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Jimmie Durham
Galerie Barbara, Wien
Art Basel 2008
Cliché Anthropia
L'art sera toujours plus fort que la réalité,
parce qu'il emballe tout ça,
en trois couleurs et cinq bidons.
Jimmie Durham, l'Indien qui se mêle du pétrole des cow-boys,
qui les met en boîte, qui leur dit,
mes mots sont plus forts que votre huile.
Publié par Anthropia à 10:12:53 dans Art contemporain | Commentaires (0) | Permaliens
Iceberg
(droits réservés)
Je suis en face d'une stagiaire,
qui apprend un métier, on dit A.V.S.,
auxiliaire de vie sociale,
elle prépare un diplôme d'Etat.
Elle raconte, elle a travaillé chez une personne âgée,
elle a remarqué que le lit est imbibé le matin,
que le lit pue l'urine,
que le Monsieur est trempé au sortir de la nuit ;
elle trouve que les protections sont insuffisantes,
que les petites alèses ne protègent pas le matelas.
Elle écrit tout ça dans le cahier de liaison,
qu'elle laisse sur la table de la cuisine
à destination de la fille, adulte,
qui est tutrice de son père,
c'est comme ça désormais dans les familles,
les filles deviennent les mères.
La stagiaire signale
qu'il faut des draps-housses de protection.
la solution est simple.
Le lendemain, elle arrive, le Monsieur est trempé,
elle le douche, elle change les draps, elle l'habille,
mais le lit sent la pisse, c'est terrible, que faire.
Elle va lire le cahier de liaison.
La fille-qui-est-la-mère a répondu :
vous n'avez qu'à mettre des couches.
Des couches, comme pour un bébé.
Mais elle en met déjà des protections.
Elle le lui a déjà écrit,
la fille-qui-est-la-mère le sait
mais la fille-qui-est-la-mère ne veut pas imaginer
cette décadence du père,
et puis la fille-qui-est-la-mère,
ça la fatigue d'aller chercher des draps-housses qui font alèse,
et puis la fille-qui-est-la-mère n'a plus d'argent,
toute cette assistance ça coûte,
il y a déjà le 24h/24h, ce personnel qui se succède,
et puis ces exigences, acheter, toujours acheter.
Et je suis là, impuissante,
face à l'A.V.S. impuissante,
qui est face au père impuissant,
qui subit sa fille-qui-est-la-mère impuissante.
Publié par Anthropia à 17:16:42 dans Mes nouvelles | Commentaires (1) | Permaliens
Wolf von Kries
Extrait d'une vidéo
Zapping Unit (voir ci-contre)
Cliché Anthropia
On arrive dans la principale pièce de l'Office.
C'est un centre d'art contemporain.
Trois cabines en carton de taille inégale se présentent en face du public.
Le public essaie chaque cabine en carton,
devant lui une porte, il est dans une sorte de box,
dont l'entrée est totalement découpée, le fond de la cabine est une porte.
Sentiment de confinement, une place seulement, solitude, ressenti du carton, vieillot.
Première cabine. Il y a une porte en bois
sur laquelle il y a des messages contradictoires, "double binded".
Entrez. Entrez sans frapper. Frappez avant d'entrer. Sonnez ici.
La porte s'ouvre vraiment,
sur une pièce baignée de lumière blanche surexposée.
Où on ne voit rien, sauf qu'on sent l'odeur d'éther,
un faux jour, au fond la lumière violente.
Comme une expérience de mort
racontée par ceux qui en sont revenus.
Deuxième cabine : on est là sans pouvoir bouger
et on entend les voix vieilles et mélodieuses de
Radio Sottens (musique suisse).
La porte en bois ne s'ouvre pas. Mais on est tenté d'essayé.
Troisième cabine plus spacieuse avec un siège :
on est là sans bien comprendre
et on sent successivement la vanille, la cannelle, la vinasse,
expérience sensorielle.
Sur un des murs de la seconde pièce,
une énorme porte en bois qui supporte un moniteur avec une vidéo.
On voit une main sur une poignée de porte,
qui pousse et qui repousse une porte, qui grince,
et toujours le même mouvement d'ouvrir sempiternellement
une porte qui ne s'ouvre pas.
Sur un mur en face, il y a le texte de Kafka, le gardien de la porte
(Préparatifs de Noces à la campagne).
Le jour du vernissage : Performance du dervice-tourneur
Un derviche-tourneur danse à plusieurs reprises,
il tourne dans une jupe ornée de visages déformés
de traumatisés crâniens et de carcasses de voitures.
Il fait monter une partie du costume sur le haut du visage
et le redescend.
Publié par Anthropia à 11:23:12 dans Mes nouvelles | Commentaires (0) | Permaliens
Bling-bling : une fascination
Cliché Anthropia
Party or Party ?
Un parti ou une partie ?
En ce moment, dans les dîners en ville,
je veux dire, les dîners officiels,
avec visite gracieuse d'Obama,
le ticket d'entrée se monte à des sommes extravagantes,
aussi cher que dans le charity business.
175 000 dollars, le repas,
c'est ce que me confiait, hier soir,
un ami de passage à Paris.
La démocratie n'a que le prix qu'on lui confère.
Publié par Anthropia à 11:24:52 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
Cliché Anthropia
Envie de fuire ?
Même le Paris-Pékin n'y suffit plus,
c'est le problème avec la mondialisation,
le dépaysement est devenu difficile.
A moins de partir pour l'Aveyron,
à choisir, neuf heures d'avion pour San Francisco
ou neuf heures de train Paris-Millau,
avec arrêt de nuit à Clermont-Ferrand,
c'est évident, je choisis le roquefort,
et les salades que je planterai moi-même.
Parce que le tête-à-queue de Fillon,
en à peine un an,
"la France est en faillite",
et nous investissons plus de 300 milliards
dans un chèque en blanc aux banques,
pour faire gagner de l'argent aux Français,
c'est un peu trop pour moi.
Au moins les légumes que je planterai,
je pourrai les manger,
et en vendre même, pour m'acheter le reste.
Je ne sais pas vous, mais je commence à avoir
très peur de ces apprentis-sorciers.
Publié par Anthropia à 10:11:16 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
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