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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où s'installent mes textes et billets d'art contemporain

Présentation

J'habite à Ivry, dans un loft sur jardin de bambous. Ici vous trouvez les scories de mes textes, ce qui déborde, dépasse ou mes essais-erreurs.




J'écris régulièrement des Chroniques Ivryennes, relatant mes rencontres et mes balades dans la ville.



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Internet est-il un système fermé ? | 06 septembre 2008

Structure de l'adn

 

Il y a des jours, comme ça, où un énoncé sur France Culture

vous laisse si j'ose dire sur le cul.

"Selon le IIème principe de la thermodynamique,

disait donc le journaliste,

dans un système fermé, l'entropie s'accroît".

Cette version short de la théorie de Lord Kelvin

et Rudolf Clausius est un peu lapidaire.

Pour faire plus long, voici sur le site de Théophil


"D'un point de vue macroscopique,

tel que formulé par Ludwig Boltzmann,

le second principe de la thermodynamique

conduit à affirmer que le niveau d'énergie utilisable dans l'univers

ne peut que s'affaiblir pour tendre vers zéro ;

au terme de ce processus universel,

il n'y aura plus aucune énergie utilisable.

De ce fait, tout système naturel livré à lui-même

dégénère inéluctablement vers le désordre,

puisque c'est l'énergie qui maintient la cohésion des atomes ensemble

pour former la matière et confère à l'Univers son équilibre.


Le second principe énonce en effet que l'entropie d'un système isolé

ne peut qu'augmenter ou rester constante lors d'une transformation.

Il affirme ainsi l'impossibilité du passage du désordre à l'ordre

sans intervention extérieure."

 

L'entropie d'un système isolé,

d'un système fermé donc, ne peut donc qu'augmenter.

Et voilà que je m'interroge.

Internet est-il un système fermé ?

A priori oui,

malgré sa grande capacité à se développer,

il est toujours réductible à l'ensemble des machines connectées,

des serveurs, des portails,

il est fermé au sens où on ne peut pas être hétérogène à la toile

et en faire partie.

Et je me prends à rêver aux confins de ce système,

à ses bords, à ses limites, quand c'est qu'on va où.

Et je redis la phrase :

l'entropie d'internet ne peut qu'augmenter,

c'est-à-dire le désordre, le souk

la théorie du bordel ambiant était donc vraie.

Plus encore l'entropie d'internet ne peut qu'augmenter,

par impossibilité du passage du désordre à l'ordre sans intervention extérieure.

Et je me dis que tout ça va mal finir.

Parce que la notion d'intervention extérieure est incertaine :

un ingénieur de chez Windows ou de chez Google est-il une intervention extérieure,

il s'inscrit dans le réseau, dans le système. Il ne l'est donc pas.

On se met à imaginer le grand Autre,

y a-t-il un Dieu pour internet ?

Ben non, mais c'est pas grave.

car le IIème princpe de la thermodynamique

est très surfait. 

Y a pas consensus chez les scientifiques,

ils s'étripent les physiciens,

donc avec un peu de chance,

tout cela ne va pas finir dans un grand chaos général.

Et puis, internet n'est pas un système naturel,

sinon ça se saurait.

Tout cela n'était donc qu'une métaphore.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

Publié par Anthropia à 10:32:04 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (6) |

La doppologia, théorie du complot ou art du journalisme | 05 septembre 2008

Tony Yoursler

Star, 2005

Cliché Anthropia

 

 

Doppologia, en italien la science de ce qu'il y a derrière,

ressemble fort à notre idée de "théorie du complot".

On ausculte les tenants et aboutissants,

les faits et leur causalité,

en gros, on va voir derrière, doppo.

Mais le mot est habile, parce qu'il dit dans sa forme même,

le relatif intérêt qu'il faut accorder à cette science,

la science du derrière, une science occulte ?, non une science du cul.

 

C'est une curiosité malsaine, un objet de curiosité mal placé, doppo.

Mais si j'ai bonne mémoire italienne, c'est aussi ce qui'l y a après.

Comme si toute information générait un après inquisitorial,

un après qui ne se satisfait pas de la première explication.

 

Et quand on pense au journalisme,

on se dit que c'est le fondement même du métier,

ne pas se satisfaire de la première explication.

Aller y voir derrière.

 

Un peu comme ces derniers jours,

où du Canard au Monde, en passant par Paris-Match,

les journalistes ont fait leur travail d'investigation

à propos des militaires morts en Afghanistan.

On nous cachait des choses, nous en savons davantage.

L'un est mort tué à l'arme blanche.

 

Mais tout ne fait pas affaire Dreyfus,

ce modèle d'un complot bien réel celui-là,

et c'est pourquoi la doppologia existe,

parce que supposer qu'il y a toujours quelque chose derrière,

je veux dire, un secret, un complot, une manipulation,

est enfantin, c'est rester scotché à l'époque détective,

clan des 5, club des 6, ou inversement.

Et c'est là que les journalistes professionnels sont d'un grand secours,

ils s'arrêtent avant la limite,

l'après oui, mais pas n'importe quoi.

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 10:58:33 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

Comme un ouragan | 03 septembre 2008

Cliché Anthropia

Maison d'art brut (Arles)

 

 

Il y a quelques années, les ouragans portaient tous des prénoms de fille.

Les féministes américaines s'en sont émues,

et le résultat c'est que désormais un coup sur deux

les scientifiques alternent le genre de l'ouragan.

Cette année, c'est Gustav.

 

Au ministère de l'intérieur, les fichiers,

c'est comme les ouragans d'il y a quelques années.

Ils portent tous des prénoms des filles,

Edvige, le fichage de tous les "engagés",

Cristina. le fichage du terroriste,

incluant sans doute la fleuriste qui lui a vendu les fleurs,

la baby-sitter du fils de sa belle-soeur,

le journaliste qu'est passé à la TV

le jour où il la regardait.

Oui, Edvige et Cristina font les pires choses,

et on choisit un nom de fille pour le dire.

Déjà que depuis Eve, on a morflé plus souvent qu'à notre tour,

nous qui avions mangé la figue du figuier

(eh oui, on vous a menti,

ce n'était pas un pommier).

 

Plus sérieusement,

j'ai le souvenir d'un fichier manuel,

une petite fiche qui traînait

dans une obscure salle climatisée des archives

d'une petite ville de province,

où en 1930, un agent zélé racontait ce que mon arrière-arrière grand-oncle

avait dit au contrôle de police,

quand il s'était enregistré pour dormir dans la ville.

Et j'ai honte qu'on en soit toujours là,

à traquer ce que les braves gens disent,

dans l'illusion d'y trouver des criminels.

 

Les fichiers ont-ils jamais été utiles à autre chose

qu'aux cheffaillons, 

qu'à pouvoir menacer de révélation

les familles ordinaires et leurs maigres secrets.

 

Si le renseignement faisait son travail, il pointrait les filières,

les pistes sérieuses, à partir des actes commis,

et laisserait aux chercheurs d'or amateurs

la recherche de pépites dans la rivière dominicale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 10:56:16 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

Enfiler des perles | 02 septembre 2008

Cliché Anthropia

J.M.-Othoniel

Musée Réattu, Arles

Expo Lacroix

 

Je ne sais pas si vous avez remarqué,

il y a même une relative homothétie,

ces derniers temps, dans l'information qu'on nous délivre.

Façon message subliminal, allez-y mesdames,

retournez aux fonctions de base.

 

Une preuve ?

La fille de 17 ans de la vice-présidente américaine

est enceinte, mais comme la mère est croyante,

elle n'avorte pas.

En France, on pourra nommer son foetus,

quelque soit l'âge de maturation de l'embryon,

façon de culpabiliser les filles qui avortent avant 14 semaines,

du petit Grégory ou du petit Jérémy, taille 1,5 cm.

L'enceintitude est une maladie contagieuse en France,

le taux de natalité le plus haut d'Europe avec l'Irlande.

Paraîtrait même que la Ministre de la Justice donne l'exemple,

pas mariée, mais en France on enfante hors mariage,

c'est la nouvelle norme.

 

Et quand on va se réveiller, je veux dire après tous ces accouchements,

ce sera le baby blues, ou plus grave la dépression post-partum

ou plus clinique encore la dépression puerpérale.

Et alors là, ça va cingler.

 

En attendant, moi je regarde ma chatounette,

avec ses trois petits.

Vifs comme l'éclair, à peine un mois et déjà, ils sautent partout.

Elle nourrit, elle surveille, elle bouffe,

C'est bien simple,

depuis son accouchement, elle n'a plus de vie à elle, la chatte.

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 11:31:12 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) |

Nostalgie de l'avenir, l'entreprise de Catherine Cusset | 01 septembre 2008

Cliché Anthropia

Maison d'art brut (Arles)

 

 

 

 

Un brillant avenir

Catherine Cusset

Gallimard

 

Il faut commencer par l'incipit, par le commencement,

ce roman de Catherine Cusset, car sinon on se perd.

Il est construit de main de maître,

non sans rappeler l'impeccable Ligne de faille de Nancy Huston,

par ces aller-retours entre l'enfance de l'une et l'enfance de l'autre.

Toujours chez Cusset, ces confidences politiquement incorrectes,

sur le désordre de la bru et l'agacement de la belle-mère,

sur l'évolution des sentiments et des folies,

sur le ratage des plans d'avenir et la réussite du lâcher-prise.

L'histoire se passe en Russie, en Roumanie, en Israël, aux USA.

L'histoire est transgénérationnelle, de la mère quand elle est enfant,

du couple quand il se rencontre,

du fils qui se marie enfin,

de la maladie du père

et de la naissance de la troisième génération.

Et puis des Ceaucescu, de la vie sous une dictature,

de l'exil, de la vie au travail.

Alors pourquoi n'est-ce pas un chef d'oeuvre ?

Le secret de famille s'évente bizarrement,

sans apothéose dramatique.

Est-ce dû au manque de finesse psychologique ?

Des faits, des actes,

mais l'épaisseur du trait masque un peu

la vie de l'esprit, les rouages de la pensée tordue.

Il y a du brio chez Cusset, de l'humour aussi,

qu'on connaît bien si on a lu le reste,

mais elle s'est américanisée,

au sens où le narrateur s'arrête à l'entrée du penser-conscient,

sans jamais nous faire pénétrer dans la boutique obscure.

Et pour Elena alias Helen, creuser un peu plus aurait été bienvenu,

car d'un grand destin d'exilée, elle tisse une histoire de belle-mère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 10:33:09 dans Critique littéraire | Commentaires (0) |

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