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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où s'installent mes textes et billets d'art contemporain

Présentation

J'habite à Ivry, dans un loft sur jardin de bambous. Ici vous trouvez les scories de mes textes, ce qui déborde, dépasse ou mes essais-erreurs.




J'écris régulièrement des Chroniques Ivryennes, relatant mes rencontres et mes balades dans la ville.



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Pas d'asphodèles pour Ania K. | 17 février 2008

Cliché Anthropia

 Une nouvelle de science-fiction (at work)

Anthropia

 

Il était 9h10 quand mon patron m'avait appelé. Tu arrives ou quoi ? Tu sais qu'on a le rendez-vous avec Solva aujourd'hui, tu te souviens.  


Solva était un client avec qui mon patron voulait conclure un contrat. Et il avait besoin de moi pour l'aider à argumenter.


Il m'avait surprise au réveil, en général, je mettais une pensée Closing la veille, c'est comme ça qu'on se protège des appels intempestifs de nuit. Je pratiquais un balayage oculaire par EMBR et ainsi j'effaçais toutes mes connexions cérébrales. Si quelqu'un voulait entrer en contact mental avec moi, il pouvait toujours activer le circuit, mes neurones ne répondaient pas, c'était l'effet Closing. Mais hier soir, j'avais oublié.
  


Mon patron attendait ma réponse.   


Je te rappelle qu'on a un embarquement discursif à 9.30 a.m.  

L'embarquement permettait la mise en réseau instantané de trois ou quatre cerveaux, guère plus, sinon on n'y comprenait plus rien.  


Oui, bien sûr, j'ai été retardée, mais j'arrive, je dois activer mon concentrateur, mais je serai à l'heure à l'embarquement.  


Je fermai les yeux, coupant le contact avec son flux électrique. J'espérai qu'il n'avait pas eu le temps d'explorer mon circuit Scepticisme durant la minute qu'avait durée la mise en conscience, j'étais vraiment vaseuse ce matin. Mais s'il avait eu l'idée d'aller surfer sur le réseau Scept, il aura eu des surprises. Depuis quinze jours, j'avais une idée en boucle, dont je n'arrivais pas me débarrasser, suite à ma discussion avec Ari.   


On avait passé une soirée live avec Ari, une de ces soirées branchées, où les gens se retrouvaient physiquement. On était allé dans le nouvel Espace Chairtime, reconstituant un décor de Maison à Architecture Contemporaine des années 2000. J'aimais bien faire ça au moins une fois par an, et c'est fou ce que c'était insolite, dans un décor blanc, meublé aluminium, de revoir Ari en mode body/eyes, c'était génial. Le sentiment d'interdit, le goût si fort du vin, qu'il avait apporté et qu'on buvait discrètement, depuis l'interdiction du vin rouge, il fallait faire attention, même dans les Live.

 

Je ne sais pas comment Ari parvenait à se procurer ces produits interdits, mais c'était tout lui, ça.  Avec Ari, je ne savais pas si c'était le musc ou les poils sur le torse, j'étais tout de suite dans l'infra-pensée, en niveau reptilien. Bien sûr, j'avais pris depuis longtemps mes distances avec ces pulsions allergogènes, qui provoquaient des réactions cutanées ou des bouffées d'attachement. Mais j'avoue que j'aimais encore ces rares moments, pour leur côté sauvage, le retour à la nature en quelque sorte, très inconfortable, mais une véritable aventure, le contact skin/skin.   



Ari était le dernier homme de son style que je connaissais. Et ce n'était pas que physique. Il apportait toujours un point de vue étrange sur notre pensité : mon patron disait de lui qu'il était le dernier intellologue vivant. Et dans sa bouche, c'était plutôt un compliment. Il pensait sincèrement que des gens comme Ari avaient apporté les concepts de la pensité, que c'était grâce à eux, que l'espèce humaine avait tant progressé, en matière de connexion inter-mentale.  


Mais Ari n'aimait pas mon patron et tentait toujours de le discréditer à mes yeux.

 

Pourquoi tu continues de travailler pour lui, tu sais bien que son discursing contredit ton ethicing, et ce depuis des années.  





Il avait eu une tête en disant ça, je crus me souvenir du visage de mon père, quand j'étais toute petite, quand nous vivions encore en live et qu'il essayait de parler le vocabulaire nouveau des pensiteurs. C'était toujours un peu à côté de la plaque, les Proférés n'étant pas bien choisis. Et puis discursing et ethicing appartenaient désormais à la préhistoire de notre civilisation. Nous n'en étions plus là.  

 

Tu devrais faire la grève du zèle.

La grève du zèle ?

J'en avais entendu parler en session Histoform. On disait qu'au vingtième siècle, certaines personnes se rendaient au travail (c'étaient du temps où il y avait encore des bureaux) avec un bandeau noir autour du bras. On disait qu'ils assuraient une présence, mais sans aucun investissement intellectuel.  Ils le faisaient généralement quand ils n'étaient pas contents d'une situation, par exemple quand ils avaient une revendication sociale, qu'ils avaient du mal à obtenir une négociation et n'avaient pas les moyens de démissionner. Un mouvement qui avait commencé au Japon, le droit de grève étant difficile à mettre en place, ils avaient trouvé ce moyen pour montrer leur hostilité sous des dehors cordiaux.   



J'avais d'ailleurs vu un semi-rapid, une séquence prise sur le vif en France en 2008, dans un magasin rempli de livres, cela s'appelait la FNAC, je crois, où on voyait une femme, accompagnée de son fils, demander un bouquin à un vendeur.  Je voudrais un livre sur la réflexothérapie faciale.  Le vendeur -dont le Non-dit indiquait qu'il faisait la grève du zèle- chercha la référence et ne trouva pas. Et au lieu de chercher sur la base, il resta sur son siège en disant qu'il ne trouvait pas, sans même accompagner la femme dans les rayons. Alors, la femme retourna voir sur les étagères et trouva le livre, qui s'appelait en fait la Réflexologie faciale, un mot proche. Elle le montra à son fils en faisant un commentaire amer sur le vendeur.  Le fils se retourna, et on voyait, dans la scène, son Non-dit se transformer en Paroles sur les lèvres.  Pour ce qu'il est payé, c'est normal qu'il ne se donne pas de mal.   



C'était cela qu'on appelait la grève du zèle, une sorte de résistance passive, où les gens en faisaient le minimum, sans s'impliquer.  Même la mère, dans le semi-rapid, a l'air étonné des paroles de son fils. Je pense que la conscience de grève du zèle n'était pas très développée, même à l'époque.  De toutes façons, de nos jours, Ari, avec le travail à pensée distante, ça n'est plus possible, un patron s'en aperçoit tout de suite si on n'est pas impliqué.  

C'est là qu'Ari avait semé le doute dans mon circuit Scepticisme.   


Mais tu connais la nouvelle technique Aliassyn, non ?  

 

Aliassyn ? Non, jamais entendu parler. 




C'est un circuit synoptique intégral, qui fonctionne sur le principe des récepteurs-miroirs. Le patron se connecte, mais tombe sur l'Alias, pense fonctionner avec le vrai cerveau, en fait il est sur un circuit non-contributif, qui réagit aux Proférés, aux consignes, mais sans donner aucune créativité. En fait, il va glaner quelques mots sur le circuit Language de l'autre et les retourne en miroir. C'est une parade impeccable, quand on veut dormir le matin ou passer la journée avec son petit ami. Et il y a peu de patrons qui s'en aperçoivent.   


Parce qu'on peut s'en apercevoir ?   


Oui, si le patron est attentif, il se rend compte qu'il n'obtient aucune valeur ajoutée de l'autre. En quelques questions-tests, il peut se rendre compte de la technique du Reformuling et s'apercevoir du Manque-conscience. Mais ne t'inquiète pas, le tien ne se rendrait compte de rien, il est tellement vaniteux.  


Et cette idée avait fait son chemin. Mon patron ne se rendrait compte de rien, je le mettrais devant mon cerveau-miroir, il croirait être en discussion avec moi et en fait il ne converserait qu'avec un artefact, qui connaîtrait tout de moi, saurait répondre les choses adaptées, sans aucun effort de ma part.  




Je décidai de me renseigner sur Aliassyn.

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 10:08:10 dans Pas d'asphodèles pour Ania K. | Commentaires (2) |

La droite cassoulet ? | 16 février 2008

 
 
 
Je ne peux pas penser à Anne Roumanoff sans penser à une autre Roumanoff, chanteuse dans les cabarets de Montmartre. Une petite femme, au chignon échevelé, étonnante, marrante, originale, pleine d'énergie.
 
Elle était venue un jour chez moi, du temps où j'habitais Montmartre.
 
Un pur moment de loufoquerie.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Publié par Anthropia à 14:35:38 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

I DO NOT WANT | 16 février 2008

Ecole de Rosheim

Cliché Anthropia

 

 

Je ne veux pas qu'un Président exprime ses ukazes en matière d'éducation tous les quatre matins.

Je ne veux pas qu'il fasse les programmes des écoles, comme s'il en était capable à lui tout seul.

Je ne veux pas qu'il pense que son avis en matière d'éducation doit s'imposer à tous.

Je ne veux pas qu'il décide qu'à trois ans, il peut tester mon enfant, puis le remplir de ritaline, parce qu'il le juge peu discipliné

Je ne veux pas qu'il assène qu'à 5 ans, s'il a échoué, il n'est plus récupérable.

Je ne veux pas qu'il crée des prisons, pour l'y jeter à 10 ans, s'il a emprunté une mobylette.

Je ne veux pas qu'il impose pour modèle unique la figure de l'écolier bling-bling, maîtrisant le calcul, l'informatique et l'anglais (Commission Attali) pour en faire un épicier de luxe informatisé.

Je ne veux pas qu'il lui promette comme avenir radieux un stage et un CDD jetable.

 

Je ne veux pas qu'il traite en délinquant mon enfant étranger.

Je ne veux pas qu'il le raffle et qu'il humilie ses parents sous ses yeux.

Je ne veux pas qu'il lui fasse peur, au point qu'il préfère fuir par la fenêtre au péril de sa vie plutôt que de risquer l'arrestation.

Je ne veux pas qu'il teste son ADN pour vérifier ses gênes.

 

Je ne veux pas qu'il décide de qui mon enfant doit porter le deuil.

Je ne veux pas qu'il décide de lui donner un "correspondant" Shoah, sac à dos mortifère et de repentance.

Je ne veux pas qu'il lui donne un martyr comme exemple de vie (Lettre de Guy Moquet)

Je ne veux pas qu'il prétende lui imposer de croire en un Dieu.

Je ne veux pas qu'il pense que mon enfant doit voir un curé plutôt qu'un instituteur pour apprendre à penser.

Je ne veux pas qu'il se mêle de juger l'éducation que je lui donne.

Je ne veux pas que le Président décide, comme en dictature, de ce que doit contenir la tête de mon enfant.

Je veux qu'il respecte l'école, la laïcité et le pacte républicain, Liberté, Egalité, Fraternité.

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 03:15:01 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (1) |

Ma pierre à l'édifice | 14 février 2008

Robert Indiana

Love, red and violet

FIAC 2007

Cliché Anthropia

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 18:28:22 dans Art contemporain | Commentaires (15) |

Agapê versus Saint-Valentin ? | 13 février 2008

Stéphanie Nava

(dessin sur le mur du Centre d'Art Contemporain)

Regard-caméra

Portrait de l'artiste en spectateur

Ferme du Buisson

Cliché Anthropia

 

 

 

Qu'on se le dise, l'agapê a le vent en poupe, en haut lieu, on se complait davantage dans l'amour du prochain que dans la bestialité copulatoire.

 

Carla Bruni dans son récent entretien dans l'Express se permet ce mot rare, affiché en manière de drapeau, sans doute.

 

S'agirait-il tout à coup d'une rupture dans le modèle à nous donné de l'amour conjugual ? Fêter l'union des âmes, la célébration platonnique, la proximité des corps en prière, l'agapê serait plus 'in' que la Saint-Valentin ? Faut-il entendre ça comme un message subliminal ?

 

Fini le coeur bling-bling, le marketing-rose, la marchandisation de l'amour, jusqu'aux noces élyséennes qui renonceraient au battage matchien pour combler le vide d'une société en mal de sens ? La pensée "agapê" pour sortir du pouvoir d'achat ?

 

Et me revient en mémoire la figure du Sigisbée, dans la Venise du XVIIIème siècle, cet ami des femmes mariées, qui les sortait, les emmenait à l'Opéra, naviguait en écoutant leurs peines de coeur sur le blues des canaux, sans jamais aller plus loin. Un amant platonique, un coach désintéressé, un eunuque, en quelque sorte. S'agirait-il d'évacuer la libido à la française, de nous enfermer derrière la vitre, pour prétendre à la félicité spirituelle, au sacrifice de nos désirs ?

 

A la veille d'une grève historique des médias publics ? Une nouvelle story pour nous emmener en gondole, sans doute.

 

 

PS : Que Christophe Barbier se présente en journaliste qui ne se commettrait pas à publier le SMS version Nouvel Obs et puisse sans vergogne nous dire qu'il a passé plusieurs jours à corriger l'article avec Clara Bruni, son amie. Mais c'est quoi pour lui le journalisme ? De l'éditing, de la com' ?

L'Express, service média de l'Elysée.

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 11:18:07 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

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