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David Mach
Che
2008
Courtesy Galerie Jerome de Noirmont
FIAC2008
Crédit Photo Anthropia
Il était moins deux.
Une jeune chef d'entreprise devait acheter une batterie de véhicules
pour honorer un marché public, qu'elle venait de conquérir haut la main.
Quand le banquier fort de ses certitudes placières
décida de lui refuser le prêt.
Aussitôt et n'écoutant que son indignation,
devant ce manque de lucidité pour un projet
qui rapportait 1 M d'euros l'an,
garantis par une collectivité locale,
et créait cinq emplois,
et à l'idée qu'il ne verrait pas le jour
alors que le fameux plan gouvernemental fait obligation aux banquiers
de redistribuer l'argent qu'on leur donne,
n'écoutant donc que son indignation,
elle appela le médiateur de la République,
qui fit son ouvrage,
puisque quelques heures plus tard,
elle reçut un appel piteux de son banquier,
qui lui accordait le prêt.
La fourmi n'est pas prêteuse,
mais grâce au médiateur,
elle entendit raison.
Publié par Anthropia à 09:46:33 dans Art Basel 2008 | Commentaires (0) | Permaliens
Jean-Michel Othoniel
Black heart, red tears
Courtesy Galerie Emmanuel Perrotin
FIAC 2008
Crédit photo Anthropia
Désormais vous avez le choix,
fêter Noël façon sapin, crèche et boules de verre,
ou entrer dans la famille des bondage, sex toys en tous genres,
pour vous adonner à ce qui fût de lointaine mémoire
la fête à Bacchus.
Mais même si vous vous mettez à la longue traîne du Père Noël,
vous devrez tout de même avaler quelques couleuvres :
les faux orchestres, la batterie télécommandée
et les karaoké bidonnés sont de sortie,
on nous en rabat les oreilles lors de longs tunnels pubeux
dont nos TV privées et publiques nous abreuvent
(pour les publiques, pas pour longtemps ?).
On se demande quel cerveau frustré a pu inventer ça,
et nous faire croire par des pubs
"consensuelles, tu vois coco, on sent l'esprit de Noël",
qu'on y prendrait son pied.
Pour résumer, avec ces cassettes,
vous n'avez ni la satisfaction d'apprendre un instrument,
ni celle de déchiffrer vous-même une partition,
et qui n'a pas joué son prélude de Bach tout seul comme un grand
ou éclaté sa guitare sur un solo de Jimmy Hendrix,
ne sait pas combien est jouïssif ce moment
où entre les yeux et les doigts
se construit cette passerelle qui se transmute en musique,
mais le pire avec ces jeux virtuels,
c'est qu'in fine la musique n'est pas bonne.
On vous somme de produire cette musaque électronico-médiocre,
mais sachez-le, si vous vous faites avoir, personne ne vous dira merci,
on viendra sonner à votre porte à minuit en vous disant qu'on craque,
que ce chuintement nasillard est vraiment, vraiment insupportable.
On se fiche de qui, avec ces instruments qui n'en sont pas,
même pas virtuellement ?
Alors il y a bien cette image qu'on nous vend,
du "musiquer-ensemble", du plaisir de trémoussage,
mais où est donc la subtilité d'un accord harmonieux,
quand on le réussit à plusieurs
ou le délire punk d'un groupe qui s'éclate ?
Ces "presse-purées" qu'ils tiennent dans les mains, ces "beatstickers",
sont-ils destinés à devenir nos saxos, nos synthé, nos bass de demain ?
Les gens sont-ils descendus si bas qu'ils vont se précipiter sur ça
dans leurs Auchan et leurs Carrefour pour faire de la musique de Leclerc ?
Ou nos businessmen se préparent-ils
à la plus grande gamelle de Noël jamais réalisée,
en pleine crise mondiale,
un accident industriel et commercial,
les invendus sur les bras,
un Tchernobyl du marketing ?
Pour le savoir, rendez-vous à la gueule de bois du lendemain,
"on nous retrouvera étendus morts au pied de nos électrophones"
comme dirait Yves Simon.
J'ai rêvé New York
et c'est l'escalator de Parly II qui m'arrive,
alors, cher papa Noël, faites que personne n'offre ça à ses enfants.
C'était ma liste, le seul cadeau que je demande
pour qu'on cesse de massacrer la musique.
Publié par Anthropia à 10:20:27 dans FIAC 2008 | Commentaires (0) | Permaliens
Rendez-vous à Anchorage.
Prenez la route de Seward pour atteindre le village du saumon d'argent. Vous conduisez le long du Golfe d'Alaska, à l'ouest de Cook's Arm.
Vous n'êtes pas seule.
A Portage, de part et d'autre du highway, vous contemplez à perte de vue un paysage de lune. Le résultat d'un reflux.
Celui d'un tsunami, un raz-de-marée qui s'est produit lors du tremblement de terre de 1964 et qui, lorsque l'eau de mer s'est retirée, a laissé un glacis d'arbres noirs, givrés par le sel de mer. Imaginez sur plusieurs dizaines de kilomètres une forêt de troncs d'arbres et de branches exsangues comme ces violettes de cristal, prises dans le sucre, cristallisées pour l'éternité.
Vous hésitez à nommer ce que vous voyez. Vous demandez à votre navigateur. Il vous dit juste ce que je viens d'écrire. Tsunami, des vagues de 5 mètres. Et vous voyez juste ce que je viens de décrire. Des gisants d'arbres couleur de bachélite. Devant un tel paysage, perplexe, que peut-on devenir, géologue, climatologue, océanologue, analyste du chaos, théoricien des catastrophes ? Peut-être juste poète.
Mais vous n'êtes pas poète. Vous n'êtres rien. Votre histoire ne vous a pas appris que la vérité git dans l'esthétique. Vous croyez toujours qu'il y va des faits et, sous les faits, la justice et qu'il vous faudra traquer, trouver une piste et la suivre. Vous y tenir, surtout, ne pas lâcher.
Une scène vient. Qui n'a pas existé, mais qui est vraie. Quoi, un faux souvenir, une fiction ? Alors c'est ça la poésie, un paysage suscité, plus vrai que si vous y étiez ?
Publié par Anthropia à 12:04:34 dans Mes nouvelles | Commentaires (0) | Permaliens
Giuseppe Penone
Pelle di marmo e spine d'acacia (Albina)
2002
Courtesy Galerie Mariann Goodmann
FIAC 2008
Crédit Photo Anthropia
Je ne sais comment vous goûtez le déferlement médiatique
de la grosse caisse présidentielle,
on espère en France 3, mais on n'y coupe pas,
on tente d'échapper à TF1, c'est France 2 qui nous fait l'article,
et les petites chaînes de la TNT s'en donnent à qui-mieux-mieux,
on voudrait échapper avec C dans l'air on retombe sur Ce soir ou Jamais,
enfin j'exagère,
mais qui n'aura pas vu presque l'intégralité du discours de Sarko,
ainsi que Fillon et tous les généraux, ministres et umpistes,
que celui qui a vu longuement sur un plateau Aubry ou Ségo,
me le dise, car moi je n'ai jamais vu une telle campagne de com'
jouée par TOUS LEMEDIAS comme un bon petit orchestre élyséen.
Et je me demande si Sausez n'a pas encore mieux que ce dont il rêvait,
mille médias tous pourris, tous à la solde, tous en révérence,
tous couchés, tous la bouche en coeur, tous flatteurs, tous baratineurs.
Et je suis ABSOLUMENT ECOEUREE.
Publié par Anthropia à 09:56:19 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
Ceal Floyer
Ciel avec nuages
Cumulus (détail)
2008
FIAC 2008
Courtesy Esther Schipper Galerie, Berlin
Crédit photo Anthropia
L'autre jour au supermarché du coin,
je fais remarquer à la caisse que le Shampoing Elsève de L'Oréal à 4,15 euros,
soit plus de 26 francs, c'est un peu cher pour un petit flacon,
qu'il a augmenté de 20% en un an,
à ce moment-là, tous les gens de la caisse
se sont mis à s'énerver en me soutenant,
et j'ai senti physiquement une ambiance pré-révolutionnaire
s'installer dans le magasin,
moi j'avais juste fait une remarque et le patron avait dit
que ce n'est pas lui qui fixait les prix.
Et je me dis que les cumulus sont au-dessus de nos têtes,
que les commerçants feraient bien de revoir leurs marges,
que les élus feraient mieux de voter de vraies mesures d'aide,
car au lieu de donner des milliards aux entreprises,
qui vont d'abord les redistribuer aux actionnaires,
ce même argent donné aux consommateurs serait plus utile.
Mais il est vrai que Sarkozy ne lit pas les études d'économistes,
ne lit pas les rapports d'évaluation de ses mesures, heures sup, etc.
Sarkozy croit qu'en ouvrant les magasins le dimanche,
les gens vont davantage acheter et que cela va relancer la croissance.
Mais il est où Sarkozy ? Ne sait-il pas que depuis plus de dix ans,
la croissance est en chute libre et qu'on est arrivé à 0 ?
Il faudrait peut-être qu'il apprenne à lire et qu'il comprenne
que la croissance à la papa, c'est fini, que nos modèles doivent changer,
que ce n'est pas en vendant un superréacteur nucléaire et deux Airbus,
qu'on va dopper la vie économique française.
Les modèles de Sarkozy sont dépassés, en matière de politique,
en matière de démocratie, en matière économique.
Et malheureusement c'est lui que nous avons jusqu'en 2012,
pour nous enfoncer encore davantage.
Publié par Anthropia à 13:12:27 dans Art contemporain | Commentaires (0) | Permaliens
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