est là.

Il est marié avec une autre.

Alors, elle l'attend, elle veut le voir.

Elle existe encore, il ne peut pas la larguer

comme ça, sans rien dire.

 

Elle vient avec le petit,

qu'elle a habillé en quatrième vitesse ce matin,

parce qu'il fallait qu'elle voie son homme,

et qu'il n'y a personne pour le garder.

 

Lui ne donne plus signe.

Il n'appelle plus. Il laisse son répondeur sonner dans le vide.

Elle n'a même plus accès à la boîte vocale.

 

Alors, elle est là.

Et aucun bus, aucun regard de passante, aucun cri d'enfant,

ne saurait avoir raison de son obsessionnelle attente nettoyante.

 

C'est cela l'air de pauvreté qu'elle porte sur elle,

c'est celle de l'esprit ;

on regarde partout en quête de quelque chose

et y a rien.

C'est l'air de la folie.

Une Lucia, qui attend et qui frotte.

 

Finalement, elle capitule, je me suis retournée, deux fois le bus a klaxonné,

place au public, à la transportation,

la femme est dans son tort, elle doit céder le passage,

et même le libérer, dégagez, y a rien à voir.

 

La femme n'est pas à sa place, elle doit quitter, séance tenante.

Et je la vois remonter dans la voiture,

avec nonchalance, l'indifférence de la solitude,

que rien n'atteint.

 

Elle va se garer dans la rue adjacente.

Le bus la houspille, long klaxon de culpabilisation.

 

Elle reste dans la voiture, elle regarde obsédée,

vers l'entrée de l'immeuble.

 


Elle attendra toute la matinée s'il le faut et même l'après-midi.

 

Mais peut-être, attend-elle simplement son homme passé chez sa mère,

pour le bonjour du dimanche.

Et la nervosité n'est que la relation tendue

à la belle-mère, sujet de conflits.

 

Ou bien est-ce sa soeur qui va chercher quelques effets chez son amant

qu'elle vient de quitter. Et la soeur craint le pire, un acte violent.

 

Que valent quelques secondes pour découvrir un être ?

 

On ne sait jamais en voyant une femme nettoyer,

ce qu'elle cherche à effacer.

A part la tache.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 14:37:00 dans Chroniques Ivryennes | Commentaires (3) |

Pour un dimanche jaune | 06 avril 2008

John Boldessari

Kneeselbow (with bottle) (détail)

Fiac 2007

Cliché Anthropia

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 05:39:21 dans Pour les dimanches jaunes | Commentaires (0) |

Pour un dimanche jaune | 06 avril 2008

John Baldessari

Knees (détail)

Fiac 2007

Cliché Anthropia

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 05:36:53 dans Pour les dimanches jaunes | Commentaires (0) |

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