Depuis le 13-10-2006 :
1594639 visiteurs
Depuis le début du mois :
87738 visiteurs
Billets :
1212 billets
Jean-Michel Othoniel
Black heart, red tears
Courtesy Galerie Emmanuel Perrotin
FIAC 2008
Crédit photo Anthropia
Désormais vous avez le choix,
fêter Noël façon sapin, crèche et boules de verre,
ou entrer dans la famille des bondage, sex toys en tous genres,
pour vous adonner à ce qui fût de lointaine mémoire
la fête à Bacchus.
Mais même si vous vous mettez à la longue traîne du Père Noël,
vous devrez tout de même avaler quelques couleuvres :
les faux orchestres, la batterie télécommandée
et les karaoké bidonnés sont de sortie,
on nous en rabat les oreilles lors de longs tunnels pubeux
dont nos TV privées et publiques nous abreuvent
(pour les publiques, pas pour longtemps ?).
On se demande quel cerveau frustré a pu inventer ça,
et nous faire croire par des pubs
"consensuelles, tu vois coco, on sent l'esprit de Noël",
qu'on y prendrait son pied.
Pour résumer, avec ces cassettes,
vous n'avez ni la satisfaction d'apprendre un instrument,
ni celle de déchiffrer vous-même une partition,
et qui n'a pas joué son prélude de Bach tout seul comme un grand
ou éclaté sa guitare sur un solo de Jimmy Hendrix,
ne sait pas combien est jouïssif ce moment
où entre les yeux et les doigts
se construit cette passerelle qui se transmute en musique,
mais le pire avec ces jeux virtuels,
c'est qu'in fine la musique n'est pas bonne.
On vous somme de produire cette musaque électronico-médiocre,
mais sachez-le, si vous vous faites avoir, personne ne vous dira merci,
on viendra sonner à votre porte à minuit en vous disant qu'on craque,
que ce chuintement nasillard est vraiment, vraiment insupportable.
On se fiche de qui, avec ces instruments qui n'en sont pas,
même pas virtuellement ?
Alors il y a bien cette image qu'on nous vend,
du "musiquer-ensemble", du plaisir de trémoussage,
mais où est donc la subtilité d'un accord harmonieux,
quand on le réussit à plusieurs
ou le délire punk d'un groupe qui s'éclate ?
Ces "presse-purées" qu'ils tiennent dans les mains, ces "beatstickers",
sont-ils destinés à devenir nos saxos, nos synthé, nos bass de demain ?
Les gens sont-ils descendus si bas qu'ils vont se précipiter sur ça
dans leurs Auchan et leurs Carrefour pour faire de la musique de Leclerc ?
Ou nos businessmen se préparent-ils
à la plus grande gamelle de Noël jamais réalisée,
en pleine crise mondiale,
un accident industriel et commercial,
les invendus sur les bras,
un Tchernobyl du marketing ?
Pour le savoir, rendez-vous à la gueule de bois du lendemain,
"on nous retrouvera étendus morts au pied de nos électrophones"
comme dirait Yves Simon.
J'ai rêvé New York
et c'est l'escalator de Parly II qui m'arrive,
alors, cher papa Noël, faites que personne n'offre ça à ses enfants.
C'était ma liste, le seul cadeau que je demande
pour qu'on cesse de massacrer la musique.
Publié par Anthropia à 10:20:27 dans FIAC 2008 | Commentaires (0) | Permaliens
Rendez-vous à Anchorage.
Prenez la route de Seward pour atteindre le village du saumon d'argent. Vous conduisez le long du Golfe d'Alaska, à l'ouest de Cook's Arm.
Vous n'êtes pas seule.
A Portage, de part et d'autre du highway, vous contemplez à perte de vue un paysage de lune. Le résultat d'un reflux.
Celui d'un tsunami, un raz-de-marée qui s'est produit lors du tremblement de terre de 1964 et qui, lorsque l'eau de mer s'est retirée, a laissé un glacis d'arbres noirs, givrés par le sel de mer. Imaginez sur plusieurs dizaines de kilomètres une forêt de troncs d'arbres et de branches exsangues comme ces violettes de cristal, prises dans le sucre, cristallisées pour l'éternité.
Vous hésitez à nommer ce que vous voyez. Vous demandez à votre navigateur. Il vous dit juste ce que je viens d'écrire. Tsunami, des vagues de 5 mètres. Et vous voyez juste ce que je viens de décrire. Des gisants d'arbres couleur de bachélite. Devant un tel paysage, perplexe, que peut-on devenir, géologue, climatologue, océanologue, analyste du chaos, théoricien des catastrophes ? Peut-être juste poète.
Mais vous n'êtes pas poète. Vous n'êtres rien. Votre histoire ne vous a pas appris que la vérité git dans l'esthétique. Vous croyez toujours qu'il y va des faits et, sous les faits, la justice et qu'il vous faudra traquer, trouver une piste et la suivre. Vous y tenir, surtout, ne pas lâcher.
Une scène vient. Qui n'a pas existé, mais qui est vraie. Quoi, un faux souvenir, une fiction ? Alors c'est ça la poésie, un paysage suscité, plus vrai que si vous y étiez ?
Publié par Anthropia à 12:04:34 dans Mes nouvelles | Commentaires (0) | Permaliens
Giuseppe Penone
Pelle di marmo e spine d'acacia (Albina)
2002
Courtesy Galerie Mariann Goodmann
FIAC 2008
Crédit Photo Anthropia
Je ne sais comment vous goûtez le déferlement médiatique
de la grosse caisse présidentielle,
on espère en France 3, mais on n'y coupe pas,
on tente d'échapper à TF1, c'est France 2 qui nous fait l'article,
et les petites chaînes de la TNT s'en donnent à qui-mieux-mieux,
on voudrait échapper avec C dans l'air on retombe sur Ce soir ou Jamais,
enfin j'exagère,
mais qui n'aura pas vu presque l'intégralité du discours de Sarko,
ainsi que Fillon et tous les généraux, ministres et umpistes,
que celui qui a vu longuement sur un plateau Aubry ou Ségo,
me le dise, car moi je n'ai jamais vu une telle campagne de com'
jouée par TOUS LEMEDIAS comme un bon petit orchestre élyséen.
Et je me demande si Sausez n'a pas encore mieux que ce dont il rêvait,
mille médias tous pourris, tous à la solde, tous en révérence,
tous couchés, tous la bouche en coeur, tous flatteurs, tous baratineurs.
Et je suis ABSOLUMENT ECOEUREE.
Publié par Anthropia à 09:56:19 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
Ceal Floyer
Ciel avec nuages
Cumulus (détail)
2008
FIAC 2008
Courtesy Esther Schipper Galerie, Berlin
Crédit photo Anthropia
L'autre jour au supermarché du coin,
je fais remarquer à la caisse que le Shampoing Elsève de L'Oréal à 4,15 euros,
soit plus de 26 francs, c'est un peu cher pour un petit flacon,
qu'il a augmenté de 20% en un an,
à ce moment-là, tous les gens de la caisse
se sont mis à s'énerver en me soutenant,
et j'ai senti physiquement une ambiance pré-révolutionnaire
s'installer dans le magasin,
moi j'avais juste fait une remarque et le patron avait dit
que ce n'est pas lui qui fixait les prix.
Et je me dis que les cumulus sont au-dessus de nos têtes,
que les commerçants feraient bien de revoir leurs marges,
que les élus feraient mieux de voter de vraies mesures d'aide,
car au lieu de donner des milliards aux entreprises,
qui vont d'abord les redistribuer aux actionnaires,
ce même argent donné aux consommateurs serait plus utile.
Mais il est vrai que Sarkozy ne lit pas les études d'économistes,
ne lit pas les rapports d'évaluation de ses mesures, heures sup, etc.
Sarkozy croit qu'en ouvrant les magasins le dimanche,
les gens vont davantage acheter et que cela va relancer la croissance.
Mais il est où Sarkozy ? Ne sait-il pas que depuis plus de dix ans,
la croissance est en chute libre et qu'on est arrivé à 0 ?
Il faudrait peut-être qu'il apprenne à lire et qu'il comprenne
que la croissance à la papa, c'est fini, que nos modèles doivent changer,
que ce n'est pas en vendant un superréacteur nucléaire et deux Airbus,
qu'on va dopper la vie économique française.
Les modèles de Sarkozy sont dépassés, en matière de politique,
en matière de démocratie, en matière économique.
Et malheureusement c'est lui que nous avons jusqu'en 2012,
pour nous enfoncer encore davantage.
Publié par Anthropia à 13:12:27 dans Art contemporain | Commentaires (0) | Permaliens
Frères Chapmann
Courtesy The White Cube, London
FIAC 2008
Crédit photo Anthropia
Etrange sentiment, toutes ces réactions autour de l'affaire Vittorio de Filippis.
Nier les faits, de la part des ministres,
c'est manquer de vision,
c'est s'accrocher à une procédure qui de toute évidence est dépassée,
qui de toute évidence est abusivement appliquée,
petits pouvoirs des policiers, petits pouvoirs des juges.
Mais toutes ces réactions me semblent à la hauteur
du soulèvement de coeur que j'ai éprouvé à lire l'interpellation.
Le corps nu de Filippis, c'est le mien,
deux fois déshabillé, deux fois devant tousser,
image obscène du pouvoir sur l'annal,
vos sphinctères leur appartiennent,
le coton-tige pour l'adn, la fouille au corps,
quel étrange métier que celui de policier.
Et je me dis que Filippis, c'est nous,
qu'il nous révèle que le sarkozysme, ce prétendu champion des victimes,
est en train de les multiplier par ses outrances,
faire de nous tous des victimes, ce n'était pas dans la promesse de campagne,
mais de plus en plus, nous sommes amenés à voir
ce qui se trame sur le vaisseau-amiral,
sur le pont, l'homme en uniforme blanc, qui parade,
dans les soutes, des hommes qui font le sale boulot,
en douce, en violence, en se payant sur le cul,
parce qu'au moins là, y a de la jouïssance, "tous des racailles",
Sarkozy se ferait doubler par l'étrange salaire de la peur infligée,
ses bourreaux se vengeraient du sale destin,
qui leur est fait par le maître qu'ils se sont donnés.
Et même Sarkozy prend peur, il dit qu'il faut revoir les procédures,
il doit les tenir, ses exécutants des basses oeuvres,
si jamais les victimes se retournaient tout à coup
pour mordre la main qui caressait mais qui s'est mise à faire mal.
Publié par Anthropia à 11:22:23 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| 40| 41| 42| 43| 44| 45| 46| 47| 48| 49| 50| 51| 52| 53| 54| 55| 56| 57| 58| 59| 60| 61| 62| 63| 64| 65| 66| 67| 68| 69| 70| 71| 72| 73| 74| 75| 76| 77| 78| 79| 80| 81| 82| 83| 84| 85| 86| 87| 88| 89| 90| 91| 92| 93| 94| 95| 96| 97| 98| 99| 100| 101| 102| 103| 104| 105| 106| 107| 108| 109| 110| 111| 112| 113| 114| 115| 116| 117| 118| 119| 120| 121| 122| 123| 124| 125| 126| 127| 128| 129| 130| 131| 132| 133| 134| 135| 136| 137| 138| 139| 140| 141| 142| 143| 144| 145| 146| 147| 148| 149| 150| 151| 152| 153| 154| 155| 156| 157| 158| 159| 160| 161| 162| 163| 164| 165| 166| 167| 168| 169| 170| 171| 172| 173| 174| 175| 176| 177| 178| 179| 180| 181| 182| 183| 184| 185| 186| 187| 188| 189| 190| 191| 192| 193| 194| 195| 196| 197| 198| 199| 200| 201| 202| 203| 204| 205| 206| 207| 208| 209| 210| 211| 212| 213| 214| 215| 216| 217| 218| 219| 220| 221| 222| 223| 224| 225| 226| 227| 228| 229| 230| 231| 232| 233| 234| 235| 236| 237| 238| 239| 240| 241| 242| 243| >>
Commentaires récents