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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où s'installent mes textes et billets d'art contemporain

Présentation

J'habite à Ivry, dans un loft sur jardin de bambous. Ici vous trouvez les scories de mes textes, ce qui déborde, dépasse ou mes essais-erreurs.




J'écris régulièrement des Chroniques Ivryennes, relatant mes rencontres et mes balades dans la ville.



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Les formes du travail | 22 février 2008

Damien Beguet

Artiste contemporain qui s'intéresse au monde du travail

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 10:06:54 dans Art contemporain | Commentaires (0) |

Nous sommes tous des procureurs | 22 février 2008

 

 

Tout se passe comme si nous étions entrés dans l'ère du procès, une mise en scène de justice, sans cesse représentée dans un tribunal médiatique, on accuse, on analyse les faits, on juge, on condamne ou on excuse.

 

Le récent procès sur le pseudo SMS de Sarkozy à son ex, incriminant Airi Routier,finit sur une décision de surveillance du Nouvel Obs en ligne par Jean Daniel.

 

Le Procès de Christine Ockrent, coupable d'avoir usé d'un ton de Procureur dans les geôles iraniennes, avec un pauvre premier ministre en prison, accusé d'avoir torturé quand il était au pouvoir, est passé récemment chez Ruquier dans On n'est pas couché, et a finalement abouti à absoudre l'accusée, car elle avait demandé à la veuve de lui pardonner. Jugement de bons sentiments,  sentences pastichées, cela ne prête pas à conséquence, il faut bien s'amuser.

 

Un seul ne passe plus, un seul ne peut plus être excusé, c'est Nicolas Sarkozy. Lui a toujours tout faux, pour la TV sans pub, pour le correspondant Shoah, pour le prêtre supérieur à l'instituteur, pour l'exercice de la monarchie élective, pour les sectes, rien ne lui est pardonné et ses bonnes actions ne lui sont pas validées en échange. Qui s'en souvient d'ailleurs de ses bonnes décisions, y en a-t-il eues ?, c'est comme si le compteur ne servait qu'à incrémenter le négatif et pas le positif.

 

A croire que le style Sarkozy s'est décalqué sur nous, nous sommes devenus prompts à juger, à incriminer, nous savons tout sur tout, nous faisons valoir notre avis. Mais surtout, nous trouvons un coupable à ce qui nous atteint, et un rien nous touche, donc il fait toujours coupable.

 

Nous jouons médiatiquement une parodie de justice, tous les jours le Président passe en accusation. Il propose son hochet, et nous, en fond de court, nous reprenons chaque balle et la retournons contre son auteur. Nous avons compris, après avoir été pris de court, nous étions au filet, nous tournions en rond, nous ne savions comment faire. Nous nous sommes reculés et désormais regardons arriver la balle avec sérénité. A présent, la tactique tourne-boulante de notre hyperprésident ne nous fait plus peur.

 

Nous avons trouvé notre bouc-émissaire, le distributeur de balles. Nous attendons que la fumée se dissipe et très vite, nous analysons son tort. Purs esprits laïcs, nous nous sommes faits instituteurs et notons toute information, évaluons toute proposition, rejetons toute décision.

 

Comment a-t-il pu croire qu'à lui seul, il pourrait nous entourlouper ? Quelle folie d'avoir pu penser qu'il pouvait nous manipuler collectivement sans qu'on s'en aperçoive ?

 

Mais ce faisant, il y a une chose dont on ne s'aperçoit pas, c'est que nous avons pris le style sarkozy, nous sommes à l'image de notre bouc-émissaire, nous nous indignons, nous jugeons, nous condamnons. Lui et les médias, qui ont servi d'amplificateur, ont eu cette influence sur nous, de nous transformer en des millions de clones sarkozysés

 

Nous ne sommes pourtant pas obligés de nous comporter en procureurs excités. Il serait temps d'apprendre la zen attitude.

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 10:02:06 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (1) |

Le décrochage de Sarkozy | 21 février 2008

 

 

Dans ma pratique professionnelle, je revois régulièrement des clients chaque mois, ou chaque trimestre. Je mesure ainsi de manière très intuitive les évolutions de leurs opinions, de leurs idées.

 

En matière politique, au moment des élections présidentielles, la messe était dite, autour des tables de restaurant, pas de doute, c'était Sarkozy, l'espérance frissonnait, on allait voir ce qu'on allait voir, on sentait chez ces jeunes cadres sup dynamiques, qu'enfin ils avaient trouvé leur champion.

 

C'était en Juin. Quand j'y suis retournée en septembre, les avis s'étaient transformés, les opinions étaient retournées. Oh bien sûr, on ne le criait pas sur les toits, mais on sentait l'énervement, l'échauffement à l'évocation du président. Entre temps, le cadeau des 13 milliards, la provocation du yacht à Malte, de la résidence aux USA, la pipolisation monegasque de l'Elysée, l'été a suffi à tempérer les ardeurs, à congeler les espoirs.

 

D'après mon sondage Harakiri, le basculement mental a eu lieu après les vacances, puis il a fallu quatre mois pour que ce doute se transforme en certitude d'avoir été trompé, puis en ressentiment, puis en sondage négatif.

 

C'est l'esprit provocateur et les passe-droits faits à ses amis qui ont délégitimé notre hyperprésident. Sans doute aussi et à la longue, cela se voit, le manque de programmation de cette politique. L'exemple analysé chez Jean-Michel Apathie dans son papier sur la monarchie élective, sur l'incongruité de gouvernance que représente l'annonce en janvier par exemple de la télé publique sans pub, de nommer une commission en février, alors que rien ne sera abouti avant mai. Tout semble toujours être du niveau d'un passage à l'acte.  Et il faut bien dire qu'il en a fait sa marque médiatique.

 

Alors, accuser aujourd'hui les aigris et les revanchards de le critiquer est bien maladroit, car les aigris, c'est tout le monde, les déçus et les trompés, ce sont ses électeurs, et ils ne sont pas prêts à lui pardonner ; ils sont 70% à devenir aigri, c'est beaucoup. 

 

Et ce qu'ils ont compris, c'est que le problème n'est pas seulement le manque de résultats du Président, c'est surtout son tempérament, sa personnalité, sa mentalité, sa psychologie. Et cela, on ne le change pas sur un claquement de doigt.

 

Monsieur Sarkozy n'est pas entré dans une période de malchance, il s'est simplement révélé tel qu'en lui-même, et quand Pierre crie au loup aujourd'hui, on n'est plus prêt à le croire.

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 10:57:53 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

Une nouvelle ligne Maginot ? | 19 février 2008

Photo du site Alternet

 

Les Etats-Unis seraient-ils en train de breveter un nouveau modèle de mur, au format révolutionnaire ?

 

Selon un article mis en ligne ce jour par le site Alternet (un site d'information alternatif américain) et publié dans le Texas Observer, sous la signature de Melissa del Bosque, on apprend que le fameux mur mexicain, supposé installer une frontière imprenable le long de la frontière américo-mexicaine, n'est pas la muraille Fort-Chabrol qu'on imagine.

 

En effet, Eloisa Tamez, une femme simple de 72 ans, habitant pour son malheur le long de la frontière, se demande pourquoi le mur, dont le tracé vient couper sa propriété en deux, détruisant du même coup sa maison, s'interrompt soudain sur la propriété voisine occupée par un golf.

 

S'il s'agit d'un objectif de sécurité, un enjeu public supposé stopper l'immigration illégale, pourquoi construire un rempart interruptus. Que vaut ce mur, s'il n'est pas continu ?

 

Et me revient en mémoire, cette forteresse imprenable, derrière laquelle se réfugiaient les politiques d'une autre époque, celle qui garantissait la sécurité des frontières, et qui fut contournée en quelques semaines par les soldats allemands, la fameuse ligne Maginot.

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 18:30:12 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

Coupage de cheveux en 4X4 ? | 19 février 2008

Grid 4x4

 

Une vidéo passe en boucle sur internet. Elle a été réalisée par Jérémy Sahel, journaliste et blogueur de son état sur une réunion de citoyens au statut, quelque peu hybride, de conférence autour de M. Stephanovitch, auteur d'un livre sur Delanoë, organisée dans une librairie par un candidat aux Municipales, M. Cavada.

 

Qu'en penser ? L'auteur tente une critique de Delanoé, qui passe par la mise en examen des augmentations de subventions aux associations d'homosexuels (on l'a peu relevé), et qui s'étale sur les associations juives, notamment des anciens des camps de concentration, dont on dit qu'elles touchent des subventions indues. S'en suit un débat surréaliste sur la représentativité des associations, sont-elles composées d'anciens des camps, il y en a de moins en moins, combien sont-ils ?, ont-ils la même activité, pourquoi octroie-t-on des subventions différentes selon que c'est une association de déportés de Dachau ou de Buchenvald ?

 

Bref, un débat qu'on aurait pu avoir sur n'importe quelle association, oui mais voilà, ici on parle des Juifs. Pour intervenir dans des collectivités locales, je peux vous dire que c'est un serpent du Loch Ness, cette affaire-là. Des collectivités écrivent des rapports, des référentiels, des critérologies, des tonnes de littérature, juste pour clarifier la politique de subvention des élus. Combien donner à qui ? C'est un débat vieux comme le népostisme. Entre 'faut-il donner au sportifs et quid des sportifs de haut niveau', et 'combien donner à une association, qui ne représente qu'elle-même, mais qui joue une réelle influence dans le paysage public', en passant par 'faut-il aider une association qui n'est pas sur le territoire, mais dont l'action est utile', le choix n'est pas facile et on finit généralement par y répondre électoralement, il faut bien le reconnaître, à gauche comme à droite.

 

Si le débat associatif ne me choque pas en période pré-municipale, le fait qu'on le fasse porter sur des associations d'anciens déportés, dont le conférencier se demande quelle est leur légitimité (faut-il payer la subvention selon le nombre de déportés encore présents, l'aura de leur action, etc), est déjà glauque d'après moi.

 

Et on continue jusqu'à ce micro-dérapage, que je vous invite à visionner, où notre auteur, poussé dans ses retranchements, très inconscients sûrement, introduit l'idée que le financement des écoles confessionnelles loubavitch est critiquable, parce qu'elles ne sont pas oecuméniques, réservées aux membres (ce n'est pas dit comme ça, mais c'est cela que cela veut dire) et on finit sur l'idée que les 4x4 (sous-entendu "tous les Juifs sont riches" bloquent les rues et provoquent des embouteillages devant les sus-dites écoles). "Ils nous bloquent tout et polluent". Et là cela devient carrément nauséabond.

 

La seule question qui reste : ce débat est-il passible d'une accusation d'antisémitisme ? Et le fait que des gens donnent la réplique rend-il plus supportable qu'on débatte ce sujet à la loupe ? Qu'on ne s'y méprenne pas, le débat sur les critères de subventionnement a lieu d'être, mais pourquoi faut-il qu'il porte sur ce thème-là, justement ? N'importe quelle association a sa raison d'être, représente des intérêts particuliers. Et s'il s'agit de défendre la laïcité contre le financement des religions, on peut rappeler que la séparation de l'église et de l'Etat n'est pas l'éradication de la religion : elle permet que les citoyens puissent vivre avec leurs convictions. Je ne vois pas la différence entre subventionner une école de sportifs et aider une école privée confessionnelle sous contrat, qu'elle soit loubavitch ou pas, pour peu qu'elle respecte sa convention avec la collectivité. (Et franchement pour qui me connaît, ce n'est pas ma cup of tea).

 

Mais évidemment, il s'agit là d'une mise en cause à deux temps, l'auteur incrimine in fine le fameux "vote juif". Et c'est aussi là que l'antisémitisme, traitant "tous les Juifs comme un seul vote", est latent, sinon patent. Pour un élu, toute personne qu'il soutient est un vote potentiel, on ne parle pourtant pas du vote des sportifs, comme on parle de celui de cette confession. Parce qu'on leur reconnaît une capacité de s'émanciper dans leur vote, ce qu'on refuse aux autres, accusés de tous voter dans le même sac.

 

Enfin, et ce n'est pas la moindre des questions que pose cette vidéo, Monsieur Cavada a-t-il eu raison de se taire, de ne pas recadrer le débat, pour éviter le risque de dérapage. Ne doit-on pas, quand on est un homme politique responsable, intervenir. Quand en plus, ce débat était parfaitement possible sur d'autres types d'association, on se demande quelle intention maline a incité Monsieur Cavada à laisser dire.

 

Dernière minute

L'auteur de ce faux-pas, sur le site d'@si, reconnaît volontiers qu'il est allé trop loin, mais dit dans la même phrase que, la prochaine fois, il ne laissera pas une caméra entrer (pour être plus libre de dire ce qu'il pense ?).

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 16:18:47 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

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