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Fabrice Hyber
Peace and Love
2008
Courtesy Galerie Jérome de Noirmont
Crédit Photo Anthropia
J'ai beau savoir que le pouvoir se nourrit
de ces victoires à la Pyrrhus,
qui mettent des partis à terre,
que la meilleure est celle
qui a joué de tous les atouts de son jeu,
du soutien des vieux soutiers,
des chantages aux secrétaires de fédération,
et même et y compris des votes dans les chaussettes,
parce qu'il n'y a pas de bassesses en politique,
il n'y a que les 42 voix qui donnent les militants tradi à 1,
contre les citoyens
qui rêvent d'une autre façon de faire de la politique à 0,
oui la politicarde a produit cette équation binaire.
Mais pour quoi en faire ?
Puisque maintenant, c'est le schisme qui s'annonce.
Pas au sein du Conseil National, puisqu'on nomme les barons
sur la base des résultats aux motions, Royal n'est donc qu'à 29%,
tout est bien qui finirait bien donc
pour les hollandais aux semelles de plomb,
qui renvoient hypocrites l'arbitrage de la victoire à ce cénacle.
Mais quelle victoire, puisque le schisme est là,
comment va-t-il se régler ?,
contre le TSS pas de justice,
seule solution, un nouveau parti,
contre le parti des godillots, le bataillon des militants à la papa,
chercher un parti de citoyens,
qui pratique le non-cumul des mandats,
qui pratique une démocratie participative,
la tentation doit en être forte,
quelque part dans un QG de perdants solaires.
Publié par Anthropia à 12:14:01 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
Thomas Hirschhorn
FIAC 2008
Crédit photo Anthropia
Certains semblent toujours avoir su où était leur place.
Fils de médecin, devenu médecin.
Fils de ferrailleur, devenu ferrailleur.
Fille de polytechnicien, devenue polytechnicienne.
Ou peut-être ont-ils eu simplement une énorme flemme,
n'ont-ils pas eu envie de se poser de question
ou sont-ils entrés dans le moule, un rôle pratique,
absorbé par une enfance à regarder l'autre ?
Parmi eux, certains ont revisité le statut
et en ont fait quelque chose pour eux.
Ségolène Royal par exemple aurait été mère au foyer,
si elle avait écouté ses parents.
Bien qu'on transmette souvent à l'insu de son plein gré,
quel(le) est l'ancêtre ou le parent qui nous souffle un autre destin possible.
Thomas Hirschorn se demande,
comme un psychanalyste qui s'installe,
de qui il va s'autoriser.
On ne s'autorise que de soi-même,
voilà c'est tout bête.
Si vous attendez que l'autre vous donne son accord,
vous pouvez patienter toute votre vie.
Alors, il y a de la violence, forcément,
à imposer son désir, on ne vous attendait pas là,
vous contrariez les images toutes faites
que les autres se sont imaginés.
Il faut de la résistance, de la persévérance,
de l'humilité quand on échoue et qu'il faut recommencer,
mais écouter sa petite musique en soi,
c'est le seul chemin possible.
Publié par Anthropia à 10:44:02 dans Art contemporain | Commentaires (2) | Permaliens
Thomas Hirschhorn
How to dance Deleuze 2008
2008
FIAC 2008
Crédit photo Anthropia
Oui, c'est une question,
comment danser Deleuze ?
Publié par Anthropia à 07:01:42 dans FIAC 2008 | Commentaires (0) | Permaliens
Atelier van Lieshout
Baby
2008
Galerie Bob Van Orsouw
FIAC 2008
Crédit photo Anthropia
La première le met au monde en loucedé,
et l'abandonne derrière une poubelle,
de façon à ce que quelqu'un le prenne,
La deuxième le congèle à la cave,
pour qu'elle puisse le susciter de temps en temps
en ouvrant le placard lumineux,
La troisième le secoue dans une crise d'hystérie,
elle l'a laissé arriver dans la famille
mais pour combien de temps.
La quatrième l'enferme dans un placard,
pour ne plus se voir,
la cinquième prie le père de le punir le soir
quand il rentre du travail, en complice,
elle ne sera pas la seule coupable,
la cinquième ferme les yeux
quand le tortionnaire de beau-père le roue de coups,
n'est-elle pas elle-même victime ?
Une étude dit que les mères sont plus sereines
quand elles élèvent des enfants,
qui proviennent d'un autre ovule que le leur,
tant elles ont besoin de tiers.
Les mères sont sauvages, notre époque nous le dit,
nos Reines de la nuit hurlent leur délire,
il n'y a que les hommes innocents qui vivent avec,
qui ne voient rien.
Les autres font leur boulot, ils séparent, ils interviennent
dans la dyade mère-enfant, ils mettent leur nez,
détachent la mère, l'emmènent au ciné,
pour qu'elle ne devienne pas chèvre
dans cette toute-impuissance
qui lui est tout à coup tombée dessus,
n'a même plus le temps de pisser,
et dans cette toute-puissance absolue,
si personne ne vient l'interrompre.
A une mère qui disait sa hâte que son enfant placé
pour cause de maltraitance (la sienne)
lui soit rendu, Françoise Dolto disait,
oui et que ferez-vous quand vous rentrerez,
je lui ferai un flan à la vanille, elle les adore,
oui, et puis ?
Je la coifferai avec son chouchou,
Oui, et puis ? Puis je la coucherai,
mais Mademoiselle ne voudra pas dormir comme toujours,
Oui, et puis ? Ben, je lui dirai de dormir,
Oui, et puis ? Ben, j'éteindrai la lumière.
Oui, et puis ? Ben, elle continuera à faire la foire, comme d'habitude.
Oui, et puis ? Ben, je la corrigerai, oh,oh,
oh s'il vous plaît, prenez mon enfant,
je ne pourrai pas m'en empêcher.
Et Dolto d'ajouter, on ne peut rendre un enfant à sa famille,
que quand il sait défendre son corps,
qu'il sait qu'on ne doit pas lui faire de mal,
parce que son corps lui appartient.
On peut voir et entendre Dolto ici.
Publié par Anthropia à 09:50:21 dans Art contemporain | Commentaires (1) | Permaliens
Christian Boltanski et Annette Messager
Voyage de noces à Venise 1975
21 esquisses et photos
Courtesy Galerie Mariann Goodman, Paris, New York
FIAC 2008
Crédit photo Anthropia
Quand on sature le symbole, il perd de son sens.
21 fois le fameux petit restaurant de poisson,
21 fois l'extase du matin,
il y a comme une lassitude,
une industrie du tourisme de rêve nuptial
qui ferait comme un rejet,
une subite envie de vomir,
le Venise des cartes postales
des jeunes couples en recherche de sens,
vous avez beau creuser,
vous ne trouvez que non-sense,
mais au détour, vous repérez
que la beauté nue sur le lit
vous fait vaguement penser à un peintre fameux,
le pastel du restaurant de poisson
met en oeuvre un outil
d'ordinaire davantage dédié au paysage,
et puis qui dresse le cadre de la tendre promesse,
tout est mise en scène,
les même photos mille fois prises,
tout est faux, tout est faussé,
cherchez l'erreur dans l'accumulation et dans le procédé.
Publié par Anthropia à 11:03:51 dans FIAC 2008 | Commentaires (1) | Permaliens
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