• Soleil, vacances et compagnie

    Salon de Montrouge

    Crédit Photo Anthropia

     

     

    Quand le soleil brille, surtout au début,

    je ne sais pas pour vous, mais je frétille.

    Je sors les jambes nues, pauvres garçons,

    pour sentir cette caresse si singulière,

    ce picotement réveillant tous mes sens.

    Quand le soleil brille, surtout après quelques jours,

    je me méfie, je me dis que la pollution va stagner,

    que mes bronches vont morfler, qu'il fait beau

    mais pas pour mes poumons.

    Quand le soleil brille, surtout au bout d'un mois,

    je me sens prête pour les vacances,

    humant d'avance l'air iodé de Ré,

    ou m'avachissant par la pensée,

    sur le transat dans un doux frou-frou de cigales.

    Quand le soleil brille, je suppute, considère et analyse

    le meilleur plan pour les vacances :

    j'ai toujours eu du mal avec les destinations.

    Vais-je rejoindre Untel au Memphramagogue Lake,

    pour kayaker en squaw sur les barrages des castors,

    ou visiter Olivia, la petite Ougandaise à nattes,

    qui m'écrit "je travaille bien à l'école" ?

    Vais-je me retirer dans mes terres aveyronnaises,

    pour achever mon grand oeuvre, quelque chose entre l'Idiot,

    Madame Bovary, dans une épopée façon Enéide ?

    Ou vaquer d'un copain à l'autre, squatter chez les Dutour,

    puis chez les Dupont, enchaîner chez les Dupuis,

    sans oublier les Durand ?

    Mais le pire avec le soleil, c'est quand on ne sait plus du tout

    comment faire cette chose toute bête de penser,

    quand la chaleur vous embrume la tête,

    et laisse vos veines à un sang chaud, chaud,

    qui ralentit son débit et englue votre corps.

     

     

     


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