• Paraphrase de nus

    Sophie Calle

    Amnesia

    Crédit Photo Anthropia

     

     

    La tendance Pub actuelle

    retourne au nu comme valeur sûre,

    tas de femelles people nues

    chaires pulpeuses tentatrices,

    pour je ne sais quel film, aussitôt oublié.

    Sourire au premier regard,

    puis une autre image se superpose,

    celle que m'a donnée Hannah Levy-Haas,

    une photo coincée dans le journal 

    qu'elle a rédigé au camp de Bergen-Belsen,

    photo qui glace les sangs,

    une montagne de corps décharnés,

    morts gazés, morts juifs sortis de chambres.

    La réalisatrice, Maiwenn Le Besco, qui a eu cette idée gorgeous,

    le savait-elle, qu'elle para-iconait

    comme on paraphrase, une sinistre mémoire ? 

     

     

     


  • Commentaires

    1
    yannick G
    Samedi 24 Janvier 2009 à 17:18
    Association libre ?
    Concernant l'affiche du film les actrices, Alain Korkos sur asi@ pensait lui à ce que je considère comme les impostures de Spencer Tunick. En là regardant, je pense aussi au classique radeau de la Méduse et à une foultitude de couv' de Vogue et autres association de top models pour "Plutôt nue qu'avec de la fourrure". Bref, ce qu'on voit en laisse paraitre plus sur nous à cet instant précis, que sur l'auteur. Comme bien souvent. yG
    2
    Anthropia Profil de Anthropia
    Samedi 24 Janvier 2009 à 18:27
    pas libre
    Yannick, j'ai d'abord souri, puis j'ai vu la forme pyramidale, les morceaux de corps, et aussitôt cela s'est superposé. Par ailleurs, le fait que ce soit un corps collectif montre que l'humain n'est pas libre dans ce tas, cela n'a rien à voir avec Spencer Tunick, où les corps, qui ne se touchent pas, suivent un protocole, font collectif, à partir de leur propre choix et pour un temps précis. Les faire se toucher, les mélanger, me semble les réduire à des morceaux, c'est là que le résultat est proche des corps de Bergen-Belsen.
    • Nom / Pseudo :

      E-mail (facultatif) :

      Site Web (facultatif) :

      Commentaire :


    3
    yannick G
    Samedi 24 Janvier 2009 à 18:48
    Le contact ne marque pas que la mort, il marque aussi l'accord (à corps)
    "le fait que ce soit un corps collectif montre que l'humain n'est pas libre" Non, je ne dirai pas cela, Anthropia, je dirai qu'il est indifférencié, un masse indistincte, comme il l'est précisément dans le travail de Tunick, à plus grande échelle encore. "Les faire se toucher, les mélanger, me semble les réduire à des morceaux, c'est là que le résultat est proche des corps de Bergen-Belsen. " Des morceaux, oui, pourquoi pas, je n'y vois rien à redire, mais vous oubliez un élément essentiel à mon sens, ce sont des corps/membres féconds (un ventre de femme enceinte), ronds, en chairs. Cela m'évoque davantage une partouze lesbienne, une orgie, qu'un charnier. Enfin, pour cette photo ou celle de Tunick, un protocole est toujours à l'oeuvre, ce n'est pas aussi brut et brutal que du photoreportage à l'entrée d'un camp. yG ps: j'ajouterai que le contact physique pour Tunick n'a certainement pas lieu, car c'est déjà un exploit de vaincre en public sa pudeur, le contact, c'est un tabou supérieur, en demander trop pour l'heure, chacun reste dans sa bulle, il y faut une connaissance intime ou un respect (c'est le cas des actrices ici) pour dépasser ce stade. Bref, le protocole de Tunick marque avant tout la limite de son pouvoir, de celui de l'artiste (l'art est plus fort que la police, l'armée. En son nom, on arrive à faire avec votre consentement ce que vous refuseriez dans un autre contexte) sur autrui, pas celle de son désir.
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :