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Philippe Mayaux
Les agitateurs
La Force de l'Art 02
Crédit photo Anthropia
J'ai le sentiment que Sarkozy se prépare pour le second mandat ;
il a resserré l'équipe, que des amis,
il a donné pour consigne, poursuivre les réformes,
c'est-à-dire toujours plus de libéralisme,
et tout dans la confidentialité, faire ses coups en douce.
Son arrogance, il la garde pour les diners en ville,
son esprit revanchard, pour les happy few,
il veut nous entuber, mais sans parole,
sur nos écrans, que des images flatteuses,
des slogans, des effets de manche,
sans oublier les fastes de la République.
Nous n'en sortirons pas indemnes, mais nous pouvons encore nous en sortir.
Préparons la prochaine échéance, allons voir nos grands-mères,
expliquons-leur que ce pouvoir en veut aux pauvres, aux humbles,
aux progressistes et aux solidaires.
Allons-voir nos grands-mères pour qu'elles nous soutiennent enfin.
Publié par Anthropia à 13:57:17 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
Louis Napoléon Bonaparte
Sur fond de velours cramoisi,
dans la grande salle du Congrès,
le consul annonça le changement dans un contexte si vieillot,
que personne n'y crût.
Au fur et à mesure(s), on comprit qu'il n'aurait de cesse d'obtenir
la suppression de la fraternité,
l'abolition de l'Etat, dans sa vocation protectrice,
la reddition de la sécurité sociale,
l'exécution d'internet,
notre silence enfin, entière notre soumission.
Nous, citoyens, avions compris que
la crise du libéralisme débouchait sur l'exécution du républicanisme,
aux grands maux, les mauvais remèdes.
Nous savions qu'il faudrait désormais
lutter,
voter,
vaincre,
revenir à l'essentiel,
ce qui nous constitue comme Français,
en peuple solidaire,
et tous ensemble triompher de cet apostat.
Publié par Anthropia à 19:06:45 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (0) | Permaliens
Sculpture d'abandon
22 poubelles en plastique fondu et coloré
Anita Molinero
La Force de l'Art 02
Voici le lustre du pauvre, cette sculpture si bien nommée "d'abandon",
une parmi d'autres qu'Anita Molinero a créées,
un choix d'objet humble,
une reconfiguration paradoxale :
la poubelle devient inutilisable, elle qui se cachait s'expose,
son design fonctionnel est détruit pour une forme
qui appartient au royaume des sorcières.
Nous sommes au choix dans l'ère post-industrielle,
au réveil sévère d'un hiver nucléaire
ou dans un Moyen-âge à la Disney.
Anita Molinero " détruit la forme ready-made {de l'objet industriel]
pour lui enlever sa puissance (désormais inutilisable)".
Quelle question trouvons-nous sous ce cristal de pacotille ?
Que la lumière nait des objets tristes de la banalité du quotidien,
que l'avenir tient dans nos poubelles,
contenu comme contenant recyclables,
que les formes de notre quotidien peuvent être abolies,
et peut-être même notre quotidien,
et peut-être bien nous-mêmes.
Publié par Anthropia à 09:15:36 dans La force de l'Art | Commentaires (0) | Permaliens
Fayçal Baghriche
Globe Terrestre, 2009
Crédit Photo Anthropia
Elle s'appelle Vanessa. Elle est d'origine vietnamienne.
Elle a été adoptée, elle vit en France.
Pour ses quatorze ans, ses parents ont décidé
de lui offrir un voyage sur SON continent.
Je veux dire qu'au lieu d'aller au Vietnam,
ils iront en Thailande, comme si c'était pareil.
Pas un pélerinage, ils sont à l'hôtel, en vacances ;
comme une petite madeleine d'Asie,
que ses parents lui offrent,
elle qui n'est plus jamais revenue,
depuis ses trois ans.
Plus jamais revenue sur quoi ? sur sa base ?
Quelle est la nature du lien entre une exilée et son continent ?
Viennent-ils pour la réinitialiser ? Je n'y comprends rien, à cette idée-là ;
faire goûter de l'Asie, à une Asiatique,
cela m'a un goût de faute de goût, d'idée pas juste,
doit-on lui rappeler que des peuples ont les yeux bridés ?
Je n'y comprends rien à cette idée-là.
Mais c'est comme pour le choix du prénom d'arrivée, Vanessa,
pourquoi pas son premier prénom,
quitte à faire dans l'exotisme.
Enfin trêve de digressions.
Vanessa en décembre avec ses parents à l'Hôtel de la Pagode,
au bord de la mer.
Manque de chance. On est en 2004, le jour de la grande vague :
elle arrive, elle submerge tout.
Le tsunami a englouti l'hôtel,
l'hôtel s'est effondré sur les chambres,
les chambres ont écrasé Vanessa et ses parents.
Et tout ce qui reste,
quand les gens en parlent,
ce qu'ils retiennent, quand ils racontent l'histoire :
ils voulaient lui faire voir sa terre.
Comme un argument qui reproche.
Comme s'ils étaient morts pour lui faire plaisir.
Les récits de mort expliquent mal, toujours.
Y avait comme une faute de goût,
n'étaient pas à la bonne place au bon moment,
à mon tour je tente d'expliquer, mais y a rien à comprendre.
Qu'ils reposent en paix,
sur sa presque-terre, leur terre pour toujours.
Publié par Anthropia à 11:17:42 dans Est-ce que tu vois ce que tu vois ? | Commentaires (5) | Permaliens
Exhibition
Olivier Bardin
La Force de l'Art 02
Crédit photo Anthropia
Les Treize me regardent et pas moi.
Publié par Anthropia à 08:44:39 dans La force de l'Art | Commentaires (0) | Permaliens
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