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M/M (Paris)
Lettres-tabourets L.A.S.U.i.T.E. (détail)
Extraits de la phrase Just like an ant walking on the edge of the visible
Galerie Air de Paris
Crédit photo Anthropia
La Galerie Air de Paris présente une série d'oeuvres,
qui vont se succéder jusqu'à la fin de l'année,
dans ce qu'elle a appelé Une suite,
un concept entre suite d'hôtel confortable
proposé comme écrin à ses artistes reconnus,
comme Liam Gillick, Trisha Donnelly, Allan McCollum
et Allen Ruppersberg, Joseph Logan,
ou encore Wade Guyton, mais aussi à d'autres artistes invités,
et train d'oeuvres, où s'accrochent à la queue-leu-leu des oeuvres,
qui ont pour point commun la notion de suite, au sens de série,
de continuité ou des lettres de l'alphabet.
Comme ici, les pieds de tabourets, sorte d'hologramme, partie pour le tout,
qui composent le mot L.A.S.U.i.T.E. à partir d'une phrase,
Just like an ant walking on the edge of the visible,
à la manière d'un Lyotard commentant les plis d'un tissu
sous le vent du désir, faisant apparaitre un Rêvons d'or,
dans les replis d'une banderole affichant Révolution d'octobre.
il y a dans le L.A.S.U.i.T.E. quelque chose qui échappe, qui fuit.
Liam Gillick dit que l'oeuvre doit "faire l'image d'abord,
et que cela oeuvre au développement d'une série de concepts",
et c'est le sentiment qu'on a dans cette installation subtile
de la Galerie Air de Paris.
Prière d'accepter l'angoisse de ne pas comprendre tout de suite,
prière d'accepter ce double déclenchement de la compréhension sensible,
l'oeuvre se donne à voir, interrogation, est-ce que je vois ce que je vois,
puis on entre dans un océan, un enchevêtrement d'idées,
un peu à la manière de cette époque,
qui sème la confusion dans nos esprits, mais qui génère la vie.
Une exposition qui hydrate, qui irrigue, qui stimule,
qui donne envie de créer à notre tour et à la suite...
Publié par Anthropia à 10:33:33 dans Art contemporain | Commentaires (0) | Permaliens
Les formes du travail
Crédit photo Anthropia
Mardi soir, Place du Capitole à Toulouse ;
ils sont cent en un énorme cercle, qui fait ronde, en silence.
Se taisent-ils parce qu'ils sont bouche close devant le scandale ?
Quand les images, les médias, les critiques bruissent de toutes parts,
le silence interpelle, interloque, interdit.
Quand j'arrive sur cette place, je n'entends que lui,
et cette immobilité suspecte,
qui pose de manière ferme et forte et inébranlable.
"Que les Franciscains
et toute la communauté franciscaine de cette ville
dénoncent l'enfermement de personnes pour le seul fait
d'être entré en France pour vivre mieux ou pour sauver leur vie.
Qu'ils s'inquiètent devant les conditions de détention
qui sont faites aux hommes et aux femmes,
enfermés à Cornebarrieu, véritable camp retranché
dans la banlieue de Toulouse, et à leurs enfants,
jusques et y compris dans leur cour de récréation,
sur laquelle de grandes plaques métalliques
ont été posées pour éviter tout regard extérieur".
Ceux, qui citent leur frère François d'Assise,
"pensent que le chemin d'une solution passe nécessairement
par le respect de la dignité de toute personne humaine".
Voici que "leur silence et disent-ils leurs prières,
vont rejoindre les sans-papiers,
mais aussi ceux qui font la loi
et ceux qui la font appliquer".
Le cercle du silence se réunit tous les derniers mardis du mois,
de 18h30 à 19h30, depuis le 30 octobre 2007.
J'y étais mardi, et moi qui ne prie pas, j'ai rejoint le cercle.
Si cela peut aider, on ne sait jamais.
Publié par Anthropia à 14:22:51 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
A. Balasubramaniam
Galerie Kalwar
India
Crédit photo Anthropia
Le magnifique papier de Mustapha Kessous (clic) dans Le Monde
pose avec élégance et sans auto-flagellation
la question du racisme ordinaire en France.
Une psy de ma connaissance dirait que le souchien
renvoie à l'immigré un regard de déni,
sans désir, qui montre que jamais il ne pourra s'identifier à lui.
Ce que la police ordinaire du coin traduit
en coups de batons et humiliations diverses.
Et me revient le souvenir d'un copain,
qui se faisait appeler Claude quand il démarchait au téléphone,
ce que Mustapha se refuse à faire,
il se contente d'omettre le plus souvent et c'est déjà beaucoup.
Le problème de Claude, c'est que même avec ses copains,
il se faisait appeler Claude, et cela créait comme un décalage,
parce que cela ne collait pas, on le sent toujours quand quelqu'un vous ment.
Mais alors c'est quoi la solution ?
La solution, c'est de changer la société,
d'être vigilant pour que ces petites humiliations cessent,
d'être là pour l'autre quand il en a besoin.
Je remercie tous les jours l'école de la République
qui a permis que mon fils soit ami de maternelle
avec Sofian, Ken et Mohamed.
Parce qu'ils viennent toujours à la maison,
et que j'ai ainsi la même vie, à l'intérieur qu'à l'extérieur,
une vie harmonieuse multicolore.
Récemment je suis allée à un mariage,
La mariée était une Salima, le marié un Ben David,
et j'ai compris que la vraie France était aussi celle-là,
celle qui voit se marier les Mustapha avec les Geneviève,
comme ça, tout simplement.
Publié par Anthropia à 13:07:29 dans Actualité | Commentaires (5) | Permaliens
Liu Bolin
QMR
Crédit photo Anthropia
Publié par Anthropia à 18:40:31 dans Art contemporain | Commentaires (1) | Permaliens
Paradox of praxism Mexico City
Francis Alys
Taxer la burqa, telle est la nouvelle idée
d'un député islamophobe des Pays Bas,
et pourquoi pas taxer le port de la croix, de la kippa,
la tenue de bonne soeur,
et tiens tant qu'on y est, le complet veston de ces hommes
tous pareils, qui prennent la navette à 6 heures du mat' à Orly,
cette semaine, c'était l'angoisse, je n'y peux rien,
voir les 200 bonshommes l'un derrière l'autre faisant la queue,
plier bien net leur veston après l'avoir retiré et le poser dans le panier,
tous en choeur ouvrir leur ordi avant leur passage dans le scanner,
délacer leurs chaussures, poser leurs clefs et leur téléphone portable,
il y a là quelque chose d'obscène dans ce ballet de grisaille,
quelque chose de l'infinie soumission des cadres,
mais revenons à nos moutons,
taxer la burqa, c'est un peu comme si le voile était néfaste à la santé
..... de ceux qui le regardent.
Quand la taxe carbone fait payer les pollueurs,
la burqa ne fait de mal qu'à celles qui la portent.
La taxer, ce serait double punition, double inféodation.
Mais cela en dit long sur le racisme de notre époque,
qui se lâche de plus en plus, dans les conversations de couloirs,
comme l'autre jour avec Hortefeux.
Chez les hommes politiques,
l'intolérance et la suffisance, il faudrait les taxer.
Publié par Anthropia à 14:14:22 dans Actualité | Commentaires (5) | Permaliens
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