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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où s'installent mes textes et billets d'art contemporain

Présentation

J'habite à Ivry, dans un loft sur jardin de bambous. Ici vous trouvez les scories de mes textes, ce qui déborde, dépasse ou mes essais-erreurs.




J'écris régulièrement des Chroniques Ivryennes, relatant mes rencontres et mes balades dans la ville.



Suite en bas de page, page 1, 2, etc.




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Balasubramaniam's gravity | 11 juin 2008

Gravity (détail)

A. Balasubramaniam

Talwar Gallery New-York, New-Delhi

Art Basel 2008

Cliché Anthropia

 

D'abord la chute,

tout au bas du tableau,

arrêtée dans le mouvement

par le voile resserré,

une tête.

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 17:49:28 dans Art Basel 2008 | Commentaires (0) |

Balasubramaniam's gravity | 11 juin 2008

Gravity (détail)

A. Balasubramaniam

Talwar Gallery New York, New Delhi

Art Basel 2008

Cliché Anthropia

 

 

 

Retenue par le tissu,

une tête,

fruit d'une guillotine hors champ,

dans l'abandon de ce résultat,

le chaos désespéré d'un être

pandouille.

 

Au double sens du terme,

l'oeuvre nous fait éprouver la gravité.

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 17:46:25 dans Art Basel 2008 | Commentaires (0) |

Shintaro Myiake | 10 juin 2008

 

Shintaro Miyake

Hatchobori - Big octopus 2006

Galerie Krinzinger - AT-Wien

Tomio Koyama Gallery - JP-Tokyo

Art Unlimited

Art Basel 2008

Cliché Anthropia

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 11:36:55 dans Art Basel 2008 | Commentaires (0) |

Shintaro Miyake | 10 juin 2008

Shintaro Miyake

Hatchobori - Big octopus 2006

Galerie Krinzinger - AT-Wien

Tomio Koyama Gallery - JP-Tokyo

Art Unlimited

Art Basel 2008

Cliché Anthropia

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 11:32:39 dans Art Basel 2008 | Commentaires (0) |

Virginité, justice et anthropologie | 09 juin 2008

I promise to love you

Tracey Ervin

Galerie Lehman-Maupin

Art Basel 2008

Cliché Anthropia

 

 

L'excellente émission Du grain à moudre sur France Culture

a permis,  me semble-t-il, de prendre le recul nécessaire

vis-à-vis de l'affaire de l'annulation du mariage 

au motif que la mariée avait menti au marié sur sa virginité.

 

L'émission a eu le mérite de mieux sérier les questions.


Il y allait d'une question d'application de la loi,

on peut discuter l'interprétation du mariage

vu comme un contrat interpersonnel,

où chaque partie s'engage et doit respecter sa parole,

ou comme un engagement social,

une institution porteuse des valeurs de la République.

 

C'est ainsi que, durant l'émission, les avocats n'ont pas été d'accord entre eux :


- Me Eolas, sur une vision plutôt libérale


(au sens des libertés privées),


considérait le mariage comme un accord


chacun s'engageant dans le contrat 

et le juge statuant sur le contrat de confiance en cas de litige.

Dans ce cadre, la nullité s'imposait, car la confiance,


nécessaire à une union, n'était pas présente au départ,

le manque de cette qualité essentielle (la loyauté) 


sur cet élément important (la virginité) 


étant rédhibitoire aux yeux de l'autre.

 

L'Etat n'ayant pas à se mêler de la nature de l'accord,


simplement du respect des conditions


du consentement au mariage.



On se demandera toujours si le défaut de loyauté portant sur un autre aspect


de la personne de la mariée aurait conduit à la même demande d'annulation


et à la même annulation par la justice.


A partir de quand un mensonge,


constitutif de la relation tout autant que la parole,


est-il considéré comme suffisamment important pour constituer un motif de nullité ?


Et la justice doit-elle entrer dans ces considérations ?

 



- alors que Me Heinich, elle, penchait plutôt pour un mariage

type "contrat-pilier de la République",

c'est-à-dire à valeur institutionnelle,


égalité, respect, parité, etc.

A ce titre, le mariage ne pouvait être annulé


au titre d'une rupture du contrat de confiance

car la condition requise remettait en cause la dignité de la femme

et n'était pas basée sur une stricte égalité du type

d'une exigence réciproque :  "je suis vierge, tu es vierge".



Mais si l'affaire a fait couler autant d'encre,

c'est parce qu'elle sortait du cadre judiciaire.

 

Caroline Fourest a, selon moi, apporté 

un recadrage anthropologique et socio-politique de la loi,

dans le contexte de ce qu'elle voit émerger

comme une communautarisation de la société.

Nous sommes là davantage sur la question des valeurs

que nous devons défendre,

des valeurs partagées par le plus grand nombre,

un collectif Nation,

fondant la liberté individuelle comme le corolaire de la Nation.

contre des collectifs Communautés ethnico-religieuses,

luttant ainsi contre l'anéantissement de l'individu

sous la pression de sa communauté religieuse.



En France, la question de la virginité

est portée par les protestants fondamentalistes,

les catholiques radicaux

les musulmans et juifs conservateurs.

S'ils se liguent pour obtenir

que les valeurs religieuses soient portées par la justice,

alors on se verra imposer des mariages ou des enterrements

selon le rite de la communauté dans laquelle on est né,

au nom d'une appartenance originelle à telle ou telle religion.




Et bien sûr à terme c'est le fragile équilibre vie laïque/vie privée

qui est remis en question.

 

Cela remet en cause la liberté individuelle,

la marge de manoeuvre de nos choix d'adultes.

D'où l'exemple cité par Fourest

sur le cas d'un homme inhumé,

alors que, peu pratiquant,

il souhaitait être incinéré.

 

Son ex-femme a porté devant la justice

l'obligation que lui faisait le rite musulman d'être inhumé,

et a obtenu gain de cause.



Et cela me rappelle qu'en Allemagne,

toute personne née dans une religion

doit poser un acte de renoncement à sa religion d'origine,

pour ne pas se voir imposer le Kirchesteuer (impôt de l'église)

et tous les services (mais aussi obligations) allant avec

(communions, mariages, enterrements selon rites spécifiques).

Cette décision est vécue comme lourde de sens

par ceux qui décident de la prendre,

bien sûr, elle leur permet de réaliser des économies,

mais elle fait d'eux des "individus"

affichant leur renonciation au lien communautaire religieux.

 


On le voit, nous n'avons pas fini de réfléchir collectivement

aux fondements anthropologiques de notre justice,

qui, bien sûr, ont la religion comme substrat,

mais une religion

dont on ne conserverait plus que les lois de type

interdit de l'inceste, interdit du cannibalisme,

c'est-à-dire les règles d'une vie possible en société

sans les dépendances à des principes d'un autre temps.



Peut-on rappeler que l'obligation de virginité historiquement

avait pour but d'assurer que le mari était bien le père des enfants,

à l'ère de l'adn, ceci n'est plus une question obscure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Publié par Anthropia à 22:36:00 dans Virginité, justice et anthropologie | Commentaires (2) |

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