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Anthropia

Mon village au bord du ciel, blog où s'installent mes textes et billets d'art contemporain

Présentation

J'habite à Ivry, dans un loft sur jardin de bambous. Ici vous trouvez les scories de mes textes, ce qui déborde, dépasse ou mes essais-erreurs.




J'écris régulièrement des Chroniques Ivryennes, relatant mes rencontres et mes balades dans la ville.



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Chroniques Ivryennes XXII - Les étymologies | 01 juin 2008

Le dos de l'architecte

Cliché Anthropia

 

 

 

Le mot Ivry, la ville où je vis,

 

provient paraît-il du mot « ivraie »,

 

la mauvaise herbe,

 

Et ce que cela évoque évidemment,

 

est le tri entre le bon grain et l'ivraie,

 

les bons étant dans Paris,

 

l'ivraie à Ivry.

 

 

  

Jadis, c'était Artaud, l'ivraie,

 

Et tous ces fous d'asile,

 

qui vécurent dans les pavillons de l'hôpital d'Ivry.

 

 

 

Et pas loin les gens ivres, qui cherchaient refuge

 

Dans la ban-lieue, à une lieue de la capitale.

 

 

 

On y assignait le ban de la société,

 

Et l'arrière-ban et toute la gueuserie.

  

 

 

Mais moi depuis que je vis ici,

 

Je me suis inventé

 

une autre étymologie.

 

 

 

Sur cette terre de confluence,

 

qu'est Ivry,

 

entre Seine et Marne.

 

mon étymologie à moi,

 

signifie le Passage.

 

 

 

Ivrit, le mot hébreu pour désigner l'Hébreu,

 

celui qui passe la rivière

 

pour aller vers lui-même.

 

 

 

Je suis de passage à Ivry.

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 11:49:11 dans Littérature | Commentaires (0) |

Débris de semaine 9 : les trucs promis pas tenus | 31 mai 2008

Façade d'immeuble 

Cliché Anthropia

 

Samedi

Vu les momies, les masques, les sarcophages.

Ce sont des faux. J'ai beau le savoir, ils charrient le vrai.

Et ces deux artistes, Eric Gougelin et Jean-Michel Chesné,

qui ont passé dix ans à collecter l'iconographie sur le sujet,

quel livre "Momies". Mais quelle vie à côtoyer ces morts.

 

Jean-Michel dit qu'il veut faire autre chose. Comme on tourne la page.

Un adieu à son enfance, sans doute.

 

Me souviens de la quête des trois momies au Louvre,

un parcours de mon petit garçon,

et puis la découverte du Scribe. Un choc.

Si vivant. Si actuel.

 

Mardi

Visite d'appart pour une copine, avec elle.

C'est fou le nombre de trucs à 1400 euros,

petits, sombres et moches.

Y en a même où la cuisine est tellement petite,

que pas de place pour une gazinière ou un frigo.

Oui, oui, à 1400 euros.

Ces propriétaires ne doutent de rien.

Ma copine a failli prendre, elle est pressée.

Mais heureusement, les cinq critères l'ont sauvée,

y avait pas les cinq critères.

 

Mercredi

Mais en même temps, on ne peut pas tout avoir.

Il faut savoir renoncer, qu'ils disent.

Rester modeste.

Ne pas imaginer qu'on va trouver la poule aux oeufs d'or,

le logis idéal.

Mais je l'ai dit à ma copine,

ne prends que quand tu le sens.

Après il sera trop tard pour pleurer.

 

Jeudi

Vu O.

Il fait des trucs avec son pantalon,

comme j'ai vu faire hier dans Sex and the City,

la série.

Je me demande s'il croit vraiment

que ça peut marcher,

un truc aussi peu sexy pour draguer.

 

Jeudi

Un tribunal accorde la répudiation d'une mariée,

pour cause de mensonge sur la qualité du produit.

Est-ce contractuel, ça la vérité dans le mariage ?

Est-ce qu'on demande aux époux :

Jurez-vous de toujours dire la vérité à votre époux ?

Parce qu'il va y avoir une avalanche de procès :

pour stérilité, pour tromperie sur la couleur des cheveux,

pour mensonge sur les origines sociales,

pour abus sur les diplômes obtenus.

Même si c'est important pour l'autre,

n'est-ce pas l'histoire même des couples, ça,

les petits mensonges entre époux ?

Et l'apprentissage de la différence,

pour apprendre à aimer dans l'ambivalence,

il n'est pas tout à fait ce qu'il disait,

mais finalement, quand même, je l'aime.

 

Vendredi

Partie à l'aube, vu le lever du soleil.

Se lever tôt pour méditer.

Non, pour travailler.

Rentrée tard, pas vu le coucher du soleil,

trop de nuages.

Se coucher tard nuit.

 

Samedi

Bonne fête à la Pétronille de Juléjim.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 12:02:23 dans Débris de semaine | Commentaires (1) |

Tout, sauf.... | 29 mai 2008

Cliché Anthropia

 

Ce gouvernement profitant du tout-permis,

que les lointaines échéances électorales

lui laissent, telle bride sur le cou,

réalise son programme thatchérien :

démantèlement des 35h,

tout en ouvrant de 36 à 48 h,

la quadrature du cercle,

un principe qu'on ne respectera pas,

sapant la loi sur le seuil des heures supplémentaires,

il se scie la branche sur laquelle il fondait son progrès,

voyant déjà que c'est un échec,

il fuit vers une autre loi.

 

Démantèlement de la retraite, via l'extension de la durée du travail à 41 ans,

Démantèlement de la sécurité sociale via la franchise médicale

et les déremboursements,

Démantèlement de notre justice, via une cartographie économique,

Démantèlement de la carte santé, via une raréfaction des hôpitaux,

Démantèlement des universités, via un plan immobilier à la petite semaine,

rien pour les universités parisiennes, les moins bien loties,

Démantèlement de la fonction publique et de l'éducation,

via la supression massive de postes,

Démantèlement du statut de l'étudiant,

via une raréfaction des bourses

et des logements universitaires.

la liste est longue des 65 réformes qui viennent déstructurer notre modèle français.

 

Ces ministres sont admirablement choisis pour infliger sans état d'âme

cette purge dans tous les domaines,

habilités à détruire.

 

Bientôt certains diront comme ce conseiller américain,

que l'Elysée est le lieu de la manipulation, de la propagande,

que tout est mensonge, que ce qui compte c'est l'habillage.

 

Mais où est donc la construction,

l'espoir, le sens de tout ça, vers quel modèle allons-nous ?

On supprime, mais pour quel gain, à part diminuer de 2,9 à 2,5 le déficit,

qu'on n'est même pas sûr de tenir,

comme si cela constituait une politique ?

 

 

Alors, s'il vous plaît, je vous en supplie,

comme on fumerait la cigarette du condamné,

qu'on n'a même plus le droit de fumer

dans les lieux publics,

 

ne touchez pas aux iris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 08:59:10 dans Actualité | Commentaires (2) |

Les bons plans de Caroline Molussion | 27 mai 2008

Un bon plan

Caroline Molussion

Installation

The Box

Bourges - 2005

 

A voir en ce moment

à

La Planck

Galerie Air de Paris

Rue Louise Weiss, Paris XIII

 

 

'Je travaille sur ces lapsus visuels, ce que l'on croit voir parfois.

Comme dans nombre de mes pièces

je suis passée d'un espace en deux dimensions

à un espace en trois dimensions.

Il y a toujours un dialogue entre la platitude d'une image

et la profondeur d'un espace

et comment notre perception navigue entre les deux.

Ce qui m'intéresse c'est comment il va surgir

dans le champ de vision du spectateur.

D'un geste, intervenir dans l'espace pour changer sa perception,

le rendre visible ou invisible.' (C.M.)

 

 

 

 

 

Publié par Anthropia à 21:33:02 dans Art contemporain | Commentaires (0) |

Le pas aveugle : une femme, l'amour, la psychanalyse | 27 mai 2008

Robert Indiana

Love Red Violet

Fiac 2007

Cliché Anthropia

 

 

 

 

Le pas aveugle

Une femme, l'amour, la psychanalyse

Marie-Claire Grafé

Denoël

 

 

 

"Elle est écartelée entre deux villes, Paris et Bruxelles.

Et entre deux hommes, son mari et son amant,
qui vivent l'un dans la capitale belge et l'autre dans la capitale française.
La jeune femme ne cesse de faire des allers et retours entre ces deux villes,
ces deux amours, incapable aussi bien de supporter cette situation
que d'y mettre un terme.
 
L'histoire se passe au début des années 60,
alors que s'amorce la libération des mœurs
qui culminera à la fin de la décennie
et pendant que la guerre d'Algérie se dirige péniblement vers son terme.

Alors aussi que l'effervescence intellectuelle bat son plein,
en particulier dans le Paris de Claude Lévi-Strauss,
Louis Althusser, Jacques Lacan et leurs disciples,
que croisent, au hasard des rencontres,
des amitiés et des réunions de travail,
l'héroïne du livre et ses proches.
 
Un récit intime qui a pour cadre le monde intellectuel
d'une époque fort bien reconstituée ? Pas seulement.
Le Pas aveugle relate - et c'est une première -
ce qui s'est dit séance après séance, quasiment au mot près,
pendant toute la cure psychanalytique de l'auteur
avec un praticien alors fort connu sur la place de Paris.

Ce qui se disait côté divan comme côté fauteuil
au cours de ces séances était noté en effet quasiment " en temps réel " par la patiente,
au cours de ses voyages Paris-Bruxelles.
Ayant retrouvé il y a peu ces textes profondément enfouis depuis un demi-siècle,
Marie-Claire Grafé a décidé de les publier.
Ce qui nous vaut ce document exceptionnel
qui témoigne de l'intérieur et sans tabou d'une analyse."
 
Qu'ajouter à cet excellent résumé de la 4ème de couverture.
Que ce livre est le réel pédalage de celui qui entreprend une analyse,
jamais sûr de ce qu'il dit, de ce que cela signifie,
toujours dans l'à-peu-près, dans l'incapacité de se voir,
avançant pas-à-pas, avec la forte impression de se perdre,
se perdant, mais à travers ce cheminement,
trouvant quelque chose qu'il n'avait pas prévu.
 
C'est le livre le plus authentique sur une psychanalyse
que j'ai pu lire, parce qu'il ne reconstruit pas dans l'après-coup,
mais reprend chaque séance avec son aspect décousu,
son imprécision, sa redondance,
cette incessante répétition du symptöme, du discours de plainte,
de cette impression de l'impasse qui ne passe pas.
 
Le pas aveugle, au sens où on marche sur une route de nuit,
sans rien y voir, on arrive quelque part qu'on ne sait nommer,
et "il se passe des choses" dans l'environnement,
les gens bougent par rapport à soi,
simplement parce que soi-même on a bougé.
Un minuscule déplacement, millimétriquement non visible,
mais qui change tout,
qui fait qu'après, ce n'est plus comme avant.
 
Ce livre est l'in-définition de la psychanalyse,
sa preuve par l'impuissance,
sa légitimation par le désespoir qu'on ne sait surmonter
qu'en parlant à côté, en se trompant beaucoup.
 
 
 
 

Publié par Anthropia à 11:48:48 dans Critique littéraire | Commentaires (3) |

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