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Thomas Hirschhorn
Dancing philosophy
How to dance Spinoza ?
Courtesy Galerie Chantal Crousel
FIAC 2008
Grand Palais
Une vidéo parmi quatre autres, des saynètes avec un homme
qui danse derrière un masque
qui essaie les mouvements pour danser la philosophie,
ici de Spinoza.
Cherche-t-il l'esprit systématique de Spinoza ?
Ou à retrouver son âme ?
Thomas Hirschhorn poursuit son chemin,
saisir la matérialité de la pensée,
attraper les théories,
les capter par d'autres perceptions que le seul intellect,
faire éprouver les concepts et ici danser la philosophie.
J'ai demandé le prix des quatre vidéos,
juste pour savoir : 52 000 euros.
Oui, les vidéos, ça monte très vite,
on est tout de suite dans cette gamme de prix.
Alors en attendant d'aller les contempler à la FIAC,
au Grand Palais, courez-y, c'est un bon cru,
en voici une trace.
Publié par Anthropia à 10:02:59 dans FIAC 2008 | Commentaires (0) | Permaliens
Iceberg à rayures
(droits réservés)
Publié par Anthropia à 08:43:19 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
Christine Laquet
Centre-Europe
150 x 177,5 cm, encre de chine sur papier in La Planck
Partir en forêt en quête de phénomènes inaccoutumés,
et se faire peur dans un décor à la Blairwitch
Project. Une expédition qui tend vers l'onirisme à travers
des effets graphiques de camouflage et de matière.
"Ces atmosphères de sous-bois que je retranscris dans cette série de dessins démesurés à l'encre de chine me permettent de créer des situations étranges, qui traduisent dans ce « chaos » une ambiance magnétique. Je me trouve comme aspirée dans cet univers particulier entre le conte de fée et le film à suspense, telle une invitation à une expédition qui tend vers l'onirisme. Dans l'encre de chine, le marcheur est équipé d'une « veste camouflage » qui a pour fonction de se confondre dans la végétation en dissimulant ou en masquant la forme du corps. Cette technique a été inventée en 1914 par le peintre Guéro de Sévola, lui-même inspiré par le mouvement cubiste. Lorsque l'on regarde attentivement le dessin, on peut apercevoir que la façon dont les bois sont dessiné laisse apparaître une texture proche de la fourrure d'une bête." (C. Laquet).
Voilà tout est dit ou presque de la différence entre une oeuvre du XIXème siècle, une gravure ou un dessin à l'encre de chine, arts précieux, dont on a conservé à travers les âges les créateurs emblématiques, et cette oeuvre-là, qui renouvelle le genre, qui fait avancer l'histoire de l'art, qui saisit dans un format inattendu (grand format) quelque chose de notre époque, non dans la nostalgie d'un autre temps, mais en acceptant de se confronter aux artistes précédents, à la référence du cubisme, en connotant le Blairwitch Project, en réalisant une opération complexe, qui part d'eux-mêmes, qui traite d'un sujet, tout en cherchant le "what's new" dans le matériau ou dans son cadrage, ou encore la dimension émotionnelle dans une émotion d'aujourd'hui.
Ce qui est incomparable dans Centre-Europe, c'est l'intervention d'un sujet dans un paysage, preuve qu'on est bien au XXIème siècle, que la veste para-militaire, les effets de neige télévisuelle sur ce qui pourrait bien être un écran, que l'ambiance de complot, d'étouffement d'une nature nocturne, font sens aujourd'hui et maintenant.
C'est contemporain, parce que cela n'aurait pas pu être produit au XXème siècle, on devrait appeler cela art actuel, si l'actualité n'avait pas déjà tué le mot, ce réel-là travaille avec les références en les sacrifiant sur l'autel de la création.
Et s'il y faut du texte, c'est que nos artistes contemporains doivent tout prouver, qu'ils sont là, qu'ils réfléchissent à leur oeuvre, ils doivent inventer l'oeuvre et apporter eux-mêmes la voix off, défendre leur point de vue, parce que l'art contemporain foisonnant de faux espoirs -beaucoup d'appelés et peu d'élus- ne les a pas encore légitimés et que le commentaire n'est pas fait par le buzz.
Publié par Anthropia à 10:13:56 dans Art contemporain | Commentaires (0) | Permaliens
Misses Freeze, 2002
Fiorenza Menini
Forcément on entre dans le film avec des préjugés.
On a lu telle critique ici et on en attend beaucoup,
du point de vue émotionnel ou filmique.
On admire le superbe montage,
cette succession de plans séquences
qui font avancer le film d'un dialogue de classe à une réunion de profs.
On aime les regards appuyés de François à cet autre prof,
ces regards qui disent, je me couche,
j'admets ton argument, je me tais.
On aime même cette manière de filmer,
juste assez près, mais pas en gros plan non plus.
Bref le film est bon, se boit sans soif,
et on en redemanderait.
Pourtant, j'en ressors dans un état paradoxal,
quel film gai et noir à la fois.
Ce qui est pénible dans le film de Laurent Cantet,
mais peut-être est-ce aussi présent
dans le livre de François Bégaudeau,
c'est qu'on y trouve tout, comme dans une auberge espagnole.
On y dit à la fois l'énergie et la misère de ces jeunes,
la gouaille et le handicap langagier,
on a envie de se brancher sur eux,
mais on comprend qu'ils ne savent pas eux-mêmes
où ils vont et que ce serait dangereux.
On y apprend que l'école vous enseigne des choses,
mais qu'on n'y comprend rien.
Que les profs sont benêts, mais finalement épatants.
Le film ne se bat pas pour une théorie,
il s'arrange pour plaire à tout le monde.
Et c'est ça qui me dérange.
Parce qu'il y a un angle mort dans cette fable,
l'angle de la pédagogie :
parlons un peu du contenu sous-jacent,
bien sûr, on y voit un prof déployer les charmes de sa personnalité,
ne rien céder de sa compétence langagière
face aux barbares de l'empire mauresque,
et même à un certain point, on pense qu'il est un adepte
de ces nouvelles pédagogies, ne valorise-t-il pas Suleiman
en punaisant ses photos au mur,
lui conseillant d'écrire des légendes,
façon de le ramener dans le groupe.
On y croit, il va le sauver.
Puis contre toutes attentes, et alors qu'il tente de défendre l'élève
dans un conseil de classe remonté,
il dérape et se soulage par un "Suleiman est limité".
Phrase que seules les deux représentantes des élèves ont entendue,
phrase qui ruine la confiance en soi d'un jeune,
phrase qui désespère,
comment lire autrement le passage à l'acte de l'élève.
C'est ici que je refuse le film,
dans cet abandon de ce qui constitue selon moi
le principe même de l'école, ce qui l'a fondé
sous la IIIème République, l'école pour tous,
l'école qui permet de s'élever dans la société,
l'école qui sauve de son milieu et de son ignorance.
Une phrase vite oubliée,
dont plus personne ne parle dans l'équipe pédagogique.
Oublié Carl Rogers et sa pédagogie du succès,
oublié ce savoir FONDAMENTAL du rôle du prof,
ne pas juger l'être, mais critiquer ses actes.
Dire à un élève comme Suleiman, qu'il est limité,
c'est le renvoyer au bled,
plus sûrement que n'importe quel père en colère,
à l'état sauvage d'un hominidé qu'on renonce à humaniser.
François est victime de son élitisme profondément ancré,
son angle mort à lui, s'est-il reconnu dans ce mot vitriolé ?
Car qui sinon lui est limité, aveu de faiblesse,
c'est çui qui dit qui y est.
Quand il rédige le rapport de ce qu'on appelle pudiquement "l'incident",
il oublie les attendus de l'affaire.
Et puis un prof lui a servi la soupe, un Ponce Pilate,
"Suleiman nous a quitté depuis longtemps", c'est lui qui se désinvestit.
Mais n'est-ce pas aux profs d'aller chercher ces élèves
qui font de la figuration ?
Entre les murs a cette perversion légère,
qui fait que tout le monde apprécie,
pour peu que tout le monde se fiche de la vérité,
car au fond ce film est d'un cynisme absolu.
Publié par Anthropia à 09:52:05 dans Critique Cinéma | Commentaires (10) | Permaliens
Cliché Anthropia
Monsieur le Conseiller Général est content.
Il vient de faire voter par l'assemblée plénière,
c'est comme ça qu'on appelle le Conseil général
quand il se réunit pour voter les décisions,
il vient de faire voter donc le parc d'éoliennes
sur un territoire qui lui est cher.
C'est qu'il en a fait des pieds et des mains,
en commission Environnement,
pour faire avancer son dossier
et le faire inscrire à l'ordre du jour.
Il est vrai qu'il a la délégation Environnement,
ce qui aide.
Au même moment, Monsieur le Maire apprend la nouvelle,
c'est facile, c'est le même, il cumule les mandats.
C'est sur son territoire qu'on va installer les éoliennes.
Il se remercie vivement pour ce vote ô combien désiré,
il en avait signé la demande, sur le conseil de lui-même,
et ne doutait pas que son avatar obtiendrait satisfaction.
C'est chose faite.
De son côté, la société d'économie mixte,
qui avait monté le projet,
négociation, rachats de terrains, futur plan d'implantation,
se réjouit fort,
surtout que son Président et notre Conseiller général,
accessoirement le Maire,
ne font qu'une même personne.
Trois joies en une en ce jour,
pour un élu ordinaire, multi-casquettes.
C'est ce qu'on appelle la démocratie à la française.
Publié par Anthropia à 11:42:01 dans Mes nouvelles | Commentaires (0) | Permaliens
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