• Roland Mousquès

    Vialas (Figerolles-Cévennes)

    crédit photo anthropia # blog

     

     


    La couleur était rouge du manteau d'incertaine,
    elle allait par chemins croyant en son Royaume,
    l'attendait quelque part,
    et quand elle franchirait les portes
    elle le reconnaîtrait.

    Mais l'attendait la planche,
    point de salut ici,
    une bien sûr équarrie
    lourde de ces certitudes
    de banc, de façade, et même de pont-levis
    qui se serait gaussé de son premier pas,
    pour rejoindre le château,
    sans s'être alertée de sa propre fêlure.

    Ce qu'elle savait, la planche
    c'est qu'elle avait tout lieu
    de venir coincer la belle dans son mur
    se gêner, elle avait toute l'enfance
    et le doute sur le nom
    et même l'anonyme visage
    pour se croire permis
    l'odieux applatissage.

    Ce qu'elle ne sentait pas, la planche,
    c'est le fort vent du large
    qui levé de bonne heure
    avait jailli du fond d'un océan
    envahi le delta
    enfilé la rivière
    remonté la vallée
    et puis d'autres encore
    pour bousculer d'un souffle
    sa fragile stature.

    Le blanc et puis le rouge
    et ce gris de collier
    n'aurait plus alors
    qu'à vaquer, oui, vaquer
    s'éloigner du sort
    qui l'avait gardé là.



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  • Roland Mousquès

    Vialas (Figerolles-Cévennes)

    crédit photo anthropia # blog

     

     

     

     

    Fascination pour ces schistes qui font bois,

    ont la couleur de bûches d’un feu qui n’est qu’intérieur.

     

    La sculpture de pierres jointoyées en éventail,

    s’affiche comme un programme de l’année,

    une sorte d’étendard,

    majestueux de la profusion des tonalités

    et de l’audace des enchâssements,

    chacun différent mais complétant l’autre.

     

    Et par l’humilité qu’on devine,

    du temps passé à les cueillir,

    ces fleurs de peu,

    le berger les investit d’une forme de splendeur,

    il relève les jonches de talus,

    les tresse en emblème d’un écusson royal.

     

    Une queue de paon qui serait resté collée au mur

    comme une mue, passage des saisons,

    dont cet or qui fait rayon

    témoigne de la configuration hors cadre

    d’un soleil qui darde son heure au cadran,

    on imagine qu’il pourrait prêter son jaune

    à ses compagnons d’œuvre,

    qu’il y suffit d’une lumière différente,

    d’un écho de chaleur, de ces jours qui rallongent,

    que l’automne fait ça au minéral sédimenté,

    lui donner l'éclat pour passer l’hiver.

     

    Et puis au pied, l'écrin,

    le trèfle à cinq ou six feuilles

    qu’on cale avec patience,

    pour faire ancre de gris, un cœur.

     

    Ce serait ça la sculpture,

    des segments qui font chemins

    pour converger vers Rome,

    une corole taillée en volutes de pétales appareillés

    venant cogner sur la pierre d’angle

    comme on compose un bouquet.

     

    Une intention, pensée par un artiste du brut,

    qui n’a d’autre visée que de confier au paysage

    les harmoniques de bronze, d’ocre et de bleuté

    sonnant dans ses rêves.

     

     

     




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  • anthropia blog # org

     

     

     

    En joue, vous dis-je…

    Vous ne le voyez pas ?

     

    Comment le vol contre le mur mur

    et les rêves arrêtés au cadran de Rodrigues

     

    Ah oui la liberté,

    s’enfuirait à Madagascar,

    litanie des prières.

     

    Mais cogne à Maurice

    pas un archipel, il y manque.

     

    Et l’orgie de mots ne conduit pas à

    elle aboutit tout,

    elle rend plus hurlante encore la cause des esclaves

     

    Sombre, comment fait le marron à pas d’heures,

    quand creuse son tunnel et tente Agalega.

     

    D’instinct il sait Tropique du Capricorne

    Et du Parallèle Sud l’horizon prometteur,

     

    Mais ce soir il rame entre les Mascareignes,

    malade de la pioche impossible.

     

    Que la joie damne,

    que la joie heurte,

    que la joie de meure enterrée sous la mer

     

    Va que j’te pousse, mousse,

    Va que j’te lèse, pauvre hère

     

    Magnifiant le poème à Seychelles.

     


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  • crédit photo anthropia # blog

     

     

    Quand l’air ne résiste pas aux jeux d'orgue,

    Qu'au-delà du pont, les hommes s'affairent,

    un fil apporte son flot de messages,

    pour que l’ambigu cède la place à la limpidité.

     

    Les notes entrent en communion naturelle

    avec les voix et les degrés, une portée.

     

    Courez, courez,  chemins du vertical,

    chantez, flèches du quotidien,

    élevez aux cimes sous le ciel

    votre vibrance de fièvre.


    Que la lumière jaillisse

    dans les reflets des lances.

     



     

     


     

     


     

     

     


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  • crédit photo anthropia # blog

     

     

    Cherche la musique

    du monde

     

    quand tout n’est que danse des morts

    ballet de pendus

    orchestre de cloportes

     

    tu sais que là

    dissonne la saison

     

    Dans la cacophonie

    seul le fou

    tente de trouver le diapason

     

    Dans la cavalcade

    seul le poète

    cherche à déballer le métronome

     

    Irruption des aigües

    reviens aux graves

     

    Il s’agirait d’une déchirure de l'air

    dans la plaie des douleurs

    Il s’agirait d’un son perdu

    qui erre sa portée

    Il s’agirait d’un appel

    dans la solitude des montagnes

     

    tétanise le froid

    gèle l'incertitude

    il t’appartient de tempérer le climat

     

    Au simulacre d'effroi

    à la valse des perles

    à la barbarie des mythes

    aux faux en écritures de soi

    qui ont troublé ta vue

    et effrayé ton âme

     

    regarde, écoute, entends,

     

    Le la ne sonne

    qu'aux oreilles du sage

     

    sonate de bambous à la fenêtre

     

     

     

     


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