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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où sinstallent mes textes et billets d'art contemporain

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Chatte au bord de la crise de nerfs | 28 septembre 2008

Mina, la petite dernière

Cliché Anthropia

 

Ce dimanche, je vais faire preuve d'anthropomorphisme,

les gros mots, déjà, de si bon matin,

il se trouve que ma chatte Next vient de vivre,

ce qu'il est convenu d'appeler en mode humain,

les plus beaux jours de son existence,

à savoir la maternité avec trois ravissants chatons.

 

Moi, qui suivais de près la chose,

dois vous avouer que je fus très étonnée.

Elle qui passait jadis et sans aucun scrupule,

des heures devant son narcissique miroir à se lécher

et à lustrer la splendeur de sa robe,

devint tout de suite, comme par miracle,

une mère parfaite.

 

Elle s'était mise à l'allaitement comme si elle avait suivi un cours accéléré,

sachant d'emblée alterner toutes les deux heures, la têtée pour deux,

puis la têtée pour un.

 

Me connaissant bien, elle acceptait que je voie ses petits,

non sans vérifier derrière moi, que j'avais bien refermé la porte de son nid.

Elle sécurisait les lieux, nichant son museau à deux fois

dans le premier interstice venu,

pour s'assurer qu'il ne permettait pas l'échappée des petits.

 

Déjà je m'avouais OK, vaincue par K.O,

l'instinct maternel animal était donc bien

en tous points supérieur à celui des femmes.

 

Quand je découvris la subtile psychologie de ma chatte,

toute à son affaire d'allaitement certes,

de tendresse de langue et de cajolements oui,

mais qui montra assez rapidement un autre sentiment,

au bout d'une vingtaine d'heures à peine,

qu'on appelle en humain, l'ambivalence.

Moi qui croyais que c'était un des propres de l'Homme.

 

Marre d'allaiter, de se faire mordiller par trois voraces,

plantant allègrement leurs serres dans les flancs de leur mère ?

Next se mit à montrer à son tour ses canines énervées,

à faire ce chuintement qui raconte autre chose

que l'idyllique rêve de maternité.

 

C'est bien simple, à la voir ronchonner, repousser de la tête

les débordements des petits barbares, qui avaient envahi sa vie,

qui ne lui laissaient plus une seule minute de tranquillité,

je me sentis a posteriori légitime,

d'avoir connu ces moments où,

allaitant mon fils et réduite ainsi à l'état mammifère,

je conspuais le nirvana publicitaire qui célébrait des mères extatiques

en robes roses et en dents blanches,

quand elles n'auraient dû que vaquer en savattes,

l'oeil morne et le cheveu terne,

d'un allaitement à l'exercice des couches-culottes.

 

Oui, cette petite femelle de Next me confirmait 

que le ras-le-bol, l'énervement, l'extrême fatigue, le ronchonnement,

sont tout aussi présents dans l'instinct animal,

qu'on présente toujours comme l'absolu maternel,

que dans la pseudo-culture humaine et ses méandres,

tels que décrits, merci Elisabeth Badinter, dans L'amour en plus,

cette thèse qui montre que les mères du XVIIIème siècle envoyaient

volontiers se faire nourrir ailleurs la progéniture, prunelle de leurs yeux.

 

Rien de tel qu'une chatte pour vous apprendre à déculpabiliser.

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 11:14:15 dans Pour les dimanches jaunes | Commentaires (1) |

Ecrire, disent Bouvard et Pécuchet | 27 septembre 2008

Du collectif Transitioners : le producteur

voir exposition 2007 ci-contre

Synagogue de Delm (centre d'art contemporain)

Cliché Anthropia

 

 

J'ai écouté en différé sur France Culture l'émission de Tanguy Viel

et Stéphane Bouquet ; Bouvard et Pécuchet se mettent en tête d'écrire,

et en quête d'aller demander à des écrivains

comment ils font pour écrire un livre.

Pierre Michon, Christine Montalberti, Pierre Bergougnoux,

Yaël Pachet et d'autres s'y collent, donnent leurs trucs,

dévoilent qu'ils sont des passionnés de Discours/Figures III

de Genette ou de traités de ponctuation

et dictionnaires en tous genres.

Vous pouvez écouter ici la seconde émission,

il y en a trois disponibles sur le site (allez dans Archives).

Voici au passage la recette de Marguerite Duras

pour écrire un livre, rapportée par Vila-Mata

et qui le laissa littéralement effondré.

SUr un billet, elle nota ce qui suit :

1. Problème de structure

2. Unité et harmonie

3. Thème de l'histoire

4. Le facteur temps

5. Effet textuel

6. Vraisemblance

7. Technique narrative

8. Personnages

9. Dialogue

10. Cadre

11. Style

12. Expérience

13. Registre linguistique

 

Pas si folle la Duras, finalement.

Entrez dans un atelier d'écriture déjanté et passionnant.

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 08:14:47 dans Critique littéraire | Commentaires (0) |

Hugo et les gros bras | 26 septembre 2008

Peace and love

(Droits réservés)

 

 

Cela se passe en région,

cela aurait pu se passer à Paris.

Un de mes clients a eu une altercation,

avec un de ses salariés, appelons-le Hugo,

en procédure de divorce, surendetté,

et ce jour-là, en proie à une saisie du fisc sur son salaire.

Il reviendra le lendemain,

armé d'un fusil,

et il se suicidera, il l'aura voulu, devant tout le monde.

 

Mon client prend peur, il pense à Colombine,

à ces types américains qui pètent les plombs

dans la rue, au milieu d'une cafeteria,

qui se mettent à canarder tout ce qui bouge.

 

Alors mon client appelle la police,

demande une intervention en civil, discrète,

juste au cas où il mettrait ses paroles à exécution,

parce qu'il l'a répété deux fois, Hugo, qu'il veut se suicider

dans le bureau du patron, devant tout le monde.

L'après-midi, mon client pas tranquille

rappelle au commissariat, pour insister, il précise qu'il veut juste sécuriser,

que le type n'est pas physiquement menaçant,

que c'est au cas où, pour éviter qu'il se suicide

ou qu'il pète les plombs, mon client a charge d'âmes.

 

Le lendemain matin, Hugo arrive,

semble-t-il plus tranquille,

et un camion de police aussi,

six gros bras, en uniformes,

armes et taser au poing.

Ils sautent sur le type, le collent au mur,

lui écartent les jambes violemment,

le menotent en le tutoyant,

et l'entraînent dans le camion ;

à ce moment-là, deux autres arrivent,

des officiers, pour vérifier que cette arrestation

se passe bien.

Et mon client est furieux, va voir les policiers,

ah mais, il n'avait pas menacé, j'avais dit de faire en douceur,

l'homme n'est finalement pas armé,

mais tout de même emmené au poste,

gardé à vue 24 heures.

Mon client jura mais un peu tard

qu'on ne l'y prendrait plus.

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 10:13:32 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (1) |

Mail-art, les seins nus et le facteur | 24 septembre 2008

(Droits réservés)

 

 

Philippe Pissier, défendu ici par Philippe De Jonckheere,

dans une lettre au facteur de Cahors,

serait accusé selon Libé de ce jour de trouble à l'ordre public

et passible de trois années d'emprisonnement et 175 000 euros,

pour avoir envoyé des cartes postales de buste de femme aux seins nus.

On le voit, l'art dérange, est-ce parce qu'ils sont munis

de pinces à linge, ces seins-là,

parce qu'ils n'ont pas d'intention coquine ?

Vaut mieux être pornographe qu'artiste, dans ce pays.

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 14:11:52 dans Art contemporain | Commentaires (1) |

La main rouge | 24 septembre 2008

Liu Bolin

Red Hand N°4

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 08:54:30 dans Art Basel 2008 | Commentaires (0) |

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