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Anthropia

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Le renard s'en saisit | 14 octobre 2009

Fiac 2007

Crédit photo Anthropia



Vers six heures ce matin,

j'ai appris que si mon avion ne décollait pas,

et moi ne décolérais pas,

c'était pour cause de grève de Servisair.

En allant discuter avec les grèvistes,

j'ai appris que leur société s'était vue

retirer sa licence, par le Ministère des Transports,

des mauvais résultats financiers, non,

une mauvaise qualité de service, non,

non, juste, qu'on a donné la licence

à une autre société, Europeonline,

des amis de certains en haut lieu,

parait-il.

 

Et que les salariés de Servisair

ne sont pas repris, pas tous,

pas tout de suite.

 

Ayant raté deux jours de boulot,

m'étant levé de bonne heure

pour gagner ma vie,

je me dis que le libéralisme à la Sarkozy,

n'est pas de faire entrer les renards libres dans le poulailler libre,

mais de mettre l'Etat au service des renards.

 

On le voit à tous les étages ces temps-ci.

 

 

 

Publié par Anthropia à 16:29:22 dans Actualité | Commentaires (0) |

Jean sans légitimité, pas sans terre | 13 octobre 2009

Les formes du travail

Crédit photo Anthropia




L'annonce de l'imminente nomination de Jean Sarkozy

à la tête d'un des plus grands pôles d'affaire en Europe

ne semble pas choquer les élus UMP qui s'expriment à ce sujet.

Fillon parle d'élection, comme si la prise de fonction à l'EPAD

découlait naturellement de son élection

comme conseiller général

et de sa nomination comme chef de l'UMP

dans les Hauts de Seine.

 

On ne peut nier que Jean Sarkozy a été élu

à la régulière comme conseiller général,

encore qu'on pourrait argumenter,

ce n'était pas du suffrage universel direct,

il n'a pas visé la mairie de Neuilly,

s'est fait élire par les grands électeurs,

amis de son père.

Et ce qu'il est devenu depuis cette élection

n'a pas davantage à voir avec la légitimité politique.

Son catapultage à la tête du groupe UMP

du Conseil général

n'est en général obtenu par les élus

qu'au terme d'une longue vie politique ;

sur leur tête on voit davantage de

cheveux blancs que de boucles blondes.

Et même si des manoeuvres y sont nécessaires,

il y faut aussi de la maturité et de

l'expérience pour y parvenir.

 

Ce qui se passe ici n'a donc pas à voir avec la récompense d'un parcours

mais avec le court-circuitage d'un pouvoir

qui s'impose à tous sur les Hauts de Seine.

Du temps de Pasqua déjà, ceux qui mégotaient avec ses oukazes

savaient qu'on était avec lui ou contre lui,

beaucoup s'en sont mordus les doigts.

Cette règle semble avoir perduré avec le successeur,

Nicolas Sarkozy.

Les Umpistes n'y trouvent

aucun népotisme, parce qu'ils sont habitués

à ces fonctionnements arbitraires ;

ils sont comme vissés aux vassaux, qui n'y voient pas à mal.

 

Sans oublier que chez eux,

le cumul des mandats va de soi.

On est Président du conseil général,

Président de la SEM locale,

Président de l'EPAD,

Président du groupe UMP,

c'est comme une voie royale,

vous trustez tous les postes.

 

Dans le cas qui nous occupe,

ce que sous-entend cette désignation,

c'est que le conseil général des Hauts-de-Seine

sait déjà qu'il votera pour Jean Sarkozy

comme Président du Conseil général.

Que tout cela est d'ores et déjà organisé.

 

Pourtant l'exercice voit sa limite dans le fait d'offrir sur un plateau

le poste de Président de l'EPAD à un godelureau de 23 ans.

Oui, car là, c'est de business dont il s'agit,

les chefs d'entreprise de La Défense sont-ils prêts à admettre

qu'un djeun les représente, négocie avec les vieux crocodiles

que sont les promoteurs immobiliers,

fréquente le monde des affaires du monde entier ?

 

Qui a fréquenté les conseils d'administration dans sa jeunesse

sait combien il est difficile de s'imposer

face à un aéropage de têtes argentées.

C'est simple, la parole ne porte pas,

les gens ne relèvent pas la tête,

n'interrompent pas leurs a-parte,

quand un jeune parle,

on sent qu'il n'a pas les reins solides,

qu'il n'a qu'en superficie le discours juridico-technique.

 

On peut le regretter,

trouver que c'est de l'anti-jeunisme,

le fait est que c'est une réalité.

Dans mon métier, j'ai constaté

que passé un certain âge, tout en étant une femme,

je trouvais l'intérêt dans le regard des autres,

du simple fait d'avoir quelques années de plus.

 

C'est pour cela que plus de 40 000 personnes

ont signé une pétition,

parce qu'on n'a pas la vision nécessaire

ni la reconnaissance de ses interlocuteurs,

à ce poste à cet âge-là.

Et même si cet homme ne s'appelait pas

Jean Sarkozy, ce serait vrai de n'importe

quel homme de cet âge.

 

Pour finir, mais doit-on s'en étonner,

après ce qui précède,

le poste ne fait l'objet d'aucune contre-proposition,

aucun homme chevronné

ne se présente pour occuper le poste.

Par peur des conséquences ?

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 10:32:59 dans Actualité | Commentaires (0) |

Trash TV | 11 octobre 2009

Tony Oursler

Star

2005

Crédit photo Anthropia

Il y a quelques années encore, nous l’entendions fréquemment sur nos antennes, les médias français s’indignaient de ce que la vie privée des politiques et des people était dévoilée sur la place publique… en Grande-Bretagne. C’était une honte, on ne verrait jamais ça en France. Il s’agissait là d’une différence de principe : nos médias savaient où s’arrêter, les leurs étaient trashs.

 

Ce qui s’est passé cette semaine en France marque un point de non-retour. Un ministre de la République est venu recevoir la fessée au salon, devant maman et toute la famille. Il a dû s’expliquer sur le moindre détail, tourisme sexuel, l’âge des jeunes garçons, nous étions à la reluque, effrayés de voir ce que nous voyions, sachant que cela pouvait bientôt tomber sur n’importe qui, n’importe quand, peut-être demain dans nos entreprises, avez-vous des relations sexuelles avec des jeunes gens, pratiquez-vous le tourisme sexuel, mais nous étions bien au chaud derrière nos téléviseurs et maman s’occupait de tout, alors n’est-ce pas, l’exercice de repentance devant la grande Torquemada nous allait bien.

 

Et je ne dis pas ça pour exonérer quiconque du respect de la loi, je le dis parce qu’il y a deux affaires dans l’affaire Mitterrand, la première, ce qu’il a fait ou pas, la seconde, ce que font les médias, enfourchant le balai de la sorcière, Marine Le Pen.

 

Et comme si l’effet de seuil une fois franchi, les bondes étaient ouvertes, voici que rien ne s’arrête, qu’on va désormais interroger chaque détail de la vie de chacun. On va bien sûr poursuivre la traque du ministre, cette fois pour des témoignages qu’il aurait fait en faveur de jeunes, accusés de viol, et tenter de trouver d’autres affaires aussi croustillantes.

 

Hier soir, dans On n’est pas couché, sur France 2, c’était la fête à Pascal Bruckner. Zémour, qui ne connait de l’amour que les quatre dernières lettres du mot, s’est tranquillement mis à insulter Bruckner, vous ne baisez pas, vous êtes le Bayrou du cul, comme ça, parce qu’il fallait bien se taper quelqu’un, faut du buzz, ricci, faut du buzz. Et Bruckner, sommé de parler de sa vie sexuelle, c’est ceux qui en parlent le plus qui en font le moins, Bruckner donc, à la  tâche, tentant d’articuler un discours élégant, une pensée subtile, dans un monde de bruts, face aux nettoyeurs de la pensée complexe. C’était violent, mesquin, épais, et de voir que Naulleau se mêlait à ça sans remord, sans regret, prolongeant la curée, m’a donné envie de vomir. Et Ruquier, d’ordinaire plus fin, laissait le taureau aux muletas trop content de ne pas se salir les mains.

 

Hier soir, comme peu souvent, j’ai compris que la TV corrompt. Qui l’ignore aujourd’hui, mais là, j’ai vu en direct le processus se dérouler. Comme la politique, la TV corrompt l’âme, elle fait oublier le chronomètre de soi, elle fait naître la langue fourchue du serpent, la langue de pute, celle qui avilit celui qui la parle. J’ai vu Naulleau rire avec les loups et enterrer sans scrupule une tentative de penser, j’ai vu les autres se repaître du spectacle en ricanant. Quelque chose de mauvais, le mal, a gagné le plateau. L’émission bon enfant s’est pourrie sur place, sous mes yeux.

 

Comme l’a dit un peu plus tôt Ruquier, bienvenue chez Ardisson.

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 11:28:48 dans Actualité | Commentaires (0) |

Docteur Faustus | 10 octobre 2009

Heinrich Luber

Performance Herr Krebs

Singer Robert Koller, bariton

Stampa

Crédit photo Anthropia

 

Elle allait repartir, quand elle aperçut une ombre sur la dalle de marbre clair, et en se retournant elle le découvrit, tout d’une pièce, un homme grand, au chapeau de feutre, un costume à rayures un peu trop larges, la veste à rebords, elle hésitait à qualifier l’allure générale, était-ce vulgaire ou élégant, de fon faiseur certes, mais ce fil rouge n’avait-il pas un côté mafioso ? La cravate chamarrée rouge ne départageait rien. Ni son visage d’ailleurs, la peau légèrement burinée, les traits creusés, le menton à la serpe. Il fit mine de soulever son chapeau, elle sourit, la vieille école, le charme des messieurs dragueurs. Puis il se présenta. Philippe de Condillac. Et elle sût qu’il jouait sur tous les tableaux, la classe des élégants, des princes et le trouble subtile des mauvais garçons trop bien habillés pour être honnêtes.

 

C’est quand il sourit qu’elle comprit. Un sourire qui emportait tout, tout de suite elle le sût, qu’accepter d’entrer dans son sourire, ou plutôt que vouloir prendre dans son regard l’éclat des yeux et la blancheur des dents, c’était se condamner, la jouissance était toute là, donnée, elle ne savait résister à cette offre, elle n’avait jamais su, elle entrait dans le regard, tournoyait dans le vortex de cet œil qui l’absorbait de sa présence ouateuse ; comme on dit, elle s’y noyait, elle n’avait jamais su nager dans les yeux de séduction. Non, il aurait fallu être aveugle, biaiser, jeter ses deux yeux de côté, dans le fossé. Ne pas regarder sinon vous êtes prise. Et elle regarda.

 

 

 

Publié par Anthropia à 21:52:54 dans Mes nouvelles | Commentaires (0) |

Eyes on the bridge | 07 octobre 2009

JR

Women are heroes

Crédit photo Anthropia 






Publié par Anthropia à 12:58:02 dans Art contemporain | Commentaires (0) |

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