J'habite à Ivry, dans un loft sur jardin de bambous. Ici vous trouvez les scories de mes textes, ce qui déborde, dépasse ou mes essais-erreurs.
J'écris régulièrement des Chroniques Ivryennes, relatant mes rencontres et mes balades dans la ville.
Suite en bas de page, page 1, 2, etc.
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sur textes et photos
sauf oeuvres d'art
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Il a gagné d'une voix, d'un cheveu, d'un iota.
Maintenant, il faudra regarder derrière le texte,
dans les décrets, dans les petits comptes,
dans les variantes, les conditions,
les alinéas, le diable est dans les détails.
Maintenant que les principes sont arrachés,
qui viendra relever les micro-décisions,
qui sarkoIseront le vote,
qui le transformeront en abus,
qui m'indigneront, comme souvent.
Certains disent que l'opposition fait de l'anti-sarkozysme primaire,
mais c'est faux,
si les décisions étaient justes, dignes,
respectueuses des droits de l'homme,
protectrices de la veuve et de l'orphelin,
je ne m'y opposerais pas.
Mais est-ce ma faute, si,
depuis que ce Président a été élu,
je n'ai pu me raccrocher à aucune "bonne" décision.
Tout me lève le coeur,
chaque réforme représente pour moi un abus,
je suis entrée en opposition
parce que fondamentalement,
JE NE SUIS D'ACCORD AVEC RIEN DE CE QUI EST FAIT
EN MON NOM, AU NOM DE LA FRANCE.
Parler de cette réforme constitutionnelle
comme d'une victoire de la démocratie,
alors que la seule idée de voir un Président
présenter sa politique devant le Parlement,
sans que celui-ci soit responsable devant l'assemblée,
est déjà un détail de trop,
et que tout le reste est à l'avenant :
le faux référendum citoyen,
qui peut être annulé par un vote de l'Assemblée,
comment peut-on vouloir ça,
des citoyens qui demandent un référendum et
les élus du peuple qui le leur interdisent ?
La multiplication des commissions, pour mieux régner ?,
et la fonction de contrôle,
quand on ne met pas de clause d'obligation de présence,
et qu'on n'interdit pas le cumul des mandats ?
Le prétendu contre-pouvoir au parlement,
quand on sait que le Sénat est toujours à droite,
et que se prépare une révision de la cartographie des circonscriptions
pour produire une Assemblée nationale allant dans le même sens ?
Et tout à l'avenant.
Ce gouvernement organise la perte de la gauche pour les trente prochaines années,
avec une obstination détestable.
Il nous faudra bien davantage
que des hésitations, que la pusillanimité,
que la vanité des vaniteux socialistes
pour y faire face.
Il nous faut la même féroce intention de battre,
la même opiniâtreté à défaire le mur de haute sécurité
que cette droite dresse devant le peuple.
Publié par Anthropia à 18:17:39 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
Guido Reni ? Ou une copie du XVIIème ?
Beatrice Cenci
Une de mes amies m'a montré récemment un tableau qu'elle possédait,
c'était un portrait de la Cenci, mais elle n'en savait pas davantage.
Elle l'avait reçu en héritage,
se souvenant que ce portrait avait été dans son enfance
son confesseur et son teddy bear,
le tableau de famille auquel elle confiait
ses tristesses et ses secrets.
Bien des années plus tard, elle avait appris le nom de la jeune fille ;
un marchand d'art s'étant arrêté sur sa facture raffinée,
lui confia que c'était une des innombrables copies de la Cenci,
faites par des artistes fascinés par cette figure singulière.
Il la consola en lui confiant que les copies s'étaient arrêtées au XIXème siècle,
et que la sienne avait quelque chose de très spécial.
Mon amie intriguée voulut en savoir davantage.
Elle mena l'enquête et découvrit que Stendhal avait écrit sur la famille Cenci,
grande famille de patriciens florentins du XVème siècle,
mais n'alla pas plus loin.
C'est très récemment qu'elle apprit la suite.
Elle me raconta
quelle étrange histoire portait sa confidente.
Elle a seize ans sur le portrait.
Elle est en prison,
d'où l'écart entre la posture noble, la beauté
et le costume de prisonnière, l'étrange relâché de la tenue.
Elle est emprisonnée, car elle a tué son père,
avec la complicité de son frère et de sa mère.
L'histoire commence avec sa soeur aînée,
violée par le père et qui finit par se suicider.
Vient le tour de Beatrice Cenci d'être incestuée.
Elle se défend, écrit au pape, sans succès.
Puis elle se confie à sa mère, à son frère
et tous trois fomentent un complot,
paient un condottiere
-ou quelque soit le nom du tueur,
dans cette Florence des riches familles,
où l'horreur cotoie la splendeur-,
et font tuer le père.
Du haut du palais familial,
le corps du pater est jeté dans une fosse de la propriété,
mais, mal caché, il est finalement retrouvé.
Un procès retentissant a lieu.
Beatrice est condamnée à mort avec sa mère,
le fils plus âgé étant étrangement disculpé.
Parce que le scandale est venu par elle, elle voit sa peine aggravée,
elle mourra après sa mère,
la verra perdre la tête avant de perdre la sienne.
Nous aurions oublié cette histoire
et mon amie n'aurait pas trouvé épaule
sur laquelle épancher sa tristesse,
si Guido Reni, peintre florentin,
fasciné par la beauté de la jeune fille,
n'avait demandé à la rencontrer en prison et ne l'avait peinte,
premier suivi d'une longue lignée de copieurs, où l'on compte Vermeer,
dont on dit que sa Jeune fille à la perle s'en serait inspirée.
Mais ai-je signalé ce qui relança l'enquête pour mon amie,
ce qui fait qu'aujourd'hui j'en sais autant sur cette jeune beauté ?
Un jour, mon amie se paya une toile,
non pas un tableau,
juste une séance au cinéma,
on y jouait Mulholand Drive, le long métrage de David Lynch,
et quelle ne fut sa surprise
de voir, au beau milieu du film,
sur le mur d'une des chambres,
accroché comme une énigme à décoder,
le portrait de SA Cenci,
en tous points identique, mais ce n'était pas la même,
bien sûr ce ne pouvait être la même.
La nuit suivante, mon amie dormit peu,
obsédée par cette coïncidence,
si bien qu'elle se mit en quête
afin de savoir le fin mot de l'histoire,
que je vous confie ici.
Publié par Anthropia à 18:56:30 dans La fascination de la Cenci | Commentaires (1) | Permaliens
Appel public à signatures
pour obtenir l'abandon du fichier EDVIGE instituant le fichage systématique et généralisé, dès l'âge de 13 ans, par la police des délinquants hypothétiques et des militants syndicaux, politiques, associatifs et religieux
Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l'avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).
A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d'EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.
En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l'avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à « l'ordre public ».
Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que : état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives ...
La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d'enquêtes administratives pour l'accès à certains emplois.
Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l'âge de 13 ans et cela sans qu'aucune infraction n'ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.
Cette initiative gouvernementale, porteuse à l'évidence de nombreuses dérives, s'inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d'une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.
Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.
C'est pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel :
- exigent le retrait du décret autorisant la mise en place du fichier EDVIGE qui institue un niveau de surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec une conception digne de ce nom de l'état de droit,
- sollicitent le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les organisations attachées aux libertés publiques, au respect de la vie privée et des droits de l'enfant,
- s'engagent à se constituer, dès le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute initiative utile visant à obtenir des pouvoirs publics qu'ils renoncent à la mise en place du fichier EDVIGE.
Publié par Anthropia à 11:18:30 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (2) | Permaliens
courtesy France Culture
Ne pas reproduire
On n'en a pas beaucoup parlé.
Elle passait ce matin sur France Culture.
Et c'était comme d'habitude punchy.
Un rapport sur les accords de développement,
sur la bonne manière de prolonger ce qui existe déjà,
des accords asymétriques avec les pays du Pacifique, Afrique, etc.
Le point clef, se doter d'un droit international à l'alimentation,
pour éviter la ruée vers l'or des agriculteurs,
qui fabriqueraient des biocarburants au lieu de céréales.
Mais il faut faire appliquer le droit.
Et là, je suis plus sceptique.
Publié par Anthropia à 10:58:19 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
Pierre Ardouvin
Carton d'invitation
Plus de possibilité de peser par la manifestation,
les protestations des syndicats font l'objet d'un sourire ironique de la part des ministres
ou de blagues du Président devant les grèves devenues inefficaces,
grâce au service minimum, un autre de ses hauts faits.
Nous sommes négligés, écrasés, méprisés.
Quelle solution pour faire entendre notre voix ?
Dans les entreprises où les syndicats existent,
ils pourront s'oposer par la subversion,
refus des plans collectifs d'heures sups.
Mais dans les TPE, comment un employé pourra-t-il
faire reconnaître ses droits
sans subir la pression de son patron :
ou t'accepte ou tu te casse.
Nos députés sont minoritaires et ne se font pas entendre non plus.
On vient d'enterrer 60 ans d'acquis sociaux,
par une pseudo-loi dite de la démocratie sociale,
quand fera-t-on l'indispensable étude
des titres des lois sarkozystes,
chef-d'oeuvre de l'anti-langage :
on vient d'inverser le cycle historique de la réduction du temps de travail
(cf. Brève histoire du temps ci-contre),
on vient de retourner au temps des patrons machistes
dans un Etat qui ne jouera plus son rôle d'arbitre,
de protecteur de la veuve et de l'orphelin,
tout en prétendant oeuvrer pour le bien public.
Sarkozy nous sadifie, nous sadise,
nous masochistes,
ne savons plus où nous tourner.
Parce que des Français ont voté pour cet homme,
doit-on s'incliner devant ces lois iniques et cyniques,
qui font fi de notre histoire.
Publié par Anthropia à 21:18:45 dans Art contemporain | Commentaires (2) | Permaliens
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