• Philippe Parreno

    Anywhere, Anywhere

    Out of the World

    Palais de Tokyo

    crédit photo anthropia # blog

     

     

    plus d’azur dans la baie,

    pas d’émeraude aux arbres de fenêtre,

    seul l’orange de la poursuite hivernale

    pour rappeler que la nuit tombe

     

    et pourtant un halo de l’écho surplombe

    sont les cieux de l’abîme à portée,

    sont les vœux de la cime promis,

    virtuelle matérialité

     

    quand au soir le rêve a acquiescé,

    la certitude a envahi

    la bouche et ventre, les seins et l’antre,

    nulle quadrature pour craindre


    un chemin devant qui existe

    qu’il soit marché comme il vient

     

    ode à l’étrange d'une vie qui tient

    danse sereine à l'horizon

    l’en-soi des jours, qu’il me parvienne.






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  • The Writer

    Philippe Parreno

    Anywhere, Anywhere

    Out of the World

    Palais de Tokyo

    crédit photo anthropia # blog

     

     





    A l'à-pic de vos yeux, l'anneau vous apparaît, agrégé à la perle, de nuptialité pas, il vient frémir de clarté blanche et s'accroche à la sphère, une aréole, ce satellite qui orne le globe de chair grège, est-ce de Titan la pointe, les fins fonds, les atteindre, dans le premier cadre vous auriez pu être à Cap Canaveral ou sur la sonde Cassini-Huygens, l'initiateur et l'inspirée à jamais associés, mais vous préférez les pierres sous vos pieds, ça y est, vous, arrivée, vous contemplez Saturne, le grand ballon gonflé d’hydrogène et d’hélium, dans le voyage de ce regard l’oblate sphéroïde, vous auriez compté jusqu’à six à partir du soleil, mais c'est au crépuscule, cette soirée sur le Causse, où tu vois par-dessus les collines par-delà les forêts, au profilé de l'ombre sur bleu le dernier signe de lune, ce quartier pour finir, et par l'étrange lucarne à ton œil emboîtée, tu le distingues, enthousiaste, et ne sais retenir le cri de "je le vois", l'anneau est là, le blues qui danse et frissonne autour de l'astre, le mot est désuet, quittez vos certitudes, l'était jadis étoile dans le doigt pointé de ton ancêtre, c'était dans l'herbe le dos au froid couché, il te faisait rêver le texte pour tourner, qui mettait en mouvement l'ourse et puis la polaire, ce que le poète ignorait, il n'est qu'une planète au jonc serti de glace et de poussière, mais rêve en vous toujours la matière de prose qui mène à Cérigo, les bandes parallèles, ça monde, ça multiplie, le pixel est système qui comble, on veut le lire, on veut profond, on veut le savoir éternel dans le tâtonnement du savant et il tâte, le servant, le provocateur, il s'aventure au-delà du paisible, il titille, il subodore, il hypothèse, il transgresse, corrompt les mathématiques, il n'a pas de respect pour l'ombre du rêveur, il enchâsse les théories et malaxe les terres lointaines, les savants font ça aux divinités, ils les abreuvent de certitudes provisoires, le tout qu’ils savent jusqu'à la prochaine fois, et les sphères d'accourir, demi-cercles en dunes, sur un écran on offre la représentation, l'intersection se fait noire, puis d'un ovale à la peau granuleuse, on part vers le trait, l'arc éclairé de sa face polie, et le public applaudit, oui, oui, la forme est grise comme une ogive, et le bleu et l’orange et ce choc d’une comète, comment croit le témoin à la loupe compte-fil, est-ce une réalité ce point imaginaire qui vise loin pour la cible, est-ce recomposé, big data à fiction, la bite certitude, zéro un zéro un, quel est le flash et quel est l'appareil, quelle est l’installation, la numérique surface est-elle une chimère, mais vous dans l'oculaire, c'est l'optique qui vous meut, vous partie en nuage dans le char argenté, et vous y croyez à ce que vous voyez, ça frise dans le cobalt, cet instant de réel arraché au grand ciel, nulle toile ne vous l'accorde, les cascades en dia, ça défile, ça descend, c'est tentant, mais dans l'ordre des choses, vous préférez toujours ce quoi d'obturateur, grand ouvert, si s'arrête un jour, comment lui sans l’itinéraire, le fond est aux confins qu'on n'aperçoit pas, qu'on devine, qu’un neutre de surface ne saurait pratiquer, et on se glisse dans la fusée, on l'imagine, on vise d'abord la lune, ça bute très vite, qu'une gaze la fusée, elle fait vrille et s’affaisse en fumée, et dit qu’elle parcourt le million cinq cent mille kilomètres, mais elle s'arrête là, c'est son passager qui repart de l'escale, va se mettre en orbite, grande loge de l'opéra, c'est si loin l’apparence, ça trompe et ne convainc, mais là l'apparition ça compte pour toutes les pommes, le grand angle, les lentilles, les optiques raisonnées, on aime le protocole, live, pas des orages à sensations ou des vortex d'artifice, en direct de là-bas, le net-plan, le déroulé qui passe dans la durée du ventre, un guerrier qui accourt, qui pointe et qui délivre, sans peur que bât ne blesse, bouche rouge approchée, de l’oculaire l’oculaire en retour, le chant des bulles comme des mots éphémères imprimés sur neurones, en aparté les doutes et les secrets, on a perdu l'image, on balaie et puis retour au zoom, la mise en transparence, enfin elle appartient, la confiance dans la mire, la petite étincelle, ça surprend, ça miroite, l’accoutumance à peau, le bleuté opiniâtre, on se demande d’où viennent les veines du corps de cette galaxie, les reflets en gros plan, qui éclaire ?, dans la nuit comment les aspérités, il faut l’heure du soleil pour le révéler, le tremblement dans la pupille, la marque blanche dans celle que contemple, sans médiation sans ambition autre que le voir, l’être pur, la configuration d’un hasard créé il y a longtemps, pas un en voie de mort qui brille aux derniers feux, un qui perdure et fier s’impose dans les siècles, une légende, et comment ça ferait si jamais plus l’explorateur, on voudrait le macroscope, sous la mécanique le moteur, de sa géographie les profondeurs, dans sa sédimentation les strates élémentaires, à sa scintigraphie aux rayons l'organe et son commencement, reconstruction du spectre, son histoire, ses cyclones, Saturne, je te vois, et toi me vois-tu, suis-je pour toi comme toi pour moi le plus extrême de l’extrême, le plus ancien de l’ancien, le plus étrange de l’étrange, sommes-nous l’un à l’autre la fin et l’origine, la quadrature du cercle, les quatre saisons en enfer, la symphonie des mondes échappés, mais que projette le dire de ses fors intérieurs, l’irruption d’un volcan, une lave en effusion qui trace les lignes de fuite, que glèbe sur la terre et plus là-haut que gaz, dans ces masses y sent-on le froid ou le chaud, et à quelle source se désaltère-t-on quand il n'y a pas d'eau, te souviens-tu dans ces marches au désert des oasis qu'on n'atteint, la fièvre dans les yeux, les pieds qui s'enfoncent à vouloir avancer, dans le sable tu cherches, mais quoi, l’apnée guette le manque de souffle quant au pied du mont tu pries, un psaume, un prophète, la syntaxe de l’espérance n’espère pas, à trébucher quand la phrase va trop tard, recule-toi, fais un pas, aborde le rivage, ce phare est-il pour toi, tu n’en es ni l’arpenteur, ni le calculateur, un passant peut-être, et si le grand sillage n’était que mirage, qu’impermanence et invention, alors bug sur la page, code 404, message d'erreur.



    Merci aux sites qui ont inspiré ce texte :

    Les photos de Gordan Ugarkovic sur flilckr

    Le texte sur le tiers livre

    Et sur Wikipedia


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  • Philippe Parreno

    Anywhere, Anywhere,

    Out of the World

    Palais de Tokyo

    crédit photo anthropia # blog

     

     

     

    Plus jamais immobiles, non jamais plus,

    ou de quelques secondes le regard sur la chose,

    l’en-corps d’envisager et le guet de par où,

     

    seules traces de l’attente, le gai/ensoleillement,

    le visage aux rayons, la lèvre/accordéon,

    par où, et puis marcher,

    vents contraires, arc-boutés

     

    même de tristesse le soir quand manque vient habiter,

    ou pas de solitude, ou pas de pas savoir,

    sans audace ou seulement de la vrille insolente,

    contre sens et ratées,

    nous irons à Florence,

    en fer et contre loups,

     

    et quand le cœur au clou

    et la frousse qui menace

    nous chuchotent, et puis, meurs,

    nous déambulerons

    en prose et larme au poing

    dans les rues de l’absence.

     


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  • The Writer

    Philippe Parreno

    Vidéo

    Palais de Tokyo

    Anywhere, Anywhere Out of the World

    image captée par anthropia blog # org

     

     

     

    J’ai pour guide la lumière blanche des luminaires-torches d’un château à marcher dans la nuit de Tokyo, Philippe Parreno, et puis fondu au son.

     

    J’ai l’arbre des poutres aux mille branches d’une Shiva, Henrique Oliveira, Baitogogo, et ça instruit sur le plateau servi ce soir.

     

    J'ai l'enregistrement, grille de diodes programmées, d'un automate écrivant à la plume le What do you believe your eyes or my words de Philippe Parreno, trop long pour que je puisse le twitter, The Writer.

     

    J’ai le piano à queue à sons automatiques de Liam Gillick exposé en souvenir, cendres sur le couvercle à 45°, computer en sous-sol, musique suit tout au long des couloirs, trois pianos font photo.

     

    J’ai la vidéo des enfants qui crient en manif No more reality, gaiement comme partis sur le rêve de la vie.

     

    J'ai dans ma rétine l'Alpe majestueuse aux angles ombrés d’étincelles de Philippe Parreno, une montagne magique, en neige artificielle dans la cave de Tokyo. 

     

    J'ai le film de Marilyn de Philippe Parreno qui comme dans Mission impossible s'efface au premier regard, déjà vue grand écran alors je la conserve sur CD-Rom cacheté.

     

    J’ai capté avec ouverture maximale la fille manga, que Philippe Parreno a acheté avec Pierre Huyghe et les autres, No Ghost Just a Shell, qui sert à d’autres réalisations.

     

    J’ai l’impression bleutée du monstre marin, le céphalopode d’Alien seasons de Philippe Parreno qui surgit du scopique aquarium, ça va, ça vient et ça étonne.

     

    Je n’ai pas vu Automated Doors ni C.H.Z. (Continuously Habitable Zones), certaines subtilités que demande le tracé, suis passée à côté, ce sera prochaine fois.

     

    J’ai sur mon iphone le plafond du dôme où gravé « asymptote du monde » juste au-dessus du plancher de diamant, sur le fond de scène le mur noir en contraste, et à bas bruits les pas de Merce Cunningham. How can we know the dancer from the dance ?

     

    J’ai dans ce 21st Century Portrait avec Douglas Gordon les dix-sept écrans du match de Zidane et verso font trente-quatre, où promenée dans le foot et joué.


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  • Voyage

    Reiko Koga

    Galerie Nivet Carzon

    crédit anthropia # blog

     

     

     

    La caresse d'une octave traversée à longues foulées

    à biaiser la couleur de japonaises quintes

    d’un Mont Fuji la mélancolie,

     

    crépusculaires chaires à cornets bouchés

    syntagmes en échappée musicale,

    le pas de côté d'une cordée

     

    le gong coupe

    et relance à frémissements de tôle

    le clavier déploie son jeu d’ailes noir et blanc

    anicroches que pique le bout des doigts

     

    et le balais fouille la matière à feu doux

     

    sur le fil de bois une assurance égrène

    les flammèches de si à do dièse

    d’un incendie sans cesse reporté

     

    les cordes enveniment à bas bruit

    et toujours la caisse amortit et meurt

     

    qu’émerge la trompe et son sifflement d’air

    un instinct aussitôt vient la subordonner

     

    constant recommencement

    d’une impression à miroirs,

    le jazz passe, manque, avance et s’efface

     

     

    à Dave Brubeck

     

     

     


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