J'habite à Ivry, dans un loft sur jardin de bambous. Ici vous trouvez les scories de mes textes, ce qui déborde, dépasse ou mes essais-erreurs.
J'écris régulièrement des Chroniques Ivryennes, relatant mes rencontres et mes balades dans la ville.
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Dans son dernier papier, Henri Guaino a cette remarque terrible : comment fait-on pour indemniser les perdants ? C'est à dire que dans la guerre du libéralisme, il y a des gagnants et des perdants, que le système n'est pas gagnant-gagnant, mais gagnant-perdant, que certains vont perdre et d'autres gagner. Et qu'il faut compenser le dommage de guerre en quelque sorte.
Se résigner à la perte, à la défaite, il y a quelque chose de l'ordre de la visite à Münich1, de l'entretien de Montoire2, dans cet "indemniser les perdants", une rémission, que dis-je une reddition, quelque chose contre lequel on ne peut aller. Alors s'y résigner, s'y résoudre, s'y condamner, voilà le programme que nous proposent Sarkozy et son parti.
Cette notion qu'il faille des perdants me révolte, se présenter la corde au cou, accepter la résignation va à l'encontre de toute la pratique politique : non, on peut faire autrement, on peut développer de nouvelles solutions, on peut mettre les gens en formation, on peut changer la donne.
Mais certainement pas en baissant la tête et en acceptant la défaite.
_________
1. 29 septembre 1938 Conférence de Münich, dont nos dirigeants français reviennent sans avoir pris la mesure du danger hitlérien. Daladier négocie l'occupation des Sudètes et pensent ainsi avoir obtenu la paix.
2. 22 octobre 1940 Entretien de Montoire entre Pétain et Hitler. Où la politique vichyste de collaboration a pris toute son ampleur.
Publié par Anthropia à 14:33:04 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
Je ne sais pas si vous partagez mon sentiment, mais l'UMP montre en ce moment son pire visage : coups bas, injures, trahisons, reniements, des affiches municipales où on efface le logo redouté comme chez Juppé aux à-partés où on rappelle qu'on ne veut pas de visite de soutien du Président, ou encore à Neuilly qui s'offre le soufflet au favori du Prince.
Décidémment, il n'est plus de bon ton de citer le Président. Pour un parti qui parlait d'une seule voix aux élections, le moins qu'on puisse dire, c'est que la cacophonie s'est installée, mais qu'elle laisse deviner un slogan unique, tout sauf Sarkozy.
Finalement, n'est-ce pas un peu ce qu'on disait, nous, en 2007, tout sauf Sarkozy ? Si même l'UMP nous donne raison.
Publié par Anthropia à 21:01:04 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par Anthropia à 16:18:54 dans Musique | Commentaires (0) | Permaliens
Cliché Anthropia
Coloriage
Lundi
Vu le film No country for old man, des frères Coen, inclassable comme tous leurs films, entre polar et western. Réflexion sur la folie, la violence d'un "nettoyeur", sur l'appât du gain au péril de la vie, et la question des générations, un film d'hommes pour les hommes, je me suis sentie souvent indifférente à ces trucs de Mars, moi qui vient de Vénus (enfin il paraît). Même si Tommy Lee Jones, dernier rejeton d'un longue lignée de flics et excellent acteur, sauve le film. Une vie passée à juguler le mal, à apprendre sur les formes du meurtre, jusqu'à ce qu'il se sente hors du coup, lui aussi.
Mardi
Anecdote entendue dans un café. Un type va faire un bilan de santé à la Sécu. On appelle son nom, Monsieur T. Il se lève, se fait ausculter par le médecin, fait des prises de sang, rentre chez lui et attend les résultats. Une semaine plus tard, il reçoit un coup de fil, c'est le service de santé. Une femme, Mme T., a reçu ses résultats pour le compte de son mari, mort il y a des années, qui aurait fait des tests sanguins la semaine dernière. Elle a appelé affolée, croyant à un revenant. Non, c'était ses résultats à lui, son homonyme. Il a peur. Quand il finit par les recevoir, il constate qu'il n'est pas séropo, ouf, il a eu chaud. Il se dit qu'il n'aurait pas aimé qu'une autre personne le découvre à sa place. Il se dit que les fichiers sont mal faits, qu'ils auraient pu vérifier. Il se dit que la Sécu, c'est plus ça.
Mercredi.
Un ami me raconte son voyage en Italie, il était sur la piazza Navona, quand Prodi est sorti, sous les flashs d'une nuée de journalistes. Il avait remis sa démission. Sur la place, mon ami était entouré de centaines de néo-fascistes, la main levée, avec des slogans pro-Berlusconi.
Jeudi
Drôle d'Italie, à qui on n'a rien à envier avec notre ministère de l'identité nationale et les pratiques anti-étrangers. Voir ce qui est arrivé à cette enseignante mexicaine en voyage de tourisme en France, qui s'est fait embarquée dans un centre de détention. C'était dans Rue89.
Vendredi
Ai reçu un coup de fil, un ami a perdu sa maison. Il venait d'emménager. Il est parti quelques jours. Quand il est rentré, sa maison n'existait plus, brûlée jusqu'au sol. Toute sa vie dans les flammes. Il paraît que c'est un rongeur qui a provoqué le coupe-circuit. Et je me suis souvenue des objets, des photos, des livres, des manuscrits, des ordinateurs, des disques rares, des diplômes, des papiers, des oeuvres d'art. Voir sa maison voler en fumée, c'est triste, mais la maison d'un écrivain qui disparaît, c'est encore plus triste, les livres que nous ne découvrirons pas, les textes en attente.
Samedi
Suis allée voir la maison de Chateaubriand, à côté de la vallée aux Loups, un grand parc, la paix, la paix, la paix.
Publié par Anthropia à 15:53:49 dans Débris de semaine | Commentaires (0) | Permaliens
Regard-caméra
Portrait de l'artiste en spectateur
Ferme du Buisson
Cliché Anthropia
Une exposition organisée par Julie Pellegrin, nouvelle directrice du Centre d'Art Contemporain de la Ferme du Buisson (Marne-la-Vallée).
Cette exposition collective réunit des artistes de générations et d'horizons géographiques divers qui proposent des visions singulières du monde et de la ville contemporaine : où l'espace privé rencontre l'espace public, où le désoeuvrement nourrit les hallucinations, où l'histoire personnelle se confond avec les grands mouvements historiques, sociaux ou politiques (du mur de Berlin et des mutations de la Pologne post-communiste jusqu'au 11 septembre 2001. »
Un parcours vu de la fenêtre des artistes, nous posant à notre tour comme les voyeurs de leur regard. Une exposition dont se dégage l'idée que le regard est d'abord synchronisation avec le dehors, que ce que nous nions aujourd'hui est justement cette incompressibilité du flux, quand le temps est durée, et qu'il ne passe pas sur une horloge, mais s'écoule en nous. Nous l'avons oublié parce nous montons nos vies comme les cinéastes montent leur film, cut, cherchant à échapper au lent égrènement des minutes.
Sans oublier la vidéo d'Elise Florenty, vision d'un jardin d'enfant, à travers les feuillages, temps réel au time-code, jeux des petits et des grands sur une balancelle.
Et bien d'autres choses encore.
Publié par Anthropia à 21:27:23 dans Regard-camera : an exhibition | Commentaires (0) | Permaliens
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