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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où sinstallent mes textes et billets d'art contemporain

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Gros cumulus sur la France | 04 décembre 2008

Ceal Floyer

Ciel avec nuages

Cumulus (détail)

2008

FIAC 2008

Courtesy Esther Schipper Galerie, Berlin

Crédit photo Anthropia

 

 

L'autre jour au supermarché du coin,

je fais remarquer à la caisse que le Shampoing Elsève de L'Oréal à 4,15 euros,

soit plus de 26 francs, c'est un peu cher pour un petit flacon,

qu'il a augmenté de 20% en un an,

à ce moment-là, tous les gens de la caisse

se sont mis à s'énerver en me soutenant,

et j'ai senti physiquement une ambiance pré-révolutionnaire

s'installer dans le magasin,

moi j'avais juste fait une remarque et le patron avait dit

que ce n'est pas lui qui fixait les prix.

 

Et je me dis que les cumulus sont au-dessus de nos têtes,

que les commerçants feraient bien de revoir leurs marges,

que les élus feraient mieux de voter de vraies mesures d'aide,

car au lieu de donner des milliards aux entreprises,

qui vont d'abord les redistribuer aux actionnaires,

ce même argent donné aux consommateurs serait plus utile.

 

Mais il est vrai que Sarkozy ne lit pas les études d'économistes,

ne lit pas les rapports d'évaluation de ses mesures, heures sup, etc.

Sarkozy croit qu'en ouvrant les magasins le dimanche,

les gens vont davantage acheter et que cela va relancer la croissance.

Mais il est où Sarkozy ? Ne sait-il pas que depuis plus de dix ans,

la croissance est en chute libre et qu'on est arrivé à 0 ?

Il faudrait peut-être qu'il apprenne à lire et qu'il comprenne

que la croissance à la papa, c'est fini, que nos modèles doivent changer,

que ce n'est pas en vendant un superréacteur nucléaire et deux Airbus,

qu'on va dopper la vie économique française.

Les modèles de Sarkozy sont dépassés, en matière de politique,

en matière de démocratie, en matière économique.

Et malheureusement c'est lui que nous avons jusqu'en 2012,

pour nous enfoncer encore davantage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 13:12:27 dans Art contemporain | Commentaires (0) |

Filippis, c'est nous | 02 décembre 2008

Frères Chapmann

Courtesy The White Cube, London

FIAC 2008

Crédit photo Anthropia

 

Etrange sentiment, toutes ces réactions autour de l'affaire Vittorio de Filippis.

Nier les faits, de la part des ministres,

c'est manquer de vision,

c'est s'accrocher à une procédure qui de toute évidence est dépassée,

qui de toute évidence est abusivement appliquée,

petits pouvoirs des policiers, petits pouvoirs des juges.

Mais toutes ces réactions me semblent à la hauteur

du soulèvement de coeur que j'ai éprouvé à lire l'interpellation.

Le corps nu de Filippis, c'est le mien,

deux fois déshabillé, deux fois devant tousser,

image obscène du pouvoir sur l'annal,

vos sphinctères leur appartiennent,

le coton-tige pour l'adn, la fouille au corps,

quel étrange métier que celui de policier.

Et je me dis que Filippis, c'est nous,

qu'il nous révèle que le sarkozysme, ce prétendu champion des victimes,

est en train de les multiplier par ses outrances,

faire de nous tous des victimes, ce n'était pas dans la promesse de campagne,

mais de plus en plus, nous sommes amenés à voir

ce qui se trame sur le vaisseau-amiral,

sur le pont, l'homme en uniforme blanc, qui parade,

dans les soutes, des hommes qui font le sale boulot,

en douce, en violence, en se payant sur le cul,

parce qu'au moins là, y a de la jouïssance, "tous des racailles",

Sarkozy se ferait doubler par l'étrange salaire de la peur infligée,

ses bourreaux se vengeraient du sale destin,

qui leur est fait par le maître qu'ils se sont donnés.

Et même Sarkozy prend peur, il dit qu'il faut revoir les procédures,

il doit les tenir, ses exécutants des basses oeuvres,

si jamais les victimes se retournaient tout à coup

pour mordre la main qui caressait mais qui s'est mise à faire mal.

 

 

 

Publié par Anthropia à 11:22:23 dans Actualité | Commentaires (0) |

Débris de semaine 11 : La dinde, la dinde et la dinde | 30 novembre 2008

FIAC 2008

Courtesy Galerie Laurent Gaudin (?)

Crédit photo Anthropia

 

 

Lundi 24

La finale des dames se transforme en pugilat pour médias en folie.

On compte, on recompte, mais ça ne sert à rien.

Comme dirait l'autre, Aubry est élue Secrétaire de la Floride.

 

Arrivée de nuit à Toulon, sa gare, ses palmiers, sa placette, sa statue,

la plus belle sortie de gare depuis longtemps.

 

Mardi 25

Heurts, malheurs, bonheurs, les animations de réunions ressemblent

de plus en plus aux montagnes russes,

les gens sont inquiets, se battent, se débattent

la tension palpable des ambiances de bureaux.

Nouveau ça, depuis quelques années la lutte des classes est repartie.

 

Mercredi 26

Ai présenté mon rapport d'audit de développement.

Les représentants du personnel ont dit :

il faut stabiliser l'organisation.

La direction a dit :

il faut stabiliser l'organisation.

J'étais en stéréo, qui a dit qu'on ne peut pas faire

du gagnant-gagnant en France ?

 

La dinde a gagné, la dinde a perdu,

mais qui est donc le dindon de la farce du PS ?

On n'en sait plus rien à cette heure de cet instant.

Mais le coup du vote à mains levées du Conseil national

est une sortie en beauté du PolitHollande, enfoiré de première.

 


Jeudi 27

Chez Joe Allen (un restaurant américain à Paris pour les ceux qui savent pas).

Happy thanks giving.

Roast turkey with apple and walnut stuffing, candied yams,

green beans and cranberry sauce with orange and kirsch

and Pumpkin pie with bourbon sabayon.

C'est pas toujours bon chez Joe Allen,

mais là Graham s'est surpassé.

C'est là que j'apprends que

Thalassa présente une version édulcorée et officielle de l'affaire MC Ruby.

Et pour tout dire les psys et les anthropos sont effondrés.

Ont peur pour la vie du second, qu'il se fasse trucider dans la prison

après le docu vu à la télé.

 

Vendredi 28

Tous ces jeunes à qui on offre des joujous de luxe,

à Bombay, en RDC et ailleurs.

Ces adultes du lobby militaro-industriel qui font du business

et Lagardère qui communique sur son groupe

en occultant ses usines d'armement.

On aimerait qu'il nous dise combien ça lui rapporte ce secteur,

sans compter EADS.

 

Notre fils appelle. Il se tâte pour un Erasmus à Londres,

bienheureux enfants des pays occidentaux.

 

Samedi 29

Repos de la guerrière, bien mérité.

 

 

Publié par Anthropia à 10:12:42 dans Débris de semaine | Commentaires (0) |

Les indices | 29 novembre 2008

Devriendt Robert

Sequence from the series Le nouveau rituel

2007

Courtesy Galerie Baronia Francey

FIAC 2008

Crédit photo Anthropia

 

Dans le procès du MC Ruby,

ce qui est apparu aux auteurs du livre

Affaire MC Ruby, anatomie d'un procès,

c'est que les modalités de la procédure inquisitoire,

caractéristique du système français,

ne permettaient pas que la vérité se manifeste,

parce que la mise en scène de l'émergence de la vérité

lors du procès, chère au système inquisitoire,

faisait l'impasse de la préparation d'une nécessaire contre-enquête

sur le récit proposé par le principal témoin,

le ghanéen victime présenté hier soir dans l'émission de Thalassa.

Un autre récit jamais explicité,

mais qui émergeait des différents témoignages,

n'aurait sans doute pas conduit à l'incrimination du second,

Artemenko, qui s'est vu condamné à perpétuité,

sur la foi de témoignages contradictoires de la part des marins,

et pour lesquels sa position de bouc-émissaire

ne lui permettait pas de se sortir.

Voici la conclusion de l'ethnopsychiatre, Sherrill Mulhern,

qui a repris lors d'un long article,

que je tiens à votre disposition,

les différentes failles des récits des témoins,

notamment le récit de Arakhamiya,

pour en acquérir la certitude de l'innocence d'Artemenko,

ou tout au moins d'un rôle secondaire,

moins machiavélique, que celui qu'on lui a prêté.

 

Espérons que le reportage diffusé aussi en prison

ne mettra pas en péril la vie de ce condamné,

par ceux qui se sentiraient à mauvais escient

une solidarité avec les victimes ghanéennes.

"Pas plus qu'il ne fut demandé aux jurés de considérer que si la description faite par Arakhamiya du comportement machiavélique de Artemenko était exacte, ce dernier aurait dit que son ami, Romashenko, de concert avec Mikhailevsky et Bondarenko, avaient DEJA tué l'un des passagers clandestins et avaient insisté pour qu'il les aide à FINIR le travail déjà commencé. Cependant, Arakhamiya devait maintenir que, à l'occasion de leurs diverses entrevues privées, bien que le second ait tenté de l'amener à aider les trois autres marins à supprimer les clandestins, en faisant appel à son sens de la solidarité à l'égard de ses camarades, il n'avait JAMAIS mentionné que les meurtres avaient déjà débuté. Si le procès MC Ruby s'était déroulé en fonction de procédures accusatoires, selon toute vraisemblance les avocats de la défense se seraient emparés d'une contradiction de cette importance et l'auraient utilisée pour élaborer et ancrer un récit différent, que l'on peut étayer de semblable, voire de meilleure manière, au moyen des éléments d'ordre psychologique figurant dans l'étude de la personnalité du second et des confessions disponibles, selon lesquelles le crime réel de Artemenko n'est pas d'avoir été l'impitoyable instigateur d'un massacre, mais que, en l'absence de tout soutien véritable de la part de son commandant, il s'était trouvé psychologiquement paralysé et incapable d'arrêter le massacre se déroulant à bord du MC Ruby, dès lors que celui-ci avait commencé."

On aurait pu souhaiter que Thalassa cite cette contre-enquête et n'entre pas sans aucun recul dans le récit monolithique du principal témoin.

 

 

 

Publié par Anthropia à 16:44:10 dans Actualité | Commentaires (0) |

Un homme en prison | 28 novembre 2008

 

Ce soir sur Thalassa, on diffuse un reportage

"Hommes à la mer

Une enquête de Malek Sahraoui et Elvire Curtet.
Production Bonne Compagnie


Un cri, une chute dans l'océan.

Un homme a été jeté par-dessus bord !

Au début des années 90,

l'équipage d'un cargo ukrainien s'est débarrassé

de 8 jeunes passagers clandestins,

en les précipitant à la mer.

C'est le témoignage de Kingsley Ofusu,

le seul survivant du drame,

qui va confondre les marins du MC Ruby

et les envoyer en prison.

Découvrir des passagers clandestins à bord

est un casse-tête monumental pour un capitaine.


Il peut être inculpé par la police,

accusé d'aide à l'immigration illégale

et voir son bateau immobilisé sans possibilité de débarquement.

Dans ce cas, le capitaine est souvent menacé

de licenciement par son armateur.

L'équipage du MC Ruby a choisi la méthode la plus expéditive,

la plus violente, pour échapper à cette menace :

supprimer les huit migrants qui s'étaient cachés dans les cales.


Cette affaire appartient-elle au passé,

ou le silence de l'océan cache-t-il d'autres crimes aussi odieux ?

L'enquête débute au Ghana,

à la rencontre de Kingsley Ofusu,

le seul rescapé du MC Ruby et se poursuit en Europe,

une terre promise de plus en plus inabordable."

 

Voici la présentation faite sur le site de France 3.

Petit problème, il y a eu une contre-enquête sur cette affaire,

sous l'égide d'Antoine Garapon, et personne de France 3

n'a eu le simple réflexe de consulter le livre qui en est sorti,

Affaire MC Ruby, anatomie d'un procès,

ni de venir voir les anthropologues,

juristes, psy qui se sont concentrés sur cette étrange affaire.

Alors demain je ferai une synthèse de ce que les chercheurs ont trouvé,

derrière les mensonges de l'affaire MC Ruby,

il y a un risque pour un homme actuellement en prison,

un risque que ce reportage le mette en péril,

comme le procès l'a déjà fait lors de sa tentative de suicide.

 

" L'humanité

Tentative de suicide au procès du « MC-Ruby »

Le procès des marins du cargo « MC-Ruby » accusés du massacre de huit passagers clandestins africains, a repris lundi après-midi après une interruption due à la tentative de suicide du commandant en second Valery Artemenko à son réveil dans sa cellule. Valery Artemenko a été examiné dans la matinée par un médecin qui a a estimé que sont état était « compatible avec la poursuite de sa comparution » et lui a prescrit des médicaments."

 

Ce qui n'aurait pas été le cas si le reportage avait su donner la parole

à ceux qui pensent qu'il y a eu une terrible erreur judiciaire.

 

 

 



 

Publié par Anthropia à 14:40:11 dans Actualité | Commentaires (0) |

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