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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où s'installent mes textes et billets d'art contemporain

Présentation

J'habite à Ivry, dans un loft sur jardin de bambous. Ici vous trouvez les scories de mes textes, ce qui déborde, dépasse ou mes essais-erreurs.




J'écris régulièrement des Chroniques Ivryennes, relatant mes rencontres et mes balades dans la ville.



Suite en bas de page, page 1, 2, etc.




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Le pont rouge | 28 mars 2008

Cliché Anthropia



















Publié par Anthropia à 19:57:22 dans Ponts | Commentaires (0) |

L'Habilleuse de la Reine | 26 mars 2008

Jacques Chirac et la reine Elizabeth II pendant une cérémonie officielle
sur les Champs-Elysees, à Paris, le 5 avril 2004.
 
AFP/JOEL SAGET
In Le Post de Guy Birenbaum de ce jour

 

 


Il était une fois dans un Royaume lointain une jeune fille à qui on avait confié la lourde responsabilité de s'occuper d'une vieille dame noble de la cour. Il se trouve que la dame était Reine, on l'appelait Reine-Mère, et la jeune fille, Cinderella, son assistante de vie, qu'on nommait sous ces contrées, l'Habilleuse de la Reine.


Chez Madame Leroy ou Monsieur Sang-bleu, les Sandra en arrivant le matin ouvrent grand les fenêtres, puis s'occupent de la toilette, lavent sous la douche, frictionnent à l'eau de Cologne, en stimulant par de tonitruants, allez, et maintenant, on s'habille. Mais la Costumière royale se devait d'être discrète. Chez elle, on appréciait les yeux baissés, les manières douces, les mains élégantes et la grâce ancillaire.  


La royale servante était logée chez l'habitant. Au Palais, elle occupait une chambre sous les toits. L'Habilleuse de la Reine vivait, excusez du peu, dans un appartement de 300m2.  


Car le sanctuaire de l'assistante de vie de la Reine comportait un énorme vestiaire, vêtements d'hiver, vêtements d'été, accessoires, chapeaux, gants, ceintures et sacs à main,  bijoux et objets du quotidien, le menu trousseau d'une sérénissime. On peut donc dire sans médire que Cinderella dormait dans un placard, envahi des parures les plus belles qu'elle entretenait avec zèle, toute dévouée à son rôle : habiller et déshabiller la Reine-Mère.


Tôt de bon matin, elle renforçait la couture d'un bouton qui menaçait lâcher ; et dans l'après-midi, s'empressait de retrouver le petit diamant qui manquait à la parure de la robe que son Impatience voulait porter le soir.


La jeune fille, dont je parle, avait trouvé le poste dans les petites annonces d'un journal local. Ancienne costumière de théâtre, elle se trouvait être la petite-fille d'une gouvernante des enfants d'un Roi d'un Royaume voisin, elle avait donc tout naturellement postulé et s'était retrouvée employée plus vite qu'elle ne l'eût imaginé.


Et la ritournelle des jours et des saisons s'était mise en route. Vêtir et dévêtir la Reine, le matin retirer ses vêtements de nuit, puis lui présenter ses sous-vêtements, les collants, les pulls, les blouses, les jupes, les cardigans. En bref, le quotidien d'une habilleuse.


Le quotidien, oui. Mais ce qui la tourmentait, le détail qui la hantait, c'était que le corps qu'elle touchait était celui de la Reine. Et on ne doit pas toucher le corps de la Reine. La Reine jamais n'oubliait qu'elle était la Reine. Il fallait donc en l'habillant réussir ce prodige de ne pas laisser ses doigts au contact de sa peau. Comment faire enfiler ses collants à une Reine sans même l'effleurer ? Nul ne saurait y parvenir. Mais Cinderella trouvait des subterfuges. Ne pas la regarder dans les yeux, faire des petits gestes rapides, construire la chose comme un ballet, elle présentait ouvert, le pied du collant, comme une bouche goulue, la gaine de la jambe étant pliée gondolée. Le pied cambré s'y engouffrait. Et vite Cinderella tirait, légère, légère, pour que la Reine ne sente rien. Et ma foi, la Reine n'y trouvait rien à redire.


Pourtant Dieu sait si la Reine était exigeante. Elle perdait régulièrement lunettes, pochette, livre, en incriminait tout ce que la valetaille comptait de fidèles serviteurs. L'Habilleuse échappait à la règle. Fille de bonne famille, noble elle-même, elle avait quelque chose de plus que les autres n'avaient pas.



Un jour, dans l'Abbaye où elle avait été autorisée à s'asseoir, à l'occasion d'une cérémonie où la Reine-Mère au bras de son petit-fils remontait l'allée centrale, Cinderella avait ressenti toute la puissance de sa position. Quand la Reine-Mère l'avait frôlée, à son passage, celle-ci avait humé et reconnu l'odeur de vieille, l'odeur qu'elle fréquentait au jour le jour, les algues aigres de l'âge, les arômes de sueur mélangés aux essences rares, les acidités, l'odeur d'un corps qu'elle connaissait par cœur. Elle en avait fermé les yeux, tant elle éprouvait une forme de triomphe, en ce qu'elle seule connaissait l'intime de la Reine, maîtresse de cette carte du tendre corps.



Mais, sitôt éprouvé, le vertige de cet insigne privilège l'avait saisi, CInderella s'en effraya. Car elle avait appris que la Reine jamais ne cédait d'un iota de sa royale suprématie et qu'il ne fallait pas, au grand jamais jamais, qu'elle fût prise en défaut d'humer. Elle se devait de fermer les narines, d'oublier l'haleine. Elle jouissait dans le déduit de l'éphémère instant. Car tel était l'interdit absolu : la Reine ne transpire pas, la Reine ne révèle pas le parfum du grand âge. Pas de lèse-majesté, verboten de sentir ; la Royale Habilleuse savait qu'elle devait lui cacher l'intense émotion qui la saisissait.

(à demain)
















 

Publié par Anthropia à 11:59:06 dans Cinderella | Commentaires (0) |

On commence quand ? | 26 mars 2008

Chantier interdit

Cliché Anthropia

 

Une amie artiste arrive de Londres et constate que tout a augmenté.

Que pour la première fois, elle doit compter ses sous lors de ses achats à Paris.

 

Tout augmente. La SNCF va augmenter ses tarifs de TGV. Gaz de France a négocié son augmentation.

Les péages sont à un niveau exhorbitant.

Je viens d'acheter du pain complet, un petit, 1,55 euro (plus de 10 francs).

Un filet d'oranges à Monoprix, 3,20 euros (presque 20 francs le kilo), dont deux immangeables, sèches (suite à congélation ?).

Le paquet de pâtes, n'en parlons pas. Et Total vient de me facturer 1,48 euro le litre de sans plomb.

Nous nous apprêtons à une augmentation des loyers historique, fondée sur l'indice du coût de la vie, soi-disant pour améliorer les choses.

 

Alors, je me demande ce que Fillon fait et quand il compte prendre des mesures en faveur du pouvoir d'achat.

Je ne parle pas d'augmentation de la TVA ou de l'application du rapport Attali, supposé relancer la croissance.

Non, je parle de BAISSE DES PRIX, de décisions sur la limitation des prix des produits du panier de la ménagère, de limitation du tarif de l'essence.

 

Je parle de ça, parce que si notre vote n'a pas suffi, il ne faudrait pas que nous ayons à demander de la brioche à La Lanterne.







 

 

Publié par Anthropia à 10:04:04 dans Actualité | Commentaires (0) |

Extinction de voix/e | 25 mars 2008

Tradutore, tradditore

La rue des Juifs

Cliché Anthropia

 

 

Quand le Président se met à parler mezzo voce, il devient inaudible.

Sa récente intervention sur la Chine,

où il "appelle Hu Jintao à la retenue et à la fin des violences par le dialogue",

est ô combien en contradiction avec ses slogans tronituants de candidat

à la présidentielle, on verrait ce qu'on verrait, sa politique étrangère

saurait rappeler à chacun l'importance des droits de l'homme.

 

Où est donc passé le matamore ? Il a vendu un verbe haut et sûr de lui,

il ne tient qu'un mollasson ton de sénateur, façon langue de bois et tête de veau.

 

La promesse, ce qui au-delà du story telling,

est le contenu sous-jacent d'un message politique,

est passée à la trappe avec les discours offensifs.

 

Sarkozy vient d'appliquer à son homologue chinois

ce que ses conseillers ne cessent de lui dire :

Faites donc preuve de retenue.

 

Mais ce faisant il déstabilise ses électeurs, afficionados de ses rodomontades.

Comme le dit Juppé, ce jour, "nous demandons aux Chinois de tuer avec retenue".

 

Ah qu'il est difficile de tenir une ligne de crête aussi étroite, 

quand on est le berger du peuple de France.








 

 




 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 12:41:02 dans Actualité | Commentaires (0) |

Débris de semaine 6 - Dans la jungle | 23 mars 2008

L'homme de pierre sur le toit

Cliché Anthropia

 

Lundi

Un groupe de fauves dans l'arène. Ils me tournent autour, prennent la parole chacun leur tour.

Outrecuidance, spectacle, le lion et sa crinière, le tigre rapide, le vieil éléphant.

Je suis dompteuse de profession.

Mais là, je fatigue.

 

Lundi soir

Je prends la route. J'entre dans la nuit.

Impression d'un temps qui ralentit, qui m'enveloppe.

J'aime le danger de la nuit, dans la jungle de la pensée.

 

Mercredi

Téléconférence depuis la chambre d'hôtel. Choisir l'arrière-plan.

J'évite le fonds avec lit, le fonds avec porte sur laquelle les tarifs sont affichés,

et le fonds avec fenêtre (contre-jour).

Ne reste qu'un tout petit angle entre la salle de bain et la chambre.

 

Mercredi

Rien de plus pour la journée.

Visite de la fabrique de papiers peints chez Zuber à Rixheim.

Des fresques coloniales, qu'on n'a pas le droit de photographier.

De longs panoramiques qui garnissaient les murs des salons de la haute-bourgeoisie.

 

Des indigènes nus cachés derrière des bambous, quelques bêtes sauvages,

 

des femmes en robes à crinolines, des maisons blanches à baldaquins.



Notre Occident a tant fantasmé sur les corps basanés et nus des autochtones.

 

Mercredi

Recherche sur Justine, la petite morte de 1917.

Retrouvée. Morte, je veux dire. Morte en Alsace.

On m'avait dit qu'elle était morte ailleurs.

En Allemagne, de faim, à neuf ans.

Pourquoi cette légende familiale ?

Je voulais savoir où elle était morte. J'ai la réponse à ma question.

Mais comme d'habitude, la réponse cache d'autres questions.

 

 

 

 

 









 

Publié par Anthropia à 12:15:38 dans Débris de semaine | Commentaires (21) |

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